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 Midnight serenity [with Nyx)

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MessageSujet: Midnight serenity [with Nyx)   18.07.15 18:34

Les journées étaient longues et chaudes mais Pandora aujourd'hui n'était pas d'humeur solaire.

La chaleur lui tapait sur le système, et elle commençait à regretter d'avoir en plus de ses options cherché à rejoindre deux clubs et à devenir secrétaire de celui de dessin... Ce n'était pas comme si c'était une lourde responsabilité, mais ça rajoutait une dose non négligeable de travail. Et Pan n'était pas travailleuse.
Enfin.
Pas toujours.

Mais c'était pas comme si il y avait foule au club de dessin de toute façon.

Le club cet après-midi avait été presque déserté. Elle n'avait pas cherché à changer cette fatalité, elle n'allait pas se débattre contre la volonté des autres. En réalité, elle abandonna assez rapidement tout espoir d'être efficace en quoi que ce soit et quittant les lieux à son tour, alla s'endormir dans sa chambre jusqu'à l'heure du repas. Sa colocataire n'était pas du genre dérangeante et c'était pour le mieux: elle pu donc passer le reste de sa journée à ne rien faire, à se réfugier dans le frais et dans l'ombre et à ne penser plus à rien. Le QG des Zeta était en plus d'être un édifice magnifique un lieu de calme. En journée, peu d'étudiants y traîner, surtout avec un tel temps dehors, et il y régnait alors un silence sourd de fond marin. Peu de gens n'oseraient dérangé Pan durant une sieste. Lorsque l'étudiante était d'humeur nocturne, elle pouvait être mauvaise. Et vous ne voulez pas avoir à faire à une Pandora Winship de mauvais poil.

Sieste de plusieurs heures étant, Pan était aller dîner comme on prendrait son petit déjeuner: assez pour se réveiller, peu pour rester en forme. La soirée s'annonçait longue avant que le sommeil ne lui retombe dessus et la perspective de profiter de la fraîcheur nocturne l'excitait comme une enfant qui décide de s'endormir après le couvre-feu parental. Elle abuserait du calme dont elle avait pu jusqu'à maintenant profiter, elle rejoindrait les ténèbres, son élément descendant qu'elle cherchait à contrôler aussi bien que la lumière, comme pour perfectionner sa dualité naturelle.

Peut-être serait-elle capable de contrôler la gravité d'ici la fin de l'année?

On la disait bonne élève, quand elle le voulait bien. Si les jours solaires se faisaient plus nombreux que les jours lunaires elle ferait des prouesses de sa cinquième année d'études. Sinon, elle se prélasserait dans sa confortable paresse. Qui la jugerait? Elle s'en fichait bien. Elle était et resterait maître d'elle-même.



La nuit tombait quand Pandora prit son aquarelle et ses cahiers et se dirigea vers la bibliothèque nocturne. Elle prendra deux trois livres d'artistes oubliés et tentera quelques esquisses sur papier.
C'est ennuyeux le papier.
Mais ce n'est pas comme si elle pouvait peindre sur les tables, non?



Quelques minutes passèrent et elle s'était contenu de ne pas dessiner plus de deux œuvres sur ses bras. Il fallait être sage, parfois. Et puis elle se savait observer...

Pas par ses démons mais par sa stalkeuse habituelle et son manque certain de discrétion ce soir-là. Les regards ne la dérangeaient plus alors elle soupira seulement, jetant un coup d’œil de temps en temps à Nyx Wither et à son regard brillant.

Elle donna un grand coup de pinceau bleu sur son oeuvre et tenta d'oublier le monde extérieur...
Tentative qui fut rapidement avortée lorsque des pas s'approchèrent de sa table.


