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 L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]

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MessageSujet: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   03.08.15 18:08




Confidences sur papier.

Si tu me provoques je te mords.



— Tu n'es pas mieux qu'eux je te rappelle !
— Et bien parfait, tu n'as qu'à retourner avec eux dans ce cas. Je ne veux plus te voir, je me casse.

Dernières paroles avant un geste brusque, cette conversation s'achevait sur un mélodie triste et colérique, semblable à un typhon. Une main se posa sur son épaule, chaude, agréable, accueillante mais quelques peu brusque. Il tourna la tête en dévoilant ses magnifiques prunelles dorées, les lumières presque aveuglantes des prochaines fêtes leur donnaient une lueur nouvelle. Il ressemblait à un félin en quête d'une proie qu'il pourrait se mettre sous la dent, cette fois-ci pour l'égorger. Son sourire s'agrandit lorsqu'il reconnu la silhouette frêle et le visage jeune de la demoiselle. Les traits tirés, les lèvres rosées et un regard malicieux. Ses longs cheveux noirs jais caressaient sa nuque, jusqu'à finir par toucher le début de ses fesses. Deux longues mèches bouclées entouraient son visage, accentuant davantage son air de petite poupée. Poupée égyptienne. Comparable à Cléopâtre mais en plus enfantine.  Elle lui offrit un sourire doux, venant se rapprocher de lui jusqu'à pouvoir poser son front contre son omoplate droite. Aucun mot, aucun soupire. Il n'avait pas été touché par ce geste chaleureux de sa part, toutefois quelque part il se réjouissait de la voir revenir.

— Math...
— Hm ?
— Reste.
— J'ai des choses à faire, on ne se reverra plus.

Il coupait les ponts, n'espérant rien de plus de cette relation qui n'en était même pas une. Elle n'en serrait jamais une. Les grands yeux bruns presque noirs de la jeune fille se posèrent sur lui, elle le fixait avec un mélange de douceur et de tristesse, voir même de la colère, il ne savait que dire. La jeune fille passa ses griffes sur le pull noir dans lequel il était vêtu, cherchant comme à griffer sa peau ou encore à prouver son appartenance. Mathys baissa ses yeux, posant son pouce sur sa joue et venant la caresser avec délicatesse, son autre bras s'enroula autour de sa taille fine, l'attirant davantage contre lui, il la sentit se tendre contre lui. Elle s'était attachée trop vite, ou bien peut-être qu'il se trompait et qu'elle ne l'aimait pas autant qu'il ne le pensait. Dans tous les cas le résultat était le même : Il ne l'aimait pas. Pas de cette façon. Un soupire sortit de ses lèvres, il relâcha son visage et lui tourna le dos. Il s'était lassé une fois de plus, le jeu avait trop duré. Il fit un pas en arrière, puis un autre, sortant de la pièce en ignorant la demoiselle.

Temps mort. Envie de revenir. Tant de souvenirs qui refaisaient surface à chaque fois qu'il s'autorisait le droit d'y penser. Mais il ne le désirait pas, certaines choses étaient agréables, les autres tout simplement des obstacles que l'on avait besoin pour avancer. Mathys fit glisser une main dans ses cheveux blonds, tirant quelques minces fils vers l'arrière et levant les yeux lorsque ceux-ci retombèrent sur son front et ses paupières. Sa masse capillaire poussait un peu trop vite, bientôt il aurait du mal à voir ce qui se trouvait devant lui. Ses doigts descendirent le long de son cou, son pouce et son index empoignèrent sa boucle d'oreille gauche, la seule qu'il possédait et avait eu envie de mettre. Il tira dessus et sourit en remarquant qu'elle ne faisait plus mal, tout comme son tatouage sur le dos. Tout se passait sans qu'il ne s'en rende compte.

Un pas, puis un autre. Il se demandait réellement où il se rendait. A chaque rue la même question se posait : Par où passer ? À gauche ou à droite. Il était perdu à chaque fois qu'il avait fini le service. Qui aurait cru qu'un animal sauvage comme lui finirait par aimer posséder un tel emploi du temps. Si quelques années en arrière quelqu'un était venu lui dire une telle chose, il lui aurait ricané au nez tout en claquant la porte. Ironie du sort. Toutefois ses plans étaient tombés à l'eau, encore une fois et cela lui était bien égal. Il aimait les imprévus tout autant qu'il détestait faire face à ce genre de situation. Le loup souleva la tête vers le ciel parsemé de petites étoiles, un sourire orna ses lèvres fines, il aurait voulu être à leur place. Être libre de faire ce qu'il désirait, de pouvoir voleter sans jamais être enchaîné. Ni par le devoir, ni par les personnes de son entourage. C'était difficile, mais peut-être pas impossible. Ridicule. Il ne parvenait pas à se mettre à sa place et ne désirait pas se mettre à sa place.

Journée étrange.

Mathys passa sa main derrière sa nuque, il dévoila la bague posée en son index puis ne s'arrêta qu'une fois devant la ruelle, près de l'odyssée. Sombre. Il faisait de plus en plus sombre, sa gorge était sèche, la soif se faisait de plus en plus présente. Pourquoi pas ? Cela faisait un moment qu'il n'avait pas bu un bon verre d'alcool. La porte s'ouvrit au moment où il vint la pousser, son portable vibra, il l'empoigna sans éprouver une grande envie et l'éteignit sans plus de préavis. Elle continuerait, quelques temps avant d'abandonner. Une fois le téléphone éteint il leva le museau pour regarder les environs, des murs teintés de caramel et de brun, des fauteuils noirs et un comptoir rouge. Le tout dans un style américain assez sobre, cela le plaisait bien, il ne se souvenait plus de la dernière fois où il était passé devant l'Odyssée. L'odeur de vin rouge chatouilla ses narines, il ferma les yeux pour savourer cet instant de calme puis ensuite se mit en direction du comptoir, pour demander du vin. Rouge, bien rouge.

Le liquide rouge roula le long de la tasse posée sur la surface en bois, le Aer l'attrapant la ramena près de ses lèvres, sentant la fragrance très peu fruitée de la liqueur rouge. Il posa ses fesses sur le petit tabouret servant de chaise, se retournant pour complimenter la personne à ses côtés. Toutefois c'était trop agité, il ne vint pas arriver un jeune garçon qui lui retomba dessus, le faisant lâcher sa tasse qui s'écrasa sans aucune grâce sur le sol, dispersant son contenu un peu partout entre lui et son voisin. Les bouts de verre se répercutèrent, retombant dans les alentours et le faisant grimacer. Super il avait payé un verre pour rien.

— Je... Je suis désolé ! Je... J'ai vraiment pas fait exprès !
— C'est rien, je n'aimais pas trop le goût de toute façon.

Il lui offrit un petit sourire en voyant son air affolé, le garçon avait l'air vraiment gêné de les avoir dérangé. Oui les déranger, il n'était pas le seul qui avait été interrompu. Du coin de l'œil il lorgna du regard l'homme à son côtés, se redressa et vola un mouchoir présent près du robinet, question de politesse disait-il. Mathys se tourna à 90°, passant sans aucune gêne le bout de papier sur la joue de son voisin, enlevant les quelques taches bien visibles présentes sur sa peau avec un air presque désolé.

— Désolé pour ton haut, tu vas devoir rentrer pour le nettoyer.

Ses prunelles dorées vinrent chercher celles de l'autre jeune homme, en quelques secondes seulement il fronça les sourcils. Ce visage lui disait quelque chose et plus il s'y attardait, plus il craignait de mettre un prénom pour ses prunelles  ambrés.

— Ophiuchus ?

Il fit une pause, penchant la tête légèrement sur le côté et éloignant le mouchoir de son épiderme. Son ton se fit plus discret, également plus méfiant. Leur dernière rencontre avait été tout sauf chaleureuse.

— Il semblerait que tu sois obligé de me supporter toute cette soirée. Comment tu vas ?







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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   03.08.15 21:26

L'histoire, des années plus tard- Ft Mathys


Il est encore tard. Encore trop tôt, aussi. La journée s'éternise et le crépuscule tard à venir quand je marche et que j'évite les badauds. J'accélère l'allure. Ralenti la cadence. Je ne sais pas trop où gâcher le jour déclinant. Consommer la nuit. J'hésite trop d'un pas à l'autre et je ne sais toujours pas quoi faire. Les jours de congés sont éreintants à bien des égards. Je suis fatigué. Usé. D'inactivité. Je n'ai pas de peau à parcourir. À faire frémir. Je n'ai pas non plus de spectacle à assurer. L'envie de perdre aux cartes ne m' effleure du reste même pas l'esprit. Je suis usé et c'est l'inactivité qui me fatigue plus que l'ennui des tâches et des devoirs que je me dois d'effectuer pour gagner ma croûte.

C'est le divertissement qui me fait marcher. Rêver, aussi, puisqu'il existe des distractions plus belles ou plus enivrantes qui mettent des étoiles dans les yeux les plus éteints. Ameefeld me manque. Puisque je suis un homme à l'attention facile qu'il est aussi facile de lasser. La ville aux mille et un éclats me crève tant et si bien qu'on pourrait dire que j'ai de la nostalgie jusque dans le creux de ma bouche qui ne fait que soupirer. Soupirer encore. Mon humeur n'est pourtant pas massacrante. Pas non plus légère. Un peu de blues. Un peu de spleen dans la rétine. Juste un peu. De quoi justifier les errances de ma tête et de mes pieds qui ne savent que trop bien où je vais aller m'échouer.

Il n'y a bien que l'Odyssée qui m'invite au voyage et qui distraira plus facilement mon esprit que cette saleté ville-école qui n'abrite que trop peu de tripots malfamés et autres rues sombres que j'ai plaisir à arpenter, à Ameefeld. À l'Odyssée je trouverai tous les soiffards qui s'étanchent difficilement sur le coin d'une table. À l'Odyssée je trouverai des minots prêt à prendre leur première cuite, offrir des tournées et vomir derrière une poubelle. À l'Odyssée je trouverai aussi des couples charmants qu'on chahute quand ils vont au restaurant. À l'Odyssée il y a aussi des habitués avec qui j'aime m'esclaffer, dont, il faut bien avouer, je fais parti quand le cirque s'arrête trop longtemps par ici. À l'Odyssée il y a aussi la musique assourdissante de la boîte de nuit au sous-sol et les danseurs qui viennent s'échouer sur des tabourets, fatigués et la bouche trop rieuse pour pouvoir respirer correctement. Il y aussi des gosses à emmerder et dépouiller quand ils viennent, les poches pleines se frotter aux joueurs de poker du bar, lassés des arcades, un peu trop sûr d'eux. Ceux-là, même-moi je peux les plumer.

L'Odyssée réunissait le pire et le meilleur de la ville et c'est un endroit que j'aime fréquenter pour toutes les raisons précédemment évoquées, même si la rengaine m'épuise un peu. Je ne m'avoue pas vaincu, pourtant et j'attendrai que la soirée commence et s'éternise à son tour pour savoir si l'endroit en vaut la peine. Je traverse et je saisie la poignée pour finalement entrer dans le carrefour de la ville.

Il est pourtant encore trop tôt quand je viens m'accouder au bar. Les habitués ne sont pas encore arrivés. Les couples timides doivent encore attendre l'heure du repas pour venir se perdre à l'étage. Les enfants sont encore trop jeunes et apeurés et ne s'approchent guère du bar. Les danseurs ne sont pas non plus encore là, même si les basses font vibrer les murs et le plancher. En sourdine, puisqu'il faut descendre pour se casser les oreilles avec la musique. Le bourdonnement des conversations est encore trop timides et trop sobres pour m'intéresser et il fait dodeliner ma tête et grincer mes dents. Il est vraiment trop tôt et je songe déjà à m'en aller.


Je commande un verre, rhum ou bourbon, boissons spiritueuses qui me piquent la langue et font pétiller agréablement la gorge et les yeux. Entame une discussion plus ou moins sérieuse sur la jeunesse d'aujourd'hui avec mon très âgé voisin qui finira peut-être une à deux heures plus tard dans le fond de son verre ou sur le sol, à tanguer encore et éructer d'autres inepties sur la vie. Et j'en rirai, sans me forcer cette fois, simplement pour me moquer et aider le pauvre bougre à se relever pour que le videur vienne le récupérer. Et tout cela avant les dernières lueurs du crépuscule. Sacrée fin de journée en perspective.