Dernière édition par Pandora Winship le 19.07.15 12:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Midnight serenity [with Nyx)   18.07.15 19:36






Midnight serenityThe perfect chance



Le jour s'était terminé, laissant place à la nuit, sa fraîcheur, ses étoiles, son calme et sa tranquillité apaisante. Aujourd'hui avait été une dure journée, productive mais répétitive au possible. Tailler des haies, ce n'est pas ce qu'il y a de plus passionnant à faire quand on s'occupe des plantes. Mais il fallait le faire, j'étais payée pour ça de toute façon. Tout comme j'étais payée pour m'occuper de la bibliothèque nocturne. Ouvrir, surveiller, réceptionner les nouveaux ouvrages, vérifier les emprunts … Rien de bien compliqué. Et puis, au moins, je pouvais profiter de mes heures de travail nocturne pour me plonger dans un livre sans que je ne sois sanctionnée. Je jouais aussi, parfois, même si mon activité principale était de lire. Ces rayons, je les connaissais comme ma poche. J'avais dévoré ce qui me semblait être une bonne partie de cette bibliothèque, mais la réalité était toute autre. Elle semblait interminable, et c'est tant mieux, étant donné mon rythme de lecture très soutenu.


Habituellement, peu d'élèves venaient en ce lieu, ce qui me laissait l'endroit pour moi seule, ou presque. Je n'allais certainement pas m'en plaindre, n'aimant pas vraiment être entourée. Ce soir ne dérogeait pas à la règle : j'avais ouvert depuis un petit moment, mais personne ne venait. Enfin, c'est ce que je croyais. Une élève pénétra dans la bibliothèque, alors que je venais juste de terminer l'encyclopédie sur l'ornithologie que j'avais empruntée. Pendant que je régularisais la fin de l'emprunt de manière officielle, la jeune fille s'était naturellement dirigée vers les livres sur l'art plastique. Vu l'allée dans laquelle elle se trouvait, ce devait être pour du dessin traditionnel … Puis, son visage me rappela quelqu'un. Avec la faible luminosité de la pièce et la distance à laquelle elle se trouvait, je ne pouvais pas vraiment la distinguer correctement. C'est seulement en me concentrant que son visage me revint à l'esprit : Pandora Winship. La fille si étrange que je me demandais si elle n'était pas étrangère à ce monde, en fin de compte. Je sortis mon carnet de ma poche, et le feuilletais jusqu'à retomber sur mes notes d'observation à son sujet. J'avais beau chercher des connexions logiques à ses réactions avec les autres selon certaines situations, je n'y arrivais pas. Pour moi, elle était illogique, et c'était très perturbant.


Je déteste cette sensation de ne pas savoir quelque chose, c'est donc pour cela que je m'étais mise à le suivre quand je le pouvais, sans jamais lui parler, ou alors très succinctement. Je crois qu'à l'heure actuelle, c'est la personne pour laquelle j'ai le plus de curiosité. Pas au point de dire qu'elle m'obsède, car je ne pensais pas à elle nuit et jour, mais suffisamment pour en pas arriver à la sortir de mes pensées avant un bon moment quand elle y entrait. Nous étions seules pour le moment, c'était donc le moment rêvé pour une petite étude supplémentaire ! Je pris un crayon, et l'observais de derrière mon bureau. Je notais quelques petites choses, et restais attentive pour d'autres. Elle semblait dessiner sur ses bras, après s'être visiblement lassée du papier. Tiens ? Elle est adepte du bodypainting ? Je notais cette supposition dans mon carnet, annoté d'un petit « signification à découvrir ». Comme toutes mes autres annotations sur elle, d'ailleurs.


Mais visiblement, ce n'étaient pas des questions auxquelles je pouvais trouver une réponse sans lui adresser la parole … Exercice auquel je suis très mal habituée. Je n'avais pas très envie de la froisser, mais d'un autre côté, ma curiosité dévorante prenait petit à petit le pas sur mes réticences. Et je craquais finalement, me dirigeant vers elle, carnet à la main, légèrement dissimulé entre mes bras croisés contre ma poitrine, le serrant contre moi. Je m'installais face à elle, silencieusement, et l'observais un peu. Est-ce que je devais me présenter d'abord ? Je ne lui avais jamais donné mon nom, même si elle avait déjà dû l'entendre ou le lire quelque part. Mais je connaissais déjà le sien, suite à mes observations, est-ce que j'allais passer une psychopathe si je le lui disais ? Elle avait forcément dû me remarquer en plus, puisque je ne me faisais pas discrète du tout. Après tout, pourquoi devrais-je l'être ? J'assumais d'observer les autres afin d'essayer de les comprendre. C'est quand même bien compliqué de se faire bien voir des autres quand on a autant de mal avec eux, alors imaginez avec quelqu'un qui semble bien différent elle aussi … j'ouvris plusieurs fois la bouche, mais je m'empêchais au dernier moment de parler. J'étais indécise sur quoi dire. Et finalement, c'est sorti tout seul.


« Pourquoi est-ce que tu utilises ton corps comme support pour tes peintures ? Ta spécialité, c'est le bodypainting ? »


Mon visage était aussi inexpressif que d'habitude, qui allait d'ailleurs de pair avec mon ton monocorde, mais calme et posé. Je m'apprêtais à noter des éléments dans sa réponse qui pourraient m'aider à mieux la comprendre, crayon à la main, carnet calé entre mon centre et la table sur laquelle j'y avais déposé la couverture. Au moins, ça y est, j'étais lancée à présent, bien que ce soit plus par instinct que réelle volonté ...




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MessageSujet: Re: Midnight serenity [with Nyx)   19.07.15 12:53

Pandora la dévisagea en silence. Pendant quelques instants, elle se donna le luxe d'être celle qui regarde sans rien dire. Elle avait retenu le mouvement de son pinceau mais son bras gauche reposait toujours sur la table devant elle, contracté et le poing serré pour étirer la peau et ne pas froisser son ouvrage.

Peut-être devrait-elle féliciter Nyx? C'était une chose rare, pas spécialement précieuse car elle ne chérissait pas non plus l'idée d'être un rat de laboratoire mais rare tout de même: la jeune femme ne venait jamais lui parler directement.

Pan se contenta d'hausser légèrement un sourcil, soulignant son étonnement ironique, mais baissa les yeux rapidement pour reprendre son travail. Une fois sèche, la peinture formerait des croûtes épaisses  et sans charme et tant que les couleurs se mélangeaient et glissaient sur sa peau, la magie s'opérerait. Elle ne la laisserait pas filer comme ça, elle ne gâcherait pas l'instant. Elle se sentait calme, se soir là, elle pouvait visualiser des vagues glissant sur le sable et le bruit de leur remous. Elle imaginait la mer, un grand océan bleu et sa frontière à la terre. C'était son instant zen. Sa manière de se reconcentrer sur elle et de libérer son esprit. Elle avait appris de nombreuses techniques de concentration et de relaxation mais celle de l'océan avait toujours été la méthode la plus efficace - après tout elle venait d'Ys et avait eu l'habitude d'opérer dans l'eau lors de ses missions en tant que Zeta...

Elle finit son trait mauve le long de son avant-bras jusqu'à son coude, posa le pinceau dans son gobelet d'eau et releva les yeux sur son interrogatrice. Elle n'avait pas bougé d'un cil.

" Tous les papiers ne sont pas adaptés à l'aquarelle. " fit-elle finalement. " Et ceux qui le sont coûtent chers. Quant à ce qui est du bodypainting... "

Pan pencha un peu la tête sur le côté, réfléchis un instant.

" Non, ce n'est pas ma spécialité. J'aime dessiner sur la peau, mais plus avec une technique de tatoueur. Je n'ai pas un matériel très professionnel mais j'ai déjà gagné un peu d'argent en faisant des tatouages éphémères à des étudiants. "

Elle haussa les épaules, prit un bout de mouchoir et épongea le trop d'eau qui dégoulinait de son bras.