***

J'entends le bruit d'un verre qui s'écrase avant même de sentir l'odeur âcre du vin sur ma peau. Je me retourne et je fixe le liquide sur le sol.

- Merde, fait un peu attention !

N'ayant pas suivi l'échange entre le garçon qui fuyait déjà, hébété et mon voisin je jure une nouvelle fois silencieusement et je fixe ma chemise. Éclaboussée de vinasse malodorante. J'attrape une serviette tandis que ses phalanges, inconnues essuient mon visage, non sans me conseiller de retourner à la maison pour changer mes fringues. Je relève la tête, contrarié et je réplique :

- C'est ça, file moi ton pull.

Puisqu'il avait raison sur une chose. Je ne pourrai pas passer la soirée avec cette odeur insupportable collée à la peau. Je n'écarte cependant pas ses doigts et le laisse s'affairer sur la joue. Je ne suis pas aussi irrité pour l'envoyer balader complètement. Sans attendre une réponse j'enlève ma chemise, en faisant attention à ne pas bousculer mon autre voisin-sans doute trop ivre pour comprendre ce qu'il se passe- et je tends la main, montrant par la même occasion que je n'en démordrai pas. Qu'il allait bien devoir me le donner, son pull. Et, alors que j'allais insister une nouvelle fois, mon prénom franchit ses lèvres.


Je lève la tête, curieux, je pense pas reconnaître cette voix. Mes yeux détaillent son visage. Je remonte de son cou jusqu'à son menton. Je redessine les contours de son visage, lentement, car ils me sont familiers. Les sourcils froncés, cependant, car il m'est étrangé dans une même mesure. J'insiste sur le nez, les yeux et la bouche, les cheveux blonds. Je ne suis pas très physionomiste et pourtant j'ai l'impression de voir surgir du passé un fantôme.


Mes phalanges écartent les siennes tandis que j'attrape le morceau de papier pour terminer de m'essuyer les joues. Je le chiffonne et le jette sur le comptoir, silencieux. Je hausse la tête quand il me dit que je vais devoir le supporter la soirée. Comme si je ne pouvais pas me lever pour m'en aller si je le voulais. Je ricane un peu et je dis, moqueur, puisqu'il est plus facile d'user de la moquerie pour se donner un air détaché.

- Quand je t'ai demandé de revenir avec du poil sous le menton, je ne pensais pas que tu le ferai réellement. Et que tu me renverserai de la vinasse dessus. Je dis, tout en éludant sa première question.

- Comment tu t'appelles, déjà? Je feins dans un nouvel essai, blessant, encore je l'avais déjà été plus. Je commande un autre verre que je vide et je garde le silence, puisque la situation est aussi inattendue qu’embarrassante. Ce n'était pas la perspective de rester là, accoudé au bar, sans chemise pour me couvrir, j'avais déjà été plus … indécent. Mais plus cette rencontre fortuite qui l'était. À mesure que les secondes et le silence s'étire des souvenirs désagréables remontent. J'avais été injuste avec ce garçon, qui me parlait et me regardait aujourd'hui avec méfiance. Je ne suis pas très doué pour faire des excuses. Remuer le passé non plus. Si bien que je n'ai que des remarques déplaisantes qui se bousculent, contre mes lèvres clauses. J'opte pour la moins insultante et je dis :

- Tu as bien grandi, avant tu m'arrivais à la taille... et maintenant regarde toi, on dirait presque que tu fais ma taille. J'espère que tu n'as pas l'intention de grandir plus gamin, parce que ma croissance elle est déjà terminée. Je badine, je badine, pour ne pas aller à l'essentiel. J'évite de demande ce qu'il devient, parce que je sais. Il est à Dandelion et certainement très heureux d'y être. Je n'ai pas envie de voir du mépris ou de la suffisance dans ce regard blond qui me regardait avec beaucoup d'admiration, à l'époque. Peut-être que je m'inquiète pour rien, que finalement, notre dernière « discussion » ne le fait plus souffrir. Son visage enfantin me revint en mémoire et je l'écarte en secouant la tête. Je me répète pour soulager le soupçon de culpabilité qu'il a grandi et je m'inquiète sans doute pour rien. J'attends quelques secondes et je dis dans un sourire détaché : - Et. File-moi ton pull Mathys je gèle.

Oui. C'est comme ça qu'il s'appelle.
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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   04.08.15 1:56




Confidences sur papier.

Si tu me provoques je te mords.



Certains appelaient cela Coïncidence, une pure et simple coïncidence.
D'autres appelaient cela le destin, farceur et toujours prévoyant. Pour sa part, il se contentait de penser que ce genre de choses étaient dues au hasard, c'était plus simple, aucune raison mythique ou supérieure n'était dissimulée derrière cela. Le hasard ? Combien de chances avait-il eu de tomber sur lui ce jour précis ? Cette heure précise, dans cet endroit en particulier ? Assis sur cette place en particulier, à ses côtés. Infimes. Vraiment très infimes et ce fût pourquoi il ne pu s'empêcher de pousser un ricanement intérieur. Cette soirée lui réservait quelques surprises. Toutefois, il n'était pas encore sur que cet homme était vraiment lui. Ophiuchus. Ce seul prénom avait le don de ramener à lui des souvenirs dans lesquels il ne désirait plus patauger, c'était une mer trop agitée, dans laquelle il se heurterait à un mur qui était en faite synonyme de leur dernière rencontre. Mathys vint pousser un maigre soupire, s'attardant sur le coin de sa joue, proche de ses pommettes qu'il tapota avec un peu plus de force sans même s'en rendre compte. Cet homme parvenait à le faire se crisper rien que lorsqu'il s’immisçait dans ses pensées. Un peu de rancœur, dans ce petit cœur qui avait jadis eût de très bons sentiments à son égard.

Sa voix résonna dans ses oreilles, certifiant ses craintes, il se retint de plisser les yeux et de lui lancer une remarque sarcastique sur le fait qu'il n'était pas le seul à blâmer dans cette histoire. Toutefois les mots ne sortirent pas, pas cette fois, il était bien trop surpris – il se l'avouait- de le retrouver dans cette endroit. Un petit rire s'échappa de sa gorge en l'entendant lui ordonner de lui tendre son pull, le plus âgé ne s'attardant pas pour se dévêtir à moitié devant lui, ôtant son haut sans aucune honte. Il fit en sorte de lui tendre la main, geste signifiant qu'il attendait ce qu'il considérait comme son dû. Très bel essai, toutefois il n'était plus ce gamin souriant qui lui accorderait tout ce qu'il désirait en un claquement de doigts. Le Aer tourna la tête, faisant semblant de l'ignorer tandis qu'un minuscule sourire sournois se dessina sur ses lèvres, il répondit l'air de rien, un ton toutefois taquin.

— Et puis quoi encore ? Je ne suis pas ton chien, tu vas devoir t'y habituer maintenant.

Sa remarque pouvait paraître acerbe, mais il ne le détestait pas. Tout du moins pas autant qu'il pouvait le montrer et gardait même une certaine sympathie à son égard. Il ne s'était jamais jugé réellement rancunier, mais cette fois-ci, avec lui c'était toute une autre histoire. Une histoire de fierté bien ancrée dans leur caractères. Sa main fût repoussée, le brun attrapa le morceau de papier entre ses doigts, s'occupant lui-même de ce qui était de se nettoyer le visage. Un nouveau petit sourire. Il l'avait connu comme ça, un peu fier, du genre à pas laisser facilement les autres personnes l'aider. C'était aussi pour cela qu'il l'avait intrigué, parce qu'il réussissait tout ce qu'il entreprenait avec l'unique force de sa détermination. Un vrai phénomène ce jeune homme. Il déposa ses mains sur le comptoir, ses ongles flattant le bois vernis et très bien entretenu, il se retourna, intéressé par les gens autour de lui. Qui sait, il l'avait trouvé lui sans s'y attendre, il pourrait aussi y retrouver une autre personne qu'il connaissait. Même si cela était encore plus improbable.

— Je vois que le temps n'a pas ôté ton sens de l'humour. Je ne m'attendais pas à te revoir, pas avant au moins huit ans et pour la tâche de vin, on peut dire que ça compense quelques petites choses que tu as pu me dire.

Sa voix se fit plus rauque, ses prunelles dorés se tournèrent vers lui, le temps de le défier à continuer cette discussion. Cela ne le ressemblait pas, il n'était pas aussi sec dans ses mots, bien qu'au début il avait été vexé par ce qui avait été dit et par son attitude pratiquement violente, il avait réussi à passer outre. La distance avait aidé en beaucoup de choses, ses études également. Tout sentiment négatif avait été oublié, mais pourrait-il dire effacé ? Non, c'était plus compliqué que cela. Il l'appréciait tout autant qu'il le perturbait. Ophiuchus rimait avec confusion dans sa tête. Nouvelle phrase de sa part, il se crispa, comme mordu par les dents venimeuses d'un serpent. Comment tu t'appelles, déjà? Il le provoquait encore, tentant de le blesser à nouveau par ses mots et par son attitude. Mathys crispa ses doigts sur la surface lisse face à lui, lâchant un simple «  Pff » qui ne voulait rien dire, mais qui à ses yeux signifiait beaucoup. Les mots remontaient dans sa gorge, tous plus moqueurs les uns que les autres, peut-être bien qu'au fond, il ne l'avait pas tant rayé de sa vie qu'il ne le pensait et que sa fierté n'était pas aussi bien protégée qu'il ne le pensait. Il aurait pu lui rétorquer quelque chose de plus méchant encore, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Cependant cela n'aiderait en rien à éclaircir la situation. Haussant un de ses sourcils, il déposa son coude sur le comptoir, commandant un simple et petit verre de whisky, venant répondre avec une voix tendre, bien trop tendre.

— Theodore, tu ne t'en souviens pas ?

Et il osait le lui dire sans lui sourire, sans un rire, les yeux simplement brillants et ce même si intérieurement il riait. Ophiuchus reprit la parole, il attrapa du bout de ses doigts le minuscule verre posé face contre son torse et avala le contenu d'une traite. Il avait envie d'entendre ce qu'il avait à lui dire. Il n'avait pas envie de lui parler. Non, il n'était plus vexé, juste perturbé. Et pourtant, contre toute attente aucun mot grésillant de moquerie ou encore provoquant ne vint déranger ses oreilles. Ce fût même assez... touchant de l'entendre lui parler de cela. Mathys entrouvrit ses lèvres, venant mordiller sa lèvre inférieure de ses incisives.

— Tu trouverais ça insultant ? Ça fait déjà quatre ans, tu ne pensais quand même pas que j'allais garder la même taille..

Il fit une pause, tapotant avec son index le verre vide présent contre sa paume.

— Ou que je resterai exactement le même.

Son dos s'arrondit lorsqu'il se pencha, collant son torse contre la surface boisée, semblant pensif. Il n'était pas dupe, il savait parfaitement qu'il tentait d'éviter le sujet. Tout simplement parce que lui aussi n'avait pas vraiment envie d'en parler. Ni de ce qu'il avait fait, ni encore du pourquoi ils s'étaient disputés. Il ne s'en souvenait même plus. Il le croyait. Pourtant, le sujet allait devoir être abordé à un moment ou à un autre. Le blond fit pivoter son visage, le regardant sur toutes les formes possibles, fixant son visage, ses lèvres, son nez, ses cheveux, sa peau. Tout était égal, si ce n'était qu'il avait plus mûrit et plus bronzé aussi ? Il se souvenait bien de lui, parce qu'il l'avait admiré pendant pas mal de temps.

—  Comment ça se passe au cirque ? Tu y es toujours ? Tu as trouvé ce que tu voulais faire ?

Il tâtait le terrain, doucement, sûrement en roulant sa langue trois fois dans sa bouche pour ne pas sortir une nouvelle connerie. Il en était capable, très capable. A l'entente de son prénom, toute tension pouvant être présente s'évanouit. Il le tenait entre ses pattes.