" ... Question suivante. "
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MessageSujet: Re: Midnight serenity [with Nyx)   19.07.15 21:11






Midnight serenityRight into the subject



L'expression sur le visage de Pandora ne me semblait rien augurer de bon. Peut-être qu'au final, je n'aurais pas dû venir lui parler, et la laisser tranquille … Un peu honteuse de m'être trop introduite dans sa vie, je baissais les yeux. Je m'apprêtais à m'excuser et à retourner sur mon siège de bibliothécaire, la laissant peindre en paix. Je fixais les écritures sur mon carnet, et mon esprit fit le reste : automatiquement, il tentait d'assembler les informations entre elles afin d'en tirer quelque chose. Mais encore une fois, ce fut un échec cuisant. C'était prévisible de toute façon. Elle est bien trop compliquée pour n'être résumée qu'à des traits posés sur du papier. Ce qu'on disait sur elle était fondé. J'avais déjà tiré cette conclusion il y a un moment, devant l'horrible casse-tête que ses réactions étaient.


Je l'observais encore un peu, résignée à m'en aller d'ici peu. Elle continuait tranquillement son dessin corporel, avec précision, expertise et minutie. Les couleurs qu'elle choisissait, la forme qu'elle leur faisait prendre, tout était « calculé ». Je dis calculé, mais je savais pertinemment que ce n'était pas le bon terme. Le cerveau d'une artiste et d'une quasi-scientifique marchait de manière complètement opposée. C'était peut-être pour cela que je ne pouvais pas la comprendre, au final. Ses gestes ne sont pas le fruit d'une réflexion intense sur la meilleure façon d'optimiser le rendu de son œuvre, c'était plus de l'instinct, des émotions qui prenaient vie sur sa peau. Je connaissais le concept, je pouvais peut-être l'appréhender un peu, mais pas en comprendre le sens profond. Je ne pouvais pas, par exemple, laisser le peu d'expression que j'avais guider mes doigts, j'étais obligée de réfléchir à comment coucher sur le papier la forme que je visualisais. Je calculais mes gestes pour que le résultat corresponde le plus à l'image fixe que j'avais en tête. Je rectifiais des erreurs, plutôt que de laisser mon imagination voguer autour pour agrandir ma vision de ce que je dessinais.


Finalement, elle me répondit, alors que je m'apprêtais à retourner à ma place initiale. C'était donc majoritairement un problème financier qui l'empêchait de faire ce qu'elle voulait … Après tout, c'est vrai que Dandelion n'offre aucune aide financière à ses élèves. Et pour peu qu'elle provienne d'un milieu neutre ou pauvre, elle ne pouvait pas s'offrir tout ce qu'elle voulait. Il est vrai que le matériel d'artiste revenait cher, et je doute qu'elle ait les moyens de se payer la meilleure qualité qui soit. Je me concentrais sur l’œuvre couchée sur son bras, pour essayer de comprendre ce qui était représenté. Etait-ce la mer ? J'en jurerais. Même si je n'étais pas originaire d'Ys à proprement parler, je me souviens tout de même qu'il y avait une plage à quelques heures de mon ancien village, et que j'y étais déjà allée. Venait-elle de la région, elle aussi ? C'était possible, ses traits me faisaient penser aux personnes originaires de la cité aquatique. Elle m'indiqua, après avoir réfléchi un peu, que non, le bodypainting n'était pas sa spécialité. Elle trouvait son art plus proche de celui d'un tatoueur, et après une petite réflexion, c'est vrai que cela y ressemblait davantage. Je notais cette information précieusement dans mon carnet, avant de reposer les yeux sur elle. Décidément, je n'étais vraiment pas à l'aise quand il s'agissait d'avoir une conversation normale avec quelqu'un ...


« Hum … Tu viens d'Ys ? Je crois reconnaître la mer sur ton bras, alors j'imagine que … Ou peut-être que tu es juste chez les Zeta et que tu aimes la mer ? »


C'est à ce moment-là que mon ventre gargouilla silencieusement. Je posais mes mains dessus pour le faire taire, et prévins rapidement Pandora que je revenais. Derrière mon bureau, j'avais quelques gaufres encore chaudes grâce à mon sac isotherme que le gérant du petit stand auquel je me rendais tout le temps m'avait offert, en guise de remerciement pour ma fidélité. Je le ramenais avec moi et me réinstalla, sortant une friandise que je me mis à goûter tranquillement devant l'artiste. Je veillais à ne pas faire de miettes sur la table, ni par-terre. J'hésitais également sur la suite des événements. Evidemment, il y avait quelques questions qui me brûlaient les lèvres, mais elle pouvait mal les prendre. Après tout, si ce que j'ai entendu était vrai, elle avait souvent été regardée bizarrement, comme un phénomène de foire. Et je faisais d'ailleurs partie de ces personnes, en un sens, puisque je l'utilisais comme sujet d'étude afin de mieux comprendre les autres et l'humain en général. Cela dit, je n'avais aucune idée de si parler de ce que j'ai en tête était un sujet glissant ou non. C'était un risque assez grand : je pouvais perdre la possibilité d'observer Pandora si jamais je la froissais. Il fallait donc que je choisisse soigneusement mes mots. Et ça, c'est un exercice très difficile pour moi, encore plus quand on ne sait pas quels sujets dérangent son interlocuteur. J'hésitais à parler, et ça se voyait. Finalement, je soupirais, et reporta mon regard dans le sien. Je ferais de mon mieux et puis c'est tout …


« J'ai cru comprendre que tu te disais être double. Je n'arrive pas à comprendre ce que ça signifie, et par conséquent, je n'arrive pas à te comprendre. Tu pourrais m'en parler, s'il te plaît ? »


Je jetais un petit coup d’œil à mon carnet, qui dans sa position rendait sa lecture impossible pour l'élève. Peut-être que j'aurais un début de réponse, qui sait ? Je l'espérais en tout cas ...




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MessageSujet: Re: Midnight serenity [with Nyx)   20.07.15 15:02

Mh… Oui, j’ai grandis à Ys et oui je suis chez les Zetas et si tu veux que ce soit la mer alors ce sera la mer.”

Pourquoi les autres voyaient Pan comme un être compliqué? Tout était pourtant si simple et naturel pour elle, tout coulait de source et venait naturellement à son esprit et sortait naturellement de sa bouche. Son hypersensibilité n’avait rien d’illogique: c’était juste une belle preuve de sa connexion au reste du monde. Elle n’était pas une figure isolée, elle avait juste appris à réagir aux évènements sans qu’ils l’influencent particulièrement. Pan se disait parfois, dans ses moments d’orgueil, qu’elle devait être l’unique personne authentique de cette fichue ville. Elle était honnête, quelque soit son humeur, quelque soit sa volonté, elle était vraie, sous tous les pans de figure.

Et pourtant la question vint, inévitablement. Pourquoi es-tu double? Pourquoi es-tu deux? Pourquoi te considéres-tu ainsi? Est-ce un choix, une décision artistique? C’est pour faire ton intéressante? Parce que tu peux être sûre maintenant que tout le monde t’a remarqué et tout le monde t’observe comme cette drôle de créature que personne ne comprend.

Pandora aurait pu se fâcher, elle aurait pu plier bagages et la laisser, la stalkeuse avec son carnet et ses sucreries, à ignorer comment communiquer de manière normale au reste du monde. Elle aurait pu faire une sortie fracassante dans un grand flash de lumière, un peu comme une apparition nocturne, renforcer son petit côté de vilaine créature à deux visages. Elle aurait pu jouer le rôle de la folle, de la schizophrène, de la femme coupée en deux. Elle aurait pu prendre son pinceau et lui peindre le visage en mauve en justifiant que c’était sa manière d’être et qu’il fallait qu’elle le respecte et le note vite fait dans son carnet.

Mais Pan ne fit pas tout ça, elle demeura sur sa chaise, face à Nyx, à la fixer dans le blanc des yeux. Ce soir-là, elle était le calme incarné. Allez savoir si c’était avant ou après la tempête. Elle se refusait à fuir les questionnements, par défi peut-être ou tout simplement parce que pour une fois on avait prononcé ce que tout le monde pensait tout bas et que personne ne disait tout fort.