— Oh je croyais que tu ne savais pas comment je m'appelais. Te trahir comme ça, tu as bien changé. Non je ne te le donnerait pas, viens le chercher si tu le désires vraiment.

Il sourit de sa manière enfantine qu'il avait préservé, soulevant légèrement ses pommettes, un air de jeunot sur ce visage qui avait pris des années. Une phrase lui brûla les lèvres, il hésita entre la dire ou bien ne pas la dire. Il hésitait, rares étaient les fois que cela arrivait. Du coin de l’œil il fixa le torse du plus âgé exposé sans aucune honte, non, il ne céderait pas pour le moment. S'il frissonnait peut-être lui accorderait-il sa demande. Pourquoi ? Parce qu'il était trop têtu, parce qu'il l'avait laissé profiter de lui. Parce qu'il désirait l'embêter un peu, parce qu'au fond, il l'avait tout de même un tout petit peu manqué ? Cet abruti du cirque. Mais il ne lui dirait pas.

— Tu comptais prévenir le gamin que tu passerais dans le coin ou bien ce n'était pas dans tes plans ? Tu ne vas pas pouvoir fuir cette discussion, tu sais Ophi.

Ophi' un surnom qu'il ne lui avait plus donné depuis un bon moment, il n'attendait que de voir sa réaction face à cela.






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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   04.08.15 4:54

L'histoire, des années plus tard- Ft Mathys


Mathys. C'est comme ça qu'il s'appelait. Et je m'en rends compte quand je dis son nom que je n'ai peut être pas autant oublié que je ne le pensais. L'alcool aidant, ma mémoire s'égare, oisive. Il me semble me souvenir d'un petit garçon un peu paumé. Petit garçon fraichement entré dans l'adolescence. Et quand ce petit garçon-là me dit qu'il n'est pas mon chien. Quand il me ment aussi, sur son prénom de manière éhontée. Quand il me rétorque qu'il a grandit. Quand il me demande si je trouverais ça déplaisant qu'il ne devienne plus grand que moi. Quand il me dit tout cela. Qu'il me provoque et me demande de venir récupérer son pull si je le désirais tant je me rends compte, finalement, d'une chose.

- Les gens changent.  

Je l'énonce tout bas. Trop bas pour qu'il l'entende puisque qu'il s'agit-là d'un simple constat. Simple constat que je m'adresse à moi-même. Évidemment il aurait été présomptueux de ma part de penser qu'il allait rester ce garçon blond plein de vie qui ne connaissait encore rien de la vie. Qui s'entiche si facilement, mais dont l'attention permanente vous fait sentir important, au moins. Les enfants grandissent. Les adultes murissent. C'est ainsi. Je compte les années silencieusement tandis que je prends garde à ne répondre à aucune de ses questions. De ses accusations. Je me souviens des circonstances de notre première rencontre. De notre dernière rencontre, aussi. Moins légère et agréable pour lui, comme pour moi. Et je ressasse, les yeux rivés sur le comptoir.


Durant ma vingtième année trouble j'ai rencontré ce petit garçon-plus si petit, il allait me falloir du temps pour pouvoir le réaliser - qui lui-même n'en était pas moins troublé. D'autres soucis, peut-être très important. Je ne m'en souvient plus. M'en a-t-il parlé, un jour? Sans doute. Mais je ne devais pas y prêter une attention particulière. Des problèmes avec ses parents? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je n'ai jamais été très demandant. Alors je ne lui ai jamais demandé de me raconter sa vie. Ou de retourner voir ses parents. Je l'ai traité comme je traité les enfants du cirque, même si j'ai bien du me montrer plus gentil avec lui, sans faire attention, touché peut-être par sa propre affection? J'ai une trop mauvaise mémoire pour ce genre de choses. Pour les autres. C'est triste à dire, mais je me souviens plus de moi, au final, que de lui. Je ne sais plus combien de temps il est resté au cirque. Quelques mois avant son test d'entré à Dandelion? Un peu plus. Un peu moins. C'était il y a longtemps.


Plus j'y pense plus je me dis qu'il me semble que j'ai éprouvé de la sympathie pour lui. Peut-être un peu d'affection fraternelle somme toute chaste. Il me suivait, trop plein d'innocence dans le regard. D'admiration, aussi. D'amour? Oh. Peut-être. Il l'affirmait. Qu'est-ce qu'un adolescent pouvait bien connaître à l'amour? Trop peu pour qu'il en soit réellement blessé si je le repoussais. Si ma bouche ne s'étirait que pour rejeter cet ersatz d'affection que je n'aurais sans doute jamais pu retourner, à l'époque. Oui. C'est ce que j'avais dû me dire. J'avais cependant trop de soucis et d'égoïsme pour le rejeter entièrement. Quoi que j'en dise, il faut bien avoué que ma fierté s'en trouvait touché. Alors peut-être, oui, peut-être ai-je été trop gentil avec lui. Sauf le dernier jour. C'est peut être ça qu'il me reproche ou qui me fait pousser des soupirs coupables, les deux lèvres contre le rebord de mon verre. Aurait-il préféré que je le chasse, dans la seconde, après ces quelques mots inconscients? Je secoue la tête.

- Ne déforme pas le passé, Théodore. Tu traînais toujours dans mes pattes et je ne me souviens pas avoir été si exigeant ou d'avoir sous-entendu un seul instant que je te prenais pour un chien...

J'insiste sur le tu, pour lui rappeler que je n'ai jamais été cruel avec lui-ou si peu- excepté le dernier jour. Dernier jour dont-il souhaitait de toute évidence reparler. Lorsqu'il utilise mon surnom je me sens repartir en arrière. Et d'autres souvenirs m'assaillissent brutalement. J'esquive cependant d'une nouvelle pirouette et je ne réponds qu'à la première partie de sa phrase. Celle qui ne compte pas. Celle qu'il me lance avec dédain et qui n'attend pas de réponse. Je dis, sarcastique:

- Tu n'as pas vu les affiches collées un peu partout sur les murs? Il y a mon nom écrit dessus, pourtant.

Et ces affiches je me souviens les avoir collées en sa compagnie. Oh. Pas celles-là, directement. Pas sur ces murs. Ceux d'Ameefeld. Quand je lui racontais, qu'un jour on y verrait mon nom. Peut-être même ma tête, qui sait. Que je répliquais aussi taquin et un peu immature que je le laisserai devenir membre d'honneur de mon futur fanclub puisqu'il m'appréciait tant.

Ah. Plus j'y repense et plus je me trouve un peu con. Qui sait combien de conneries du même genre j'avais pu lui sortir. Combien l'avaient ébranlé ? Je commande un autre verre en balançant ma chemise sur le sol. Avec un peu de chance mon voisin trop ivre finirait par ne pas vomir dessus quand il aura fini sa sieste bruyante. Je fixe ses cheveux que j'avais l'habitude d'ébouriffer avec affection et insouciance. C'était une autre époque. Je doute qu'il apprécie que je fasse de même aujourd'hui.


Mais peu importe le passé. Je crois que je suis déjà lassé. Ou fatigué. Peut-être pas. Simplement je ne désire pas m'étendre davantage sur mes erreurs comme les siennes. La moquerie et l'ironie sont les armes privilégiées des plus couards. Aussi je compte bien m'en servir et faire en sorte que cette discussion ne rime à rien. Qu'il se lasse comme je fais semblant d'en être déjà lassé.

- Il n'y a rien à dire. Et. Tu ne veux pas en parler Theodore. Tu ne veux pas en parler parce que tu m'aurais dis ton vrai prénom, d’emblée. Tu ne veux pas en parler parce que tu as l'impression de déjà tout savoir. Et... Peut-être que tu as raison. Entièrement. Alors, oublie. Ce n'est pas difficile. Je l'ai fait. Et puis, tu l'as dit toi-même. Cette tâche sur ma chemise est une maigre compensation, mais une compensation tout de même. Sauf l'odeur du raisin. Ça. C'est vraiment un coup bas. J'ai horreur de ça.  

Je ris, l'alcool aidant à alléger ma tête et ma bouche. Je m'accoude et je délaisse son visage pour fixer un point sur le mur. Entre les verres et l'étagère accrochée derrière le barman. Je ne sais plus quoi dire. Ou plutôt. Je sais les choses que je ne souhaite pas dire. Aborder. J'ai d'autres taquineries qui me viennent, mais chacune d'entre-elles font écho au passé. Et nous n'avons nullement besoin d'en faire mention. J'ai bien envie de donner un coup de coude à mon voisin pour qu'il happe mon attention. Détourne la sienne. Qu'on en reste-là. Mais comme je suis un homme d'ennui et que mes tentatives pour ranimer l'autre poivrot finiraient sans doute par le faire dégobiller tout rond sur ma chemise, je commande un autre verre et je le vide d'un trait. Celui d'après aussi. Suffisamment pour faire monter un peu d'ivresse et de malice quand je dis:


- Peut être que tu ne veux pas me filer tes fringues parce que ça te plait de me voir comme ça. Depuis le temps, je me disais que tu avais fini par passer à autre chose.

Et je ricane comme un idiot et je laisse ça sur le compte de l'alcool. Ou du moins je le feints encore puisque j'ai trop d'amertume sur la pointe de la langue quand je le dis. Peut-être que cette nouvelle pique finira par fendre ou briser un peu cette fierté qui suinte de son sourire comme du mien. J'entaille savamment ses défenses quand je m'approche suffisamment de son visage tandis que mes mains viennent accrocher les bords de son pull. Je murmure provocateur:

- Ça te ferait plaisir? Ça soulagerait tes peines? Si je venais effectivement le récupérer ? Je fais mine de glisser mes doigts dessous pour les faire remonter vers le haut. - Je ne sais pas à quoi tu joues Mathys. Et je ne suis même pas certain que tu le saches toi-même. Mais tu devrais faire attention à ce que tu demandes.

Je relâche son pull, quelques secondes plus tard et je me détache, je glisse entre nous un peu plus de distance. Une distance raisonnable et je finis par rire, encore. Léger. Pour apaiser et dissiper toutes les tensions.

- Je plaisante, je plaisante. Tu peux le garder ton pull. Je taxerai bien celui de quelqu'un d'autres. Si je me mettais à te déshabiller le barman en ferait une syncope.

J'adresse un regard amusé à celui-ci qui s'en va, un air froissé sur le visage.

- Alors... Tu dois bien avoir seize, dix-sept ans, maintenant? Peut-être dix-huit? J'ai un peu de mal à me faire à l'idée que le petit adolescent ait tant grandi. Je t'offre une grenadine pour fêter l'événement? Un jus de pomme?

Diversion. Changement d'attention. Illusion. Les bases de la magie et de la prestidigitation. J'espérais sincèrement qu'il digresse à son tour et qu'il abandonne. Je ne suis pas doué pour les explications et les excuses. Je ne compte pas en formuler ce soir. Ni un autre jour. Il faut du courage pour ce genre de chose et je n'en possède pas suffisamment.

Sera-t-il déçu ? Peut-être. Sans doute l'est-il déjà. Je sais bien qu'il m'a un jour placé sur un piédestal. Que ce n'est plus le cas aujourd'hui et c'est plus simple comme ça. Ou plus compliqué, selon. Ce qui est certain c'est que je n'adopte ni l'attitude la plus adulte ni la plus adéquate. Surtout quand je viens dire:

- J'espère que tu n'es pas venu dans l'espoir de noyer une peine de cœur. Parce que si c'est le cas le destin doit pas te porter dans le sien.

Peut-être qu'il s'en ira, Mathys. Peut-être qu'il s'en ira en me traitant de sale con. Il aurait bien raison, d'ailleurs. Parce que s'il reste je pense que je pourrai passer la soirée à gratter en surface. À le titiller. Peut-être par ennui. Ou pour exorciser le passé. Ou alors c'est moi qui partirais. Qui sortirais. Blessé ou vaincu. C'est certain. Aucun de nous ne sortira indemne de cette confrontation.

Encore une fois.

PS: MA RÉPONSE EST TROP. NULLE. PARDON. JFJBXHBBCV JE FERAI MIEUX JURÉ. (ou j'effacerai ce post demain en relisant demain tellement je trouverai ça naze )
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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   04.08.15 19:43




Confidences sur papier.

Si tu me provoques je te mords.



Plus le temps passait, plus il se retrouvait face à ce qu'il avait laissé en lui disant au revoir, quelques années en arrière. Plus les secondes passaient et plus il se trouvait relativement con d'avoir continué dans sa lancée, d'avoir continué de lui parler pour aborder ce sujet en particulier. Non, il ne le regrettait pas, il savait que cela était, peut-être pas nécessaire mais important comme sujet pour lui-même. Toutefois rien n'excusait jamais tout. Son verre se vida bien trop rapidement, il picotait sa gorge et ses yeux, ses prunelles fixaient ce qui se trouvait devant lui sans jamais vraiment voir. Il écoutait sans jamais vraiment entendre ce qui se passait. Un autre verre pourrait se briser, il n'en aurait que faire. Il pourrait y avoir une bagarre qu'il l'aurait ignorée royalement, beaucoup trop occupé à trier des pensées, ses pensées. Beaucoup trop occupé à l'entendre parler, espérant qu'il répondrait un jour à une de ses questions. Peut-être pourraient-ils reprendre un mode de conversation normal ? Sans sous-entendus, sans se lancer des piques, sans des regards vides. Juste à cœur ouvert, mais il faudrait tout d'abord qu'il accepte de lui ouvrir le sien. Comme il l'avait déjà fait.

Un nouveau soupire, moins audible. Il commande un nouveau verre, buvant ses paroles tout autant qu'il attendait pour siroter les liquide encore absent. Ses prunelles se baissèrent, ses sourcils se froncèrent, il prit un air nostalgique. Bien sûr qu'il le suivait, bien sûr qu'il l'avait suivit tout le temps de sa jeunesse. Il l'avait admiré depuis... il ne se souvenait plus depuis quand. Peut-être depuis leur première rencontre, les souvenirs restaient vagues à ce sujet. Il l'avait eu toute son attention, toute son admiration. Il avait eu ses mots qu'il n'avait jamais prononcé auparavant. Ophiuchus avait été son tout premier crush, sa toute première peine de cœur. Dire qu'il ne comprenait pas les sentiments de cette jeune fille qu'il avait délaissé dans la soirée serait mentir, mais encore une fois c'était plus compliqué que cela. Il espérait ne plus le comprendre, il avait réussi à oublier, à tirer un trait pour de bon et par garder une bonne image de lui. Ses doigts se crispèrent sur le verre face à lui. Pourquoi il revenait ? Pourquoi maintenant et pourquoi il gardait ce caractère froid à son égard alors qu'il en avait toujours été autre chose ? Stupide. Il n'en revenait pas de réfléchir à tout cela.

—  Ne dis pas ça, tu sais très bien qu'à mes yeux l'apprendre de ta bouche est plus important. Ne cherches pas d'excuses.

Sur sa voix un ton las, il fit rouler ses yeux dans ses orbites, les reposant sur lui aussitôt. Ce n'était pas une critique, juste une remarque. Il ne cherchait pas à le provoquer, il ne désirait pas que cette discussion finisse comme leur toute dernière. Ce serait bien stupide de sa part d'essayer de reproduire ce qui l'avait tant vexé. Toutefois il ne contrôlait pas les paroles et les actions du brun, il ne savait pas sur quoi il allait rebondir, ni ce qu'il allait répondre. Il savait toutefois que s'il le poussait trop il pourrait réellement l'attaquer par les mots. Ophiuchus avait un étrange effet sur lui. Son verre fût posé sur le comptoir, il le prit et le vida rapidement, poussant un grognement lorsque l'alcool cascada sa gorge, laissant une traînée brûlante qui eût du mal à partir. Son corps se réchauffait davantage, il commençait à avoir chaud. Ses affiches... Il se souvenait en avoir collé certaines avec lui, l'accompagnant tout en lui racontant un peu sa vie, espérant qu'il en ferait de même pour lui. Les yeux brillants d'admiration, les mots roucoulaient dans gorge, ils se précipitaient de sortir, il le noyait dans ses paroles tout en lui tendant les affiches. A cette époque il était déjà sûr de le retrouver dans le cirque. Il savait qu'il aurait sa place là-bas. Mathys fît glisser ses yeux le long de ses cheveux noirs, flattant les pointes rouges semblables à des flammes. Il s'était exercé à ce numéro également.

Il ne les avait pas vu, ces bouts de papiers. Toutefois on lui avait parlé que le cirque était en ville, il l'avait entendu et s'était longtemps demandé s'il devrait aller les visiter, en tant que simple civil. Juste pour les voir, le voir lui en quelques sortes. Il avait espéré trouver le courage ou bien les mots, il ne savait plus vraiment. Il l'avait retrouvé trop tôt, sans le prévoir, sans même imaginer le revoir. Aucun mot sortant de ses lèvres ne paraissait être le bon. Mathys referma ses paupières, un minuscule petit sourire sur les lèvres roses. C'était tout de même de bon souvenirs. Le Aer jetta un petit coup d’œil sur le barman, plissant les yeux en croisant un duo qui ne cessait de le monopoliser pour eux seuls, visiblement trop bourrés pour faire un pas devant l'autre. Peut-être finirait-il lui aussi dans cet état avant la fin de la journée. Cela le permettrait d'oublier. Ophiuchus reprit la parole, il se crispa, inspirant profondément pour ne pas le répondre de manière trop cash. Il ne tourna même pas la tête en sa direction, comme s'il ne l'avait pas entendu, son corps le trahissait. Un nouveau verre devant lui,  un nouveau verre fini. Son troisième semblait-il. Cette pique plus douloureuse le fit grincer des dents, il le faisait exprès ou bien était-il complètement inconscient ? Il continuait de le provoquer, il continuait de le chercher, faisant bouillir le sang dans ses veines. Tout changeait. Il l'avait aimé lui, cet homme à ses côtés. Plus que toutes les autres personnes, Il l'avait admiré énormément et désormais il avait plus envie de taper son poing contre le comptoir et de lui dire ses quatre vérités. Respire. Calme. Calme. Il ne voulait pas faire ça, il l'appréciait dans le fond. Lui et ses gamineries.

Un autre verre pour le noiraud, puis un autre. Les deux furent vides en un temps record. Mathys réalisa à ce moment qu'il devait quand même avoir un peu de mal, qu'il ne désirait pas parler de ça et qu'il faisait donc tout pour changer la direction de la conversation. Il venait de connaître un autre côté de sa personnalité. Il aurait pu le trouver amusant voir légèrement mignon, dans une autre situation mais là c'était beaucoup plus important pour lui ce que le brun tentait d'éviter. Depuis le temps, je me disais que tu avais fini par passer à autre chose.  Deuxième attaque du serpent, il tourna de nouveau la tête, volant le verre du son autre voisin qui somnolait déjà à moitié sur le comptoir. Il l'avalait d'une traite. Non, calme. Ce n'était rien. Il allait l'entendre. Le blond glissa une main dans ses cheveux blonds, répondant avec tout autant de malice, de manière plus retenue.

—  Mon but dans la vie ce n'est pas de te voir torse nu, ne t'en fais pas. Si je te laisse comme ça c'est uniquement parce que ta manière de me demander de te donner mon pull n'était pas correcte. Ne parle pas de ce que tu ne sais pas.

C'était déjà mieux, il se sentait presque fier d'avoir pu se retenir dans ses mots. Pourquoi le faisait-il déjà ? Peut-être qu'il cherchait à se protéger lui-même d'un nouveau crash sentimental monumental ou bien qu'il cherchait à le protéger lui, Ophi, de ses mots démesurés. La soirée et l'alcool ne l'aiderait pas à le savoir. Sa main empoigna son pull, il se rapprocha assez pour qu'il puisse sentir son odeur, le surprenant, le forçant à se tenir droit pour ne pas reculer. Il susurre ses mots contre sa peau, les yeux dans les siens, l'air d'un félin s'amusant d'être dans cette situation de pouvoir. S'il avait eu encore ses sentiments à son égard peut-être aurait-il eu les joues rouges et le cœur battant ? Peut-être aurait-il glissé un baiser léger sur ses lèvres tout en le forçant à reculer ? Toutes ses choses écrites dans les romans et histoires à l'eau de rose que l'on lui avait déjà lu et qui ne lui étaient jamais arrivées. Peut-être, peut-être pas, la seule chose qu'il désirait c'était de voir jusqu'où il irait ou encore de le repousse. Deux envies inverses. Ses doigts insolents firent mine de se glisser sous son haut, il se mordit l'intérieur de la joue, finissant par se rapprocher de lui, jusqu'à mêler son souffle au sien, répondant d'un ton ronronnant et faussement provocateur.

— Je crois très bien savoir ce que je veux, au contraire.

Prunelles dorées en fusion, sourire en coin, il reprenait un visage de jeune homme en laissant de côté son petit côté enfantin. Ophiuchus reprit sa place, lâcha son pull et ricana.

—  Je rigolais aussi, finalement tu n'as pas tant que ça changé. Ça fait plaisir.

Ces trois derniers mots furent susurrés, il espérait qu'il ne puisse pas les entendre, dans quel cas il aurait quelques explications à lui donner. Il essayait par tous les moyens de ne pas plonger dans ce qu'ils appelaient : sentiments. Il se retrouvait très sentimental sur le coup. Un petit rire clair et léger se diffusa dans la pièce, il rigolait de bon cœur, pas le moins du monde blessé par ce qu'il aurait pu lui dire. Dans son rire il expulsa toute mauvaise énergie, oubliant bien vite tout ce qu'il aurait voulu lui dire. Il demanda un autre verre, deux à vrai dire un pour lui, un pour celui qui devait être son aîné.

— Et bien, un jus de pomme irait. Mais je doute que tu en trouves ici. Sinon tu peux aussi m'offrir un verre de toute autre boisson alcoolisée. Pas besoin de me protéger autant tu sais?

De la joie, à nouveau il riait en sa présence et cela faisait plus de bien qu'il ne voulait le croire. Peut-être bien qu'ils pourraient se parler sans finir par se lancer des couteaux, il espérait. Le blond poussa un soupire, il faisait bien trop chaud. Sa température corporelle un peu plus élevée n'était pas toujours un avantage. Son bonheur fût coupé, son sourire s'éteint pour ne laisser qu'un visage stoïque. Il recommençait, ce n'était pas possible. La véritable question qu'il se posait : Le faisait-il exprès ou ne s'en rendrait-t-il pas compte ? Qu'il était agaçant de cette façon, à tenter de couper les ponts. Mathys déposa son verre vide sur le comptoir, avec un peu plus de force qu'il ne l'aurait voulu. Les pensées tourbillonnaient dans sa tête, toutes plus directes les unes que les autres. Il prit une grande inspiration, autant être clair avec lui, sa voix se fît plus forte, plus rocailleuse et il prononça sans aucune gêne :

— Écoute je ne suis pas là pour me disputer avec toi, je n'ai rien dit jusqu'à maintenant. Absolument rien et ce même si j'ai bien envie de te dire certaines choses. C'est quoi ton problème avec moi ? C'est quoi ton problème tout court. Tu sais pas le nombres de fois que j'ai pensé à venir te voir au cirque, me disant que peut-être on pouvait tout effacer et mettre ça de côté. Mais non, tu te sens obligé de réagir de cette façon.

Ridicule. Ophiuchus parvenait à le faire sortir de ses gonds et ce même s'il n'était pas réellement énervé il se sentait juste... vexé et outré, déçu de voir que les choses n'avaient pas changés depuis. Il prit le verre précédemment commandé pour le jongleur dans sa main et le bu en entier, d'un coup, ignorant bien les regards qu'il pouvait lui jeter ou encore les mots qu'il pouvait lui dire.

— Ça fait quatre ans Ophi', quatre ans ! On pourrait passer à autre chose non ?

Un nouveau soupire, il mit sa main gauche dans sa poche attrapant son téléphone qu'il ralluma, fixant l'écran pour reprendre son souffle et surtout reprendre le court de ses pensées. Peut-être valait-il mieux qu'il ne le voit plus ? Qu'il coupe le ponts à cet instant précis histoire de limiter les dégâts. Peut-être que c'était fini il y a quatre ans déjà. Pourtant il s'y accrochait encore, il plantait ses griffes dans ses souvenirs, refusant de couler avec eux. Le jongleur avait été malgré lui et sans même s'en rendre compte une des personnes les plus proches de lui. L'écran de son portable s'alluma devant ses yeux, il le délaissa sur le comptoir en voyant les cinq messages reçus. Il y avait lui au bar, puis elle loin de lui. Ce n'était pas le moment d'en rajouter.

— Si tu as envie de couper les ponts, si tu n'as plus envie de me voir dis-le tout simplement. Prends ton courage à deux mains et arrête de me repousser sans me donner de raison.

Un doute. Il aurait mieux valut qu'il se taise ? Non il avait bien fait, il fallait qu'il prenne conscience de ses actes, qu'il sache que ce qui l'avait blessé ce n'était plus tant que cela son attitude d'avant, mais celle d'à présent et peut-être qu'ensuite, il pourrait lui dire qu'il était désolé et qu'il ne lui en voulait pas, qu'il appréciait beaucoup trop ce qu'il avait été et ce qu'il était pour faire attention à ce genre de comportement. Il ne l'aimait pas comme il l'avait aimé en étant jeune non, mais il se sentait tout de même un peu bizarre avec lui. Un frisson secoua son épiderme, il passa un main devant son visage. Voilà que l'alcool commençait à lui monter à la tête.







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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   05.08.15 2:30

L'histoire, des années plus tard- Ft Mathys


D'autres rires me vinrent aux lèvres. Des rires francs, presque joyeux même, qui s'échappent, allègres, encouragé par l'alcool que j'ai bu et que je continuerai de boire, tard, ce soir. Quoi que. Je n'étais pas certain de pouvoir tenir le rythme si les silences s'éternisent trop entre nous. Les silences, je le remplies avec du rhum qui fini par brûler mon gosier et empêcher mes lèvres de trop s'épancher sur le passé. J'étais déjà nostalgique d'Ameefeld, mais cette rencontre me fait tanguer un peu plus. J'ai pourtant encore un rire sur le coin de ma bouche qui s'étire quand il me dit que je n'ai pas besoin de le protéger autant quand je lui parle de jus de pomme. J'en ai eu un autre aussi, avant ça, quand il m'a dit que son but n'était effectivement pas de me voir torse nu. Et peut-être que j'aurai pu répliquer. Lui dire que ce n'était pas très difficile, de toute façon, que les jours fastes il m'arrive de parier jusqu'à ma dernière chaussette aux cartes. Peut-être. Mais la vie est faite d'occasion ratées et d'autres qu'on saisie.


Justement. Il me semble que j'ai raté l'occasion de me taire. Et quand le verre claque sur le comptoir j'en suis à peu près certain. Je tourne la tête et je hausse un sourcil. Surprit, mais aussi attentif. J'en suis à me demander si c'est à ce moment-là qu'il va se lever, finalement. Si j'avais gagné. Ou perdu. C'est difficile à dire. Je suis attentif. Et soudain il éclate. Il éclate. De colère. De frustration. De lassitude. Il n'a guère plus envie de rire. Moi-même je ne souris plus, ou presque. Je le laisse dire. Éructer. Sans jamais l'interrompre. Et même si je voulais le faire je ne suis pas sûr qu'il me laisse en placer une.


Ça ressemble à une scène. Peut-être que s'en est une. Merde. Je passe une derrière ma nuque et je garde mes soupirs. Je n'ai certes plus envie de rire. Et pourtant des rires il y en a eu quelque uns. Sur sa bouche comme la mienne. Je sais pas quoi dire. Je saurais par quoi commencer. Faut que je lui dise. S'il me laissait le temps de le faire alors je sais que je lui dirais : « J'ai pas de problème. Pas avec toi. Pas vraiment, en fin de compte. J'ai jamais voulu parler du passé. C'est toi qui en a parlé en premier. On aurait pu discuter tranquillement. On le fait toujours. On discute tranquillement et y'a pas de quoi s'énerver. On se dispute pas. Je sais pas pourquoi t'es jamais passé et je m'en fous un peu. J'ai déjà tout mis derrière-moi. Tu trouves que je réagis comme un con ? Pourtant je fais des efforts. Tu bois trop. » Quelque chose comme ça. Et ma bouche articule dans le vide. J'essaie de capter un regard. Un peu d'attention. Pour tout éclaircir. Il ne daigne pourtant pas m'accorder un regard. Et quand je pense qu'il va le faire il va chiper le verre de mon voisin endormi et il le vide. Trop vite. Et c'est peut-être pour ça qu'il s'énerve. Parce que son verre à lui est vide. Qu'il a la tête trop pleine. Trop de mots sur le bout de la langue. Je tente :

-Hey c'est bon… Calme-toi j'ai compris.

Je ne sais pas trop ce que j'ai bien pu comprendre. Mais j'essaie d'y mettre un peu de conviction. C'est peine perdue. Il rétorque que ça fait quatre ans et qu'on devrait pouvoir passer à autre chose. Ce que j'essaie de faire. Bon. Je dois dire que mes petites piques l'ont peut-être plus éraflé que je ne le pensais. Si j'osais je répliquerai par un sourire pour lui rétorquer que s'il voulait vraiment faire abstraction du passé il ne s'offusquerait pas tant à chacune de mes taquineries. Et j'ai bien l'audace de le faire, mais je ne suis pas certain que cela arrange la situation.


Il marque une pause. Reprend son souffle. Récupère son téléphone. Le fixe. Comme s'il avait besoin de distraire son attention et de s'éloigner de la mienne. En attendant je commande un nouveau verre. Pour lui et pour moi. Du jus de pomme pour lui et moi un autre verre, du bourbon cette fois. Je garde le silence et je le fixe. La joue appuyée contre la paume de ma main. Je me demande s'il a fini. S'il va m'écouter un peu, pour changer. Je me demande aussi pourquoi je prends tant de pincette avec ce gosse. Si je m'écoutais, je lèverai mon cul de ce tabouret et je partirai. Après une tirade courte. Un mot bien placé. Du sarcasme mal placé. Au lieu de ça je le fixe. Encore. Je me dis qu'il a peut-être besoin de dire certaines choses pour avancer. Qu'il a en peut-être encore sur le cœur. Mais je ne suis pas certain de vouloir entendre toutes ces choses qu'on aurait du dire il y a quelques années.


Et. Alors que je pensais qu'il en avait fini il me sort quelque chose qui sonne comme à un ultimatum. Il faut que je retienne encore un soupir. Des rires et des remarques acerbes. Je me masse les tempes. Je ne sais pas comment les choses ont pu tourner ainsi. Je sais que je ne suis pas très bon pour gérer les conflits ni même pour les affronter. Il me demande d'être courageux alors qu'il y a bien longtemps que je n'en ai plus. Il me demande de choisir, alors que je ne devrais pas avoir à le faire. Puisque la situation n'a rien d'aussi dramatique ou d'aussi sérieuse qu'il faille en arriver à de telles extrémités.

Je soupir. Pour de bon. Et je demande :

- C'est bon ? T'as fini?

Le barman arrive et verse un peu de bourbon dans un verre et du jus de pomme dans un autre. Je dis :

- Doucement avec l'alcool. Tu vas finir par te retrouver sous le comptoir. Et ça me ferait chier de devoir te raccompagner chez toi.


Je m'imagine très mal le traîner jusqu'aux portes de l'académie. Bourré. Et moi aussi. Mais moins. Surtout que j'évite de m'approcher des grilles, habituellement. Seulement voilà. À l'allure où il vidait ses verres, je n'allais pas tarder à devoir le porter. Je tapote le rebord de mon verre.


- Je n'ai pas dit que je ne voulais plus te voir. Ou couper les ponts avec toi. J'attrape, désinvolte mon verre et je bois une gorgée. Lent. Exagérément lent. Il faut que je prenne le temps de réfléchir à ce que je vais dire et comment l'amener pour éviter une nouvelle crise. Je dépose le verre sur la table et je continue, prudent.

- Je ne sais pas ce que tu attends de moi. Je ne suis pas un très bon ami. Peut-être un pire amant. Tu veux qu'on passe à autre chose ? Je suis d'accord. Depuis le début. C'est pas compliqué.

Je n'en dis pas plus. J'essaie de retrouver un peu ce que j'aurai aimé lui dire, quelques instants plus tôt. Mais l'alcool que j'ai ingurgité m'obscurcit un peu l'esprit et je peine à retrouver mes mots. Je dis :

- Je suis pas non plus le meilleur voisin de comptoir. Je dépouille les porte-feuilles de ceux qui s'endorment sur le comptoir. J'aime pas non plus les conflits, mais ça tu le sais déjà, quand ça me plaît pas je me casse. Je sais pas trop d'ailleurs pourquoi je suis pas encore parti en fait.

Je soupir et je vais ébouriffer ses cheveux, pour essayer de le détendre un peu. Ou c'est peut-être moi qui suis trop sur les nerfs. Je retrouve un sourire quand je lui dis :

- ça m'a fait plaisir de te revoir. Et je suis sincère. Malgré les mots injustes et mes remarques sarcastiques ça m'a fait plaisir. Je sais pas pourquoi ça sonne un peu comme un au-revoir. Ni pourquoi je lève mes fesses de ce fichu tabouret, à cet instant. Alors que la journée n'est même pas fini. Que le crépuscule tard toujours à tomber. Que je m'ennuierai sans doute à peine sorti de ce foutu bar.

- Je veux pas trop te pourrir ta soirée. Il faut bien justifier ma fuite. Je paie mes verres. J'en laisse un peu plus sur le comptoir pour payer les siens. Je ramasse ma chemise sur le sol et au passage j'extirpe le portefeuille de mon voisin . Foutue soirée. Je fixe le coin de la salle, en quête d'une table sur laquelle m'échouer. Je vais m'installer sans regarder en arrière. Je sors un paquet de carte de mes poches. Je me sens pas très fier. Parce que j'aurai peut-être du me casser de l'Odyssée. Seulement voilà. Contrarié ou pas je reste un homme ennuyé et lassé et qu'il n'y a guère d'autres endroits où je pourrai m'échouer. Je le fixe une dernière fois avant de baisser la tête sur mes cartes. Je distribue.


La vie est faite d'opportunités qu'on passe son temps à saisir ou ignorer.

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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   06.08.15 17:20




Confidences sur papier.

Si tu me provoques je te mords.



Il y avait des fois où l'on perdait le cours de ses pensées. Il y avait ses fois où on se laissait aller à de simples pulsions, perdant tout contrôle sur ce que l'on faisait ou encore disait. On ne se rendait compte de ce que l'on faisait qu'une fois le silence pesant, prenant place derrière des mots qui n'auraient jamais dû être. L'air rentra dans ses poumons après qu'il ne se soit correctement exprimé et il réfléchissait encore, cherchant à savoir s'il avait des choses à rajouter. Il aurait pu se taire, Ophiuchus avait cherché à le calmer, il disait avoir compris ce qu'il tentait de lui dire mais il avait continué entre deux bouffées d'air. L'Aer avait tout dit mais dans ce cas, pourquoi est-ce qu'il se sentait si insatisfait de ce qu'il avait pu commettre ? Cette impression lui dévorait la poitrine, remplaçant l'exaspération qui trônait depuis plusieurs minutes déjà. Une nouvelle morsure sur les lèvres, regard détourné, soupire retenu, baffe évitée. Le silence en disant beaucoup plus que ce qu'il aurait pu lui répondre. Chaque seconde se transformait en minutes et chaque minute éteignait le feu brûlant encore dans ses veines. Ce feu qui l'avait jadis poussé à dire tout ce qui lui passait par la tête, sans aucun filtre, sans aucune considération pour ses sentiments qu'il était prêt à blesser au prix de ce qu'il pensait être juste, pour lui: Si tu as envie de couper les ponts, si tu n'as plus envie de me voir dis-le tout simplement. Risible. Stupide. Idiot. Idiot. Peut-être avait-il cherché à le blesser tout comme lui l'avait blessé ? Peut-être qu'il s'énervait parce qu'il savait qu'en restant près de lui les souvenirs reviendraient. Idiot. Allait-il le regretter à présent ?

— Oui j'ai fini, maintenant.

Maintenant il réfléchissait. Maintenant il se rendait compte de ce qu'il venait de lui balancer. Maintenant... le regrettait-il ? Le blond passa pour la deuxième fois une main sur son visage, un deuxième verre se joint au premier, remplis d'un liquide jaune orangé qui l'étourdit légèrement tant il paraissait sucré. Son odeur le ramena sur Terre, il poussa un long soupire en venant le prendre dans sa main et en l'approchant de ses lèvres. Une petite gorgée passa, c'était un goût agréable, beaucoup plus doux que l'alcool qu'il devait avoir maintenant dans ses veines. Il est temps de se reprendre. Il s'était laissé aller, trop loin peut-être? Il ne buvait que rarement autant, il ne buvait que rarement tout court. Entre ce qu'il devait faire et ses clubs il n'avait pas vraiment le temps, il faisait toujours autre chose, toujours quelque chose de nouveau et cela se voyait, en vue de l'état dans lequel il était. Il avait assez bu pour dire ses choses aussi vexantes, mais pas assez pour avouer ce qu'il voulait vraiment lui avouer. Facile était la tâche de dire que le noiraud fuyait, mais lui en tant que jeune homme fraîchement sorti de l'adolescence, ne pouvait pas dire faire mieux. 

— Merci pour le jus. 

Une voix douce, sincère et légère, sa première bonne phrase de la soirée. Une des premières qu'il pensait tout autant qu'il le disait, en cet instant il paraissait être le jeune garçon qu'il avait été, si son image n'avait pas trop été entachée.  Non, il ne devrait pas boire autant, pas en étant seul et pas dans ces conditions, ce serait stupide de sa part, qui savait ce qui allait se passer ensuite. La soirée ne faisait que commencer. Elle ne faisait que commencer et il se sentait déjà comme un monstre de foire, blessant tout ce qui bougeait par des paroles trop franches. Avait-il des regrets ? Il hésitait encore à répondre à cette question. Et cela était ramené sur table, et le jongleur reprenait la discussion en disant des choses que jamais il ne l'aurait imaginé dire. C'était une sorte d'excuse ? D'aveux ? Mathys suivait sans réellement comprendre ses dires et cela le heurta de pleins fouets : Il l'avait vexé, sans doute, il le croyait. Se vengeant de ce que son esprit et son ego avaient senti comme une attaque et il aurait dû s'en sentir fier. Il avait réussi ce qu'il voulait, un petit sourire aurait dû se dessiner sur ses lèvres mais ce ne fût pas le cas.

La main du jongleur se posa doucement sur sa tête, sur ses cheveux qu'il prit le temps de caresser et ébouriffer. Un contact bien doux, agréable, capable de lui arracher un petit sourire vrai et heureux. Avant lorsqu'il était plus jeune, il lui arrivait de faire la même chose, il venait ébouriffer ses cheveux pour attirer son attention ou encore pour le calmer. C'était une caresse qui le faisait se sentir étrange, il avait pris du temps pour comprendre ses sentiments à son égard. Il pencha la tête, profitant de ce petit côté tendre pour ensuite se crisper une fois ses mots entendus.  ça m'a fait plaisir de te revoir.  Une phrase bien agréable à entendre mais qui pourtant sonnait comme un au revoir, un adieu je ne te reverrai sans doute plus. Une phrase qui le cloua sur place, tandis que le plus âgé se levait pour s'éloigner lui. Avant de partir il lui lança une phrase, une dernière sans doute. Celle qui le fit se taire et baisser la tête, dans l'espoir qu'il ne le regarde pas d'un air dégoûté ou encore énervé. Ce fût comme une baffe

Le goût de l'amertume remonta jusqu'à ses lèvres, il avait cru qu'en lui disant cela Ophiuchus serait resté ou encore qu'il allait continuer à l'embêter comme il l'avait fait depuis le début de leur conversation. C'était une phrase effet bombe qu'il avait lâché, espérant qu'il comprenne à quel point il se sentait vexé par son attitude . Alors pourquoi ce n'était pas le cas, il se sentait extrêmement stupide. Regrets. Avait-il des regrets maintenant ? Oui, il regrettait son geste plus qu'il ne se sentait fier de l'avoir accompli. L'Aer souleva la tête pour croiser une dernière fois les yeux de son aîné, lorsqu'il lui tourna le dos cela sonna comme un verdict : Il avait décidé de couper les ponts. Mathys tourna la tête puis se laissa retomber mollement sur le comptoir. Quel idiot. Il n'avait été qu'un idiot. Le voir repartir lui avait rappelé à quel point il avait eu envie de le revoir, puis de reprendre les liens qu'ils avaient, non pas en oubliant le fait qu'il s'était passé pas mal de choses mais plutôt de pouvoir... faire quelque chose de nouveau. Une amitié avec le temps. Il n'avait pas espéré qu'il l’accueille comme un ami après toutes ces années. Il venait de tout faire pour qu'il le repousse. 

Une nouvelle gorgée de jus de pomme fit le chemin le long de son œsophage, une deuxième, il avala tout le contenu du verre, le faisant ensuite glisser sur ce qui lui servait de table. Il avait besoin de réfléchir. Deux choix se présentaient à lui, il pourrait se retourner et lui courir après comme il l'avait déjà fait ou bien encore le laisser et ne plus jamais lui parler. En appliquant le deuxième choix, il était pratiquement sûr de tout laisser derrière lui un jour ou l'autre et peut-être qu'il le regretterait un peu moins. C'était tentant, mais encore une fois cela ne lui ressemblait pas. Il était trop possessif et égoïste pour cela.

— C'est vraiment un début de soirée pourri.

Sifflota-t-il entre ses dents tout en laissant de côté tout ce qu'il avait touché. Il délaissa son verre et son téléphone portable, partant à la recherche du brun. Il marcha de manière étonnamment droite pour une personne ayant déjà pas mal d'alcool dans le sang, il tituba quelques fois, soupira d'autres en se faufilant dans la foule déjà bien présente. En un regard l'on comprenait que l'heure de pointe se rapprochait à grands pas. Tant mieux, il n'avait jamais été du genre à s'excuser devant le grand public. Question de fierté. Toutefois cette fois-ci il avait de grandes raisons de le faire. Pourtant contre toute attente avant même de s'être installé à ses côtés il bloqua en le voyant dans son coin, distribuant les cartes, se préparant à se divertir d'une autre façon.

— Ophi'.

Sa voix fut à peine audible, il ricana en s'entendant et en se voyant tanguer de la sorte. C'était presque comique comme spectacle. Mathys se rapprocha de lui, venant s'installer à ses côtés, à quelques centimètres de distance cependant. Son coude se posa sur la table, il plia le bras et vint soutenir sa tête avec sa paume. Du bout de son pouce il joua avec la minuscule bague présente sur son index, montrant une certaine nervosité et réticence à prononcer quoi que ce soit. Ses prunelles dorées se détournèrent du visage du plus âgé, il lança la voix plus douce : 

— Je me souviens de t'avoir vu jouer de loin un jour, je n'ai jamais compris comment tu faisais pour jouer à ce genre de truc. Je n'ai pas osé te déranger ce jour-là.

Sa bague fut lâchée, une carte tirée, il la caressa sans la retourner, l'humeur beaucoup plus calme. L'alcool aidant pour beaucoup. 

— Ça aussi c'est un bon souvenir.

L'Aer osa jeter un coup d’œil à Ophiuchus, il laissa le silence dicter le rythme de ses mots et le bruit environnant les déranger pendant quelques longues minutes pour ensuite continuer.

— Ce que je veux dire... Je n'ai jamais été très doué pour les excuses, je vais aller droit au but. Je suis désolé Ophi', je n'aurai pas dû t'agresser de cette façon, ni encore te dire ce que je t'ai dit.

Un poids en moins, cela avait été plus facile que ce qu'il croyait. Les yeux dans les yeux, il tendit son bras, attrapant entre ses doigts une mèche de ses cheveux, admirant la couleur rouge sur les pointes de celle-ci. Souvent on confondait son côté tactile et ses gestes affectueux avec de l'amour, il n'en était rien. Cette fois-ci peut-être bien qu'il l'aimait, mais pas de cette façon-là.

— En vérité, je ne suis pas fâché contre toi, pas du tout et je ne l'ai pas été. J'ai été vexé, ça c'est sûr mais j'ai vite oublié tout ça. Je ne t'en veux pas non plus, malgré tout ce que j'ai pu te dire. Je crois que je suis le plus con dans l'histoire. M'enfin j'aurai déjà tout oublié demain.

Un rire léger sortit de ses lèvres, il ferma un œil et glissa son pouce sur la joue du noiraud, l'effleurant à peine. Mine de rien, jamais il n'aurait cru en étant plus jeune oser un jour faire ce genre de choses à celui qu'il avait placé au-dessus des autres. Les choses changeaient mais pas forcément en pire.

— Je crois que j'ai un peu trop bu, tu vas être un des premiers à me raccompagner après une cuite. Tu fais un peu le rôle de grand frère maintenant.

Histoire de remplir la discussion et faire passer le temps, l'Aer craignait qu'il ne lui pardonne pas.








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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   06.08.15 23:13

L'histoire, des années plus tard- Ft Mathys


Je me cale confortablement contre le dossier et sans attendre je reporte mon attention sur les cartes. Sept cartes dans mes mains. Une pioche à droite. Quelques cartes posées sur le centre. Un jeu solitaire qui consistait à réunir les carreaux, les piques, les trèfles et les cœurs. Divertissant. Le temps d'une partie, au moins. Les joueurs de poker n'étaient pas encore arrivés. Je n'étais toujours pas certain de ce que j'allais faire le reste de la soirée. Déjà. Je savais ce que je n'allais pas faire. Comme. Je n'allais sans doute pas retourner du côté du comptoir. L'autre type pouvait très bien se réveiller à peine plus sobre certes, assez pour venir récupérer son fric et ses papiers. Et puis il y avait toujours Mathys, là-bas. Et le barman. Enfin. Je ne m'étais pas retourné pour savoir s'il était resté et je m'en contrefichais.


Ce n'était, du reste pas si compliqué. Il suffisait de distraire son attention et de la comblée, en forçant mon intérêt pour le jeu. Je me défais d'une carte pour la mettre dans le fond de la pioche. J'en prends une autre. Roi de cœur. Je le pose sur le centre. Faudrait que je trouve quelqu'un, ou du moins, la chemise de quelqu'un. Je fixe un instant la mienne, posée sur le rebord. Une odeur désagréable de vin vint agresser mon nez. Je soupire. Encore. Me renfrogne. Les gosses. Ça avait le don de faire de sacrées conneries. Quand même. Je dépose un valet sur ma reine de pique. J'ai le gosier un sec. Je cherche des yeux mon verre de bourbon. Je me rappelle que je l'ai laissé sur le comptoir. Alors je grogne. Je jure.

- Fait chier.


Parce que ça me faisait vraiment chier. Me restait plus qu'à attendre. Ou espérer qu'une serveuse traîne ses fesses jusqu'à ma table. La plus isolée du bar. Parce que plus près, ça m'aurait tué. Je pioche. Troque un deux de trèfle contre un as. J'ose un regard vers le bar, le doigt sur le coin de la carte et je le vois venir. Très droit et presque solennel, ce qui est un exploit, quand je repense aux nombres de verres qu'il a ingurgité en quelques secondes. Je regarde autour de moi, comme si j'allais pouvoir deviner sur le visage des quelques clients s'il les connaissait où s'il allait véritablement s'encrer à ma table.


Je le vis articuler, sans pouvoir malgré tout entendre ce qu'il venait de dire. Peut-être quelque chose de drôle puisqu'il se mit à rire, une seconde et demie plus tard. J'ai un sourire compatissant. Le sourire d'un homme encore trop sobre pour rejoindre l'euphorie ivre des autres. Il s'installe. Je repose mes cartes et je me fais attentif. Je ne sais pas trop ce qu'il me veut. Je me rapproche du bord subrepticement, près à décamper définitivement si c'est pour me refaire une crise. Il s'accoude. La joue contre sa paume. Je le regarde et je détaille tout. De ses iris fuyantes à ses gestes nerveux. Il semble calme. Plus calme qu'il y a encore quelques minutes. Je me détends un peu, même si sa nervosité me contamine et me fait poser mes cartes avec moins d'assurances. Je ne crains rien, des mots ou des gestes, je n'aime simplement pas l'attente et le silence dans lequel il me plonge et me force à me cantonner.


Il bouge, soudainement, attrape une carte. Sans la retourner. Il esquisse un sourire et commence à me confier un souvenir. Moins que ça. Il a pas l'air de vouloir élever la voix. Je tire moi-même une carte. Attentif. J'écoute, même si j'ignore de quel jour précis il parle. Puisqu'ils sont trop nombreux les jours que j'ai passé à jouer. À parier. Je n'ai jamais remarqué qu'il m'observait, même quand on ne se parlait pas et qu'il ne traînait pas dans mes pattes. Peut-être voulait-il que je m'en sente flatté. Mais tout cela est à des années lumières d'aujourd'hui. Je pose mon as. Je ne sais pas quoi répondre. Ou peut-être que si. Encore du sarcasme et des moqueries. Légères, comme à mon habitude. Je n'ai pas envie pourtant de le voir agacé, car son agacement m'agace et ses éclats de voix m'usent trop facilement contrairement à ses confidences. Alors c'est le silence que j'installe à mon tour ou presque.


Il commente, ensuite. Me dit que c'est un bon souvenir. Je n'ai pas de peine à le croire, même si pour moi il paraît un peu insignifiant. Il retrouve le silence, comme s'il voulait se rappeler un peu de ce fragment du passé, comme on repense à un trésor. Les yeux perdus quelque part sur mon visage. Je fais mine de ne pas en être affecté. Agacé ou réjouit, du reste. Puisque j'ai été le premier à dire que je ne voulais pas vraiment parler du passé. Je dépose entre deux soupirs silencieux un dix et une reine.


Les minutes s'écoulent. Lentes. Je fixe à la dérobée la carte qu'il tient toujours. Je me demande s'il attend que je m'exprime à mon tour. S'il attend que je partage, moi aussi, un souvenir cher de cette époque lointaine. Je tapote le rebord de la table. Je pourrai. Il m'en reste quelques uns, je dois dire. Ce n'est pourtant pas comme si je voulais en parler. Je ne saurai comment les décrire. Ni quelle expression aborder. Un sourire nostalgique ? Un soupir ? À vrai dire je serai bien incapable d'y mettre autant de bons sentiments. Puisqu'il ne s'agit pour moi que d'anecdotes et rien de plus. Les adultes sont bien plus cruels que les enfants.


Finalement il ouvre la bouche et se lance, un brun de fierté dans le timbre, dans des excuses inattendues. Je relève la tête, cherche à retrouver deux yeux miels. Droits et sincères. Je suis bien incapable d'esquisser le moindre mot. La moindre expression. Je lève les deux mains et je tente :

- C'est bon, t'excuse pas d'accord ?

Je n'en demande pas tant. Je ne demande rien, à vrai dire. Je me masse les tempes. Bien moins enclin à me répendre en excuse. Il attrape les mèches de mes cheveux entre ses doigts, comme s'il avait besoin de soutenir ses mots. D'apaiser mes protestations ratées. De tout effacer avec un semblant de tendresse familière. Et c'est dans sa manière de se comporter à cet instant précis que je me rends vraiment compte qu'il a grandi et qu'il n'a plus rien de l'adolescent fluet que j'avais connu plus jeune. Il a changé. Il semble être devenu plus fier. Peut-être aussi têtu, mais moins inconscient. Inconsidéré.


Il s'épanche un peu plus encore sur la dispute qu'il tente d'exorciser depuis le début. Me partage ses états d'âme sans sourciller. Trop franc. Je me pince les lèvres. Je ne sais pas si je serai un jour capable de faire preuve d'autant de franchise. De partager, l'air de rien un peu de moi, un peu de mes sentiments. Négatifs comme positifs. Sans jamais chercher à fuir. Je n'en ferai rien. Je le sais. Je n'ai pas l'habitude de parler de moi. De partager, sans craindre de le faire, mes vexations, mes colères et mes peines. Comme mes joies et mon bonheur.


Les gens francs m'impressionnent. Comme ils impressionnent les hypocrites, qui comme moi s'adaptent, trompent, cachent et se moquent des gens honnêtes. Et sans doute que je vais rire de sa franchise. Lancer une autre boutade l'air de rien. Parce qu'il y a trop de couardises à la commissure de ma bouche que je ne manquerai certainement pas d'étirer dans des sourires tissés de mensonges. Je déteste les gens trop francs. Je n'aime pas non plus être pardonné, puisque j'ai les excuses en horreur et que je préfère encore qu'on souffre mille ans encore des mots que je jette au vent. Pour que je sache qu'ils ont compté suffisamment pour qu'on s'en vexe et qu'on en devienne furieux. Je me pince les lèvres. Peut-être que finalement j'aurai vraiment du partir. Pousser cette foutue porte. Je ne sais pas ce que je vais faire de son pardon et de son absolution puisque j'ai essayé de l'esquiver et de le repousser tout du long pour qu'on évite d'en arriver là.


Je pose mes cartes sur la table. Hèle la serveuse pour qu'elle m'apporte à boire. N'importe quoi. J'ai soif de médiocrité. Lui il rit parce qu'il a trop d'ivresse dans les yeux. Que les gens biens parlent trop facilement de sentiments et de pardons. Demain il s'en souviendra pas. Moi je m'en souviendrai. Sauf si la serveuse se téléporte du bar avec une bouteille et un verre que je puisse boire de tout mon saoul mauvais comme je suis et comme j'ai envie d'être. Ce qui n'arrivera pas parce qu'elle a bien trop de commande sur les bras pour me l'apporter aussi vite. C'est sûr que demain je vais m'en souvenir et je vais m'en sentir mal, parce que je ne suis pas capable de dire simplement que je suis désolé, moi aussi. Peut être parce que je ne le suis pas vraiment, même si j'ai assez d'élans coupables sur le bout de la langue pour être certain que non. Quand il passe son pouce sur ma joue, je sursaute et me renfrogne un peu, comme s'il était capable de lire dans mes pensées. Comme s'il savait que je ne pourrai jamais m'excuser moi et qu'il me pardonnait pour ça, aussi. Ou bien c'est simplement l'alcool et son audace qui donne autant de courage à ses phalanges.


Je donne un petit coup sur son poignet pour l'écarter de mon visage, en claquant le bout de ma langue contre mon palais. Un peu mauvais. Peut-être trop agacé. Je ramasse mes cartes, pendant qu'il m'explique que je vais devoir le raccompagner. Parce qu'il a trop bu. Qu'il s'attend toujours à ce que je le materne un peu. Je proteste :


- Déjà ? J'ai même pas encore envie de vomir. Je suis certain que toi aussi et que tu peux tenir encore quelques verres. Et puis il est hors de question que je m'approche de Dandelion. Si je dois te ramener ce soir je te laisserai décuver en compagnie des fauves de Pisces.


Je ris, même si je suis sérieux quand je dis que je ne m'approcherai pas de Dandelion. J'évite, en général de le faire et quand le cirque s'arrête en ville je me contente de rester aux alentours du parc et des commerces de la ville. Je sors le portefeuille que j'avais emprunté tout à l'heure. J'en ressors les billets et les pièces que je glisse négligemment dans ma poche. Je me lève. Retourne près du comptoir. Je vérifie l'état du soiffard. Il n'allait pas se réveiller avant quelques temps. Je fais mine de ramasser quelque chose par terre. Un portefeuille, je m'exclame, avant de le confier au barman gentiment. Ainsi j'étais certain qu'on m'accuserait pas d'avoir la main un peu leste… Je commande au passage une bouteille. Deux. Un peu de cidre pour le gamin et de la tequila pour moi.


Et me voilà de retour avec mes deux bouteilles. Et des verres. Enfin un. Parce que c'est tout ce que j'ai pu rapporter du comptoir. L'autre avait fini par se fracasser sur le sol à cause d'un mouvement d'épaule trop brusque d'un des clients. Je dépose le tout sur la table et je m'installe.


- Assez parler de tout ça. Voilà de quoi fêter ces … retrouvailles. Par contre, y'a qu'un verre, faudra faire avec.

Je lance. Je ne sais pas si on fête ce genre de chose, je sais simplement que ma gorge est restée sèche trop longtemps et que nous avions bien trop versé dans le sentimentalisme ce soir. Enfin lui. Que j'en suis encore contrarié. Et surpris. Je me verse un premier verre de tequila que j'avale d'un coup. L'alcool me brûle le gosier et picote désagréablement le coin de mes yeux. Je préfère les spiritueux, mais les bouteilles sont bien trop chères. Même les plus mauvaises. Et que la tequila est une bonne alternative au vin bon marché.

- Et tu sais ce qu'on dit ? C'est toujours le plus bourré qui paie à la fin, alors j'espère que t'as les entrailles bien accrochées. Je t'ai quand même pris un peu de cidre si tu trouves que la tequila c'est trop fort pour toi.

Je ricane, pour le provoquer gentiment. Je lui sers un verre. Tequila pour lui aussi et je le pousse vers lui du bout de l'index.


- Et peut-être que tu vas me la filer, ton pull, avant la fin de la soirée.

Je me cale contre le siège et je sors mon téléphone pour vérifier l'heure. À peine plus de 21 heures. J'espérais tenir le rythme quelques heures encore. Mais si le silence s'éternise je serai bien obligé de boire plus que de raison pour le combler d'une manière ou d'une autre. Je tente, prudemment :


- Sinon pourquoi t'es venu te perdre ici ? Pas que ça m'intéresse vraiment, tu me diras, t'avais juste l'air contrarié en regardant ton téléphone.


Je ne m'attendais pas à ce qu'il me réponde. Je n'en espère pas tant, alors je rajoute :

- Si tu veux pas répondre t'es pas obligé. Parce que c'est comme ça que je les esquive, moi, les questions embarrassantes. Si tu veux m'en poser, tu peux. Peut-être que je te répondrai si tu me jure que tu te souviendras de rien demain matin. Parce que moi je crois bien que je vais boire jusqu'à trouver des étoiles ivres dans le fond de ses yeux. Et dans les miens aussi. Parce que c'est encore ce qu'il y a de mieux à faire, dans un bar. Boire. Rire. Oublier. Tout pardonner.
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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   10.08.15 17:49




Confidences sur papier.

Demain tout sera oublié.



Il y avait la joie dans ses mots. Il y avait des étoiles dans son regard brun miel, disant qu'une fois pour toutes il venait de faire une bonne chose, que finalement il ne s'en sortait pas aussi mal que cela. Cependant il y avait aussi un certain doute, il était humain, comme tout humain il lui arrivait d'avoir des moments de doutes plus ou moins grands. Mathys avait beau faire en sorte de sourire et de faire semblant qu'ils n'existaient pas, il n'était pas une muraille infaillible, bien au contraire. Il patientait dans le silence, cette fois-ci sans s'imaginer un quelconque scénario, faisant en sorte de ne pas être plus inquiet que cela, pourtant il l'était. Tandis que son pouce s'attaquait et venait flatter la peau de sa joue, ses deux billes plus brunes que dorées firent en sorte de le fixer, le voyant s'écarter légèrement de lui. Il n'était sans doute pas habitué à ce genre de contact de sa part, jamais il n'avait fait en sorte de le toucher, pas de cette façon. En grandissant il avait développé ce besoin de toucher en plus d'être touché, d'un contact même minime, si ce n'était que pour partager la chaleur de son corps.

Ophiuchus le repoussa d'un geste de la main, claquant sa langue contre son palais l'air de dire qu'il n’appréciait pas ce geste, le blond lui répondit avec un rire, prenant cela sur le ton de la plaisanterie avant toute chose. Il reprit sa main, réfléchissant sérieusement à l'éventualité de boire un peu plus. L'alcool qu'il avait bu n'était pas assez pour qu'il se sente réellement ivre, la chaleur montait dans son corps et dans ses veines, toutefois il parvenait encore à marcher correctement. En buvant un peu plus, il était persuadé de tout oublier le lendemain, mais serais-ce une bonne chose ? Mathys secoua la tête, faisant voleter des courts cheveux blonds et tinter sa boucle d'oreille. Qu'importait, demain n'arriverait peut-être jamais, c'était ce qui se passait à l'instant qui avait réellement de la valeur. 

— Bon d'accord, pour te faire plaisir et puis je n'ai pas encore assez bu pour tout oublier. Hey ! Je n'ai pas envie de passer ma nuit avec ses fauves, l'un d'eux a une gueule tellement grande qu'il pourrait engloutir toute ma tête. 

Ses mots furent lancés sur le ton de la plaisanterie, il fit semblant de tirer la tête, pinçant délicatement ses lèvres pour ensuite éclater de rire. Dans le fond, il les aimait bien ces gros animaux. Ils avaient une certaine malice dans les yeux, tout du moins la dernière fois qu'il les avait vu.  Désormais il ne savait plus trop comment ils se portaient, comme le cirque se portait. Sa dernière expérience à l'intérieur datait de plusieurs années déjà. Cependant tout devait aller pour le mieux, lorsqu'il était plus jeune il avait cru comprendre que tous ceux qui travaillaient là-bas étaient comme une famille. Le blond esquissa un petit sourire. Longtemps il avait jaloux d'eux, parce qu'ils pouvaient passer autant de temps qu'ils le voulaient avec le jongleur. Caprice de jeune enfant, il l'avait cru au début mais pourtant malgré les années sont côté possessif était toujours présent. Plus avec lui, mais avec d'autres. 

C'est ancré dans ton caractère.

Il ne pourrait l'arracher même s'il le désirait, puis il ne le désirait pas. L'Aer regarda du coin des yeux la scène, suivant du regard ses doigts prenant les billets dans le porte-monnaie et les mettant dans sa poche. En temps normal il aurait dit quelque chose, concernant le fait qu'il le voyait vider son porte-monnaie devant ses yeux. Pour finir Ophiuchus avait tout payé à sa place et il ne parlait pas que de la facture des boissons mais aussi de toute la frustration qu'il avait accumulé pendant tout ce temps. Tu devrais le remercier.. Sans doute le devait-il, lorsqu'il repointerait devant lui et s'assiérait à ses côtés. Sa main se glissa dans sa poche, il tâta le vide pendant plusieurs minutes pour ensuite réaliser qu'il n'avait pas pris son téléphone sur un moment d'anticipation. Un soupire. Encore un. Tant pis, il n'aurait plus qu'à trouver le courage de se relever.

Il serait plus heureux sans cet objet près de lui. Il le liait d'une forme bancale à la jeune fille qu'il avait laissé, il ne voulait pas lui parler, ni en cette soirée ni dans aucune autre pendant un moment. La voir et ensuite lui parler serait lui accorder encore un espoir, rassurer son cœur qui finirait par être remplis de déception lorsqu'elle se rendrait compte pour de bon qu'il ne l'aimait pas. Il préférait être le monstre le temps d'une soirée, histoire qu'elle puisse vite l'oublier et finir moins blessée. Se donner le bon rôle encore une fois. Quel gros égoïste il faisait. Mathys pencha sa tête sur la gauche, puis sur la droite, venant craquer sa nuque, aussitôt surpris de retrouver son ami avec deux bouteilles d'alcool dans les bras. Il sourit et attrapa le verre afin qu'il n'ait pas les bras trop chargés, lançant d'une voix légèrement ronronnante tant il semblait être ailleurs :

— Merci Ophi' pour les verres et tout le reste aussi.

Sa franchise pouvait être utile dans ces cas là, quoique c'était plutôt de l'honnêteté, il s'avérait qu'il pouvait être honnête, lorsqu'il le voulait. En tant que tout bon curieux, il prit le temps d'observer les deux bouteilles, attentivement, la bouteille de cidre entre les pattes et un œil posé sur le liquide qui fût bientôt consommé par son camarade. Un coup d’œil en plus, il le fixait comme s'il cherchait à savoir si le brun se rapprochait de l'ivresse. Ce serait étonnant que ce soit le cas. Dans ce combat il était presque sûr de perdre, mais jamais il ne lui faciliterait la tâche, ce serait très mal le connaître. En plus de son entêtement il avait toujours eu cette manie de chercher des défis et de défier le monde, il aimait le compétitions et même s'il s'avérait qu'il perdait quelque fois, il se contentait de faire semblant de bouder. Mathys ricana à nouveau.

— Alors accroche-toi bien grand frère parce que je ne compte pas perdre. Tu te soucies beaucoup trop de moi, je peux tenir la tequila. 

Je crois. Derniers mots qu'il ne susurra pas, trop fier pour pouvoir avouer ce genre de faiblesse. Il n'était pas sûr non. Ni de tenir plusieurs verres ni que l'alcool ne serait pas trop fort pour lui, c'était bien pour cela qu'il acceptait. C'était l'occasion de tenter de nouvelles choses quitte à passer la prochaine journée avec une migraine magistrale. Les risques d'un tel amusement disons-le. Le verre remplis de tequila fût poussé vers lui, il l'attrapa d'un habile coup de poignet, l'emmenant vers les lèvres et tentant de tout avaler d'un coup. Résultat à moitié obtenu. Il avait presque réussi à tout avaler, presque. Le liquide roula sur sa langue, il pu goûter au goût extrêmement fort pour quelqu'un qui n'avait pas l'habitude comme lui. Mathys grimaça, plissant les yeux et affichant un air boudeur, imperceptiblement sa tête se tourna légèrement vers la droite, signe qu'il tentait d'éloigner cette boisson de ses papilles. Le liquide lui brûla la gorge, il ferma les yeux, quelques secondes à peines et le « supplice » passa. L'Aer poussa un soupire soulagé, déposant le verre presque fini sur la table, fixant l'autre jeune homme à mi-chemin entre la curiosité et l'amusement. 

Pendant deux longues minutes il le darda du regard, fixant son torse dénudé sans aucune gêne, sans y mettre aucun commentaire, bien qu'il aurait pu afin de l'embêter un peu. Son cou fin, puis sa peau légèrement plus claire ou bien plus hâlée, difficile pour lui de dire. Ophiuchus avait développé de la musculature, il prenait enfin le temps de le voir. Son pull. Le blond se mordit l'intérieur de la joue, paraissant réfléchir à la question alors que la réponse était déjà toute trouvée. Mathys fit sauter un à un les boutons de son pull de sport américain noir, il le ôta sans plus de remarques et le posa sur les épaules du jongleur. Il en aurait plus besoin que lui.

— T'as gagné, je te le passe.

Le blond s'avouait vaincu pour cette fois-ci, histoire de lui faire plaisir un moment. Lorsqu'il releva les yeux il se surprit à rire en le voyant porter ses vêtements. Pas que cela ne lui allait pas, il était juste très peu habitué à le voir porter ce genre de choses.

— Si on m'avait dit un jour que tu porterais un de mes vêtements semi-bourré...

Il riait, pas de manière méchante, se penchant un peu plus sur la table et plissant un peu les yeux. Le temps passé avec lui n'était pas désagréable. - Sinon pourquoi t'es venu te perdre ici ? Une phrase bien innocente, plaisante mais qui lui ramena à lui aussi des interrogations concernant sa décision. Aussi rapidement que sa main avait déposé le verre sur la table elle vint le reprendre. Ses deux billes brun miel se baissèrent en fixant l'objet transparent face à lui, il tenta une réponse, la voix très peu audible. Comme si tout cela était un secret que seul lui pouvait savoir. Il ne désirait pas étaler à sa vie à toutes les personnes présentes, ce soir.

— J'ai l'air préoccupé ? Et bien... je me pose aussi la question du pourquoi je suis venu, ici spécialement. J'avais besoin de me changer les idées. 

Un premier essai pas trop mal, détourné de la question réelle qu'il tenta d'aborder. Les dernières gorgées de tequila présente dans son verre furent entamées et finies. Il porta un regard attentif, moins rassuré encore qu'il lui permette d'éviter cette question. En le lui permettant il lui offrait une nouvelle fois le droit au doute. Il n'aimait pas cela. 

— Tu étais dans une bonne voie en disant peine de cœur, mais ce n'est pas moi qui l'ai. Je lui ai fait comprendre que je ne l'aimais pas de la manière dont elle m'aimait. J'ai cru qu'elle avait compris mais avec ses messages je vois que ce n'est pas le cas.

Son sourire vrai se fana, il tenta de l'enfiler une nouvelle fois. Résultat échoué. 

— Mais il faut voir le bon côté des choses, je comprends ce que tu as ressenti maintenant. 

Parait-il. Il ne voulait pas s'attarder sur le sujet, ni encore lui montrer que cela l'atteignait. Il avait beau ne pas l'aimer, il ne pouvait s'empêcher de compatir. Un petit cœur tendre dans le fond.  Le temps n'était pas à réfléchir à tout ce qui pouvait entraver sa bonne humeur mais plutôt de chercher à ce qui pourrait ramener les étoiles dans ses yeux. Faire le tri attendrait. L'Aer ne le regarda pas tout le long de ses explications, sa voix monotone, il semblait se raconter à lui-même cet événement, faisant abstraction des personnes autour, si ce n'était le brun. Le verre fut reposé, il le chargea à nouveau de tequila se demandant ce qu'il aurait bien pu lui poser comme question. Son esprit était flou, les questions sortiraient vagues, peut-être même sans aucun intérêt. 

— Tout de ce qui se dira ici sera oublié, pour ma part en tout cas. Tu penses pouvoir en faire autant ? Quoiqu'il en soit, je crois que je vais vraiment devoir me lever pour aller chercher de téléphone, je reviens. 

C'était un accord commun, un promesse muette qu'il tenterait de maintenir. Ne rien retenir, ne tenir compte de rien. Le jour levant il devrait oublier tout ce qui avait été dit, tenter de le faire en tout cas. Son corps se redressa lourdement, il tangua vers l'avant et se rattrapa sans trop de mal sur la table, une main passa sur ses cheveux blonds, il tourna les talons sans aborder aucune mimique sur son visage. Au fil de ses pas il croisa les visages las et fatigués, puis euphoriques des personnes déjà présentes avant lui, bien avant si on considérait leur état d'ivresse. Il y avait toute sorte de gens, des personnages en âge avancés aux jeunes filles serveuses. Aucun enfant heureusement, mais aucun visage connu également. C'était plaisant de ne connaître personne. La garçon à la chevelure plus claire s'avança jusqu'à pouvoir atteindre le comptoir, il trouva là son petit téléphone portable, intacte, dans la même position qu'il l'avait laissé. En tendant la main il pu le récupérer et pouvoir ainsi le ranger dans sa poche par la suite. Habillement il évita les bouts de verres traînant encore au sol, revenant tout sourire vers le jongleur.

Il ne s'assis pas, venant tout de même se placer à ses côtés, débout et se pencha sur la table pour faire glisser le verre plein jusqu'à Ophiuchus. Le jeune blond tourna la tête, les prunelles brillantes de malice, quoiqu'un peu embrumées par l'alcool ingurgité. Sa voix plus assurée résonna dans ses propres oreilles.

— Confidences pour confidences, c'est à ton tour. Vu que je pense que tu ne voudras pas me répondre, je pose ça comme un défi. Cap ou pas cap de boire ce verre et de me dire la raison pour laquelle tu es ici et pourquoi tu as l'air un peu dans la lune ? A moins que tu ne sois ici uniquement pour me voir, hm ?

Son esprit toujours aussi enfantin ne cessait de le pousser à rajouter toujours plus de défis dans sa vie. Dans