Je ne suis pas double.” répondit-elle avec une simplicité désoeuvrante. “Je ne me considère pas comme double, ce sont les autres qui le font, parce qu’effectivement vous ne me comprenez pas - ou alors vous refusez de comprendre.

Pan n’était pas du genre à se confier à la première venue, mais d’une manière qu’elle ne pouvait expliquer, la nuit, la bibliothèque vide et l’inconnue avec son carnet, tout ça semblait se détacher de la réalité. Elle ne se souciait plus des questions de confiance ou de logique. Nyx voulait avoir des réponses? Elle lui en donnerait.

Je suis unique, une seule conscience, un seul corps qui interagit de manière très logique avec les choses qui m’entourent.” Elle se pencha vers Nyx, les coudes repliés sur la table, plissa les yeux pour se donner un air presque menaçant. “Je déteste les menteurs et les faux-semblants. Je ne me soucie pas de mon image. Si vous me croyez double, c’est que vous ne savez pas lire la réalité et être honnête avec vous-même, vous ne savez pas réagir naturellement. Je suis fatiguée je dors, je suis heureuse je ris, je suis en colère je cris. C’est pourtant pas si sorcier!”

Elle se repoussa contre le dossier de sa chaise, passa une main sur son front et dans ses cheveux noirs et emmêlés.
Le problème, vois-tu, c’est que vous autres logiciens aimaient les catégories et que biologiquement parlant je ne conviens à aucune boîte. Quand vous aurez accepté ça, vous serez en mesure de me comprendre.

Dans son esprit, la mer était calme, mais l'orage approchait.
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MessageSujet: Re: Midnight serenity [with Nyx)   22.07.15 19:05






Midnight serenityRight into the subject



«Si tu veux que ce soit la mer, alors ce sera la mer. » Elle ne donnait donc pas de réelle signification à ses dessins et laissait une interprétation libre aux personnes qui les contemplaient ? Ou bien y avait-il réellement un sens profond à ses œuvres, mais qu'elle ne le dévoilait simplement pas ? C'est complexe, et difficile à trancher, car je ne la connaissais pas autrement que par mes écrits. Perdue dans mes pensées, et fronçais instinctivement les sourcils, très légèrement. Et si c'était justement ça, la clé ? Et si comprendre les autres ne passait pas par l'observation avant toute chose, mais plutôt par le contact ? Si c'était le cas, alors c'était déjà la fin pour moi. Je pouvais probablement abandonner mon rêve de comprendre au moins une seule personne et de me lier profondément avec elle. Par conséquent, je devais éliminer cette possibilité de mon esprit. Un compromis devait forcément exister …


Ma question fatidique venant d'être posée à présent, et vu sa formulation très maladroite, je m'attendais à une réaction négative de la part de mon interlocutrice. Qu'elle se lève et s'en aille, en silence ou après m'avoir envoyé une réplique cinglante et blessante, qu'elle me gifle purement et simplement avant de reprendre son œuvre et ne plus m'adresser la parole … Ce genre de choses, quoi. Je croyais à peine dans le fait qu'elle puisse me répondre bien volontiers, et pourtant c'est ce qu'elle fit. Elle n'était pas double. C'était sa vision des choses, logique pour une fois. Elle se comprenait, mais c'était à sens unique apparemment. Je ne pouvais pas vraiment dire le contraire, puisque c'était mon cas. Une inconnue encore plus étrange que les gens que je voyais chaque jour. Un être à part. Un alien peut-être. Mais quelle que soit sa provenance, qu'elle soit humaine ou non, j'avais soif d'apprendre à la connaître. Au-delà de la curiosité quasi-scientifique qui me poussait à l'observer, c'est mon désir sincère de vouloir comprendre les humains, même si ce n'est qu'une très infime, minuscule, insignifiante partie. Simplement une seule personne. Elle devait très certainement se sentir seule quelque part, à sa manière. Tout comme je me sentais seule à la mienne. C'était triste, en y pensant plus avant … Et alors que je fuyais les autres pour ne pas qu'ils s'attachent, j'avais tout de même envie de tenter de tendre la main à Pandora.


Elle avait sa propre logique, bien différente de la majorité des gens, différente également de la mienne. Esprit d'artiste contre esprit scientifique. Deux approches complètement opposées pouvaient-elles trouver un terrain commun un jour ? C'est une question à laquelle je comptais répondre, même si cela me prendrait du temps. Elle me regardait maintenant avec les yeux plissés, qui lui donnaient l'air d'être en colère, ou bien sacrément suspicieuse à mon égard. Voyait-elle d'un mauvais œil le fait que je veuille en savoir plus sur elle ? Visiblement, elle semblait se tromper sur mes intentions ou mes croyances. Je n'avais pas d'avis sur elle, et je cherchais justement à m'en faire un en essayant d'avoir son point de vue. Mais je crus comprendre qu'elle ne me pensait pas capable d'agir naturellement, comme elle déclarait faire, ni d'être capable de penser autrement que par catégories. Elle se trompait, mais je pouvais comprendre pourquoi elle s'est fourvoyée. Cela dit, un mot attira toute mon attention. Ce mot, c'était « biologiquement ». Pourquoi mettait-elle ça en avant ?


« Je n'ai jamais dit que je voulais te catégoriser. Si je t'ai posé cette question, c'est parce que je ne comprends pas ce que les autres voulaient dire par-là. Je pense que tu ne comprends pas toi-même pourquoi je te pose ces questions … Je n'ai pas d'avis précis sur toi. C'est juste qu'avec ce que j'ai pu observer, je n'arrive pas à trouver de régularité chez toi. Je n'arrive pas à savoir ce que tu aimes ou non, ce qui te fait te braquer ou au contraire, les sujets sur lesquels tu veux bien parler … Et c'est en partie parce que je n'ai jamais pu être comme les autres. J'ai toujours été isolée de mes semblables, au point d'être devenue étrangère à l'espèce humaine. Mais j'ai envie de les comprendre. Ne serait-ce qu'une seule personne. Et puis, peut-être que toi aussi, tu es isolée, à ta façon. Je veux juste essayer d'apprendre à te connaître parce que tu m'intéresses, parce que quelque part, je crois que même si l'on a des approches différentes, on se ressemble probablement plus que tu ne le crois. »


Un peu de conviction se dégageait de ma voix. Pour quelqu'un qui ne me connaissait pas, qui ne savait pas pour mon accident cérébral ni pour mes difficultés à déterminer les émotions que je ressens, surtout qu'elles sont très atténuées, cela pouvait paraître être un discours très peu crédible. Un discours auquel je ne croyais pas. Et pourtant … Soudain, je réalisais quelque chose, et mes yeux s'ouvrirent un petit peu.


« Euh, enfin … Je voulais dire … Tu m'intéresses, dans le sens hu-humain, pas intimement … C'est trop tôt de toute façon et … Et puis tu as dit biologiquement, mais pourquoi dire ça ? Enfin, je veux dire ... »


Je m'enfonçais au fur et à mesure que j'ouvrais la bouche. J'avais honte de moi et je m'embarrassais toute seule. Le problème, c'est que cela peinait énormément à se voir sur mon faciès. Je pris mon front dans mes mains, coudes posés sur la table, soupirant longuement.


« Voilà, tu viens d'avoir la preuve en direct que je ne sais pas m'y prendre avec les autres. Pardon. »


Je fixais mon sachet rempli de gaufres fourrées. Je m'en repris une, et après avoir posé mes yeux sur le visage de Pandora, je lui en tendis une plus près de sa bouche que je ne l'aurais voulu, à tel point que cela lui frôla les lèvres. Je ne disais rien, parce que je ne savais même pas quoi ajouter. M'avoir regardé manger aurait pu lui ouvrir l'appétit, et lui proposer une gaufre en changeant de sujet m'aurait sans doute enfoncée encore plus. C'était mon gage d'excuse, en tout cas. Et j'espérais ne pas la froisser encore plus que ce que je n'avais déjà fait ...




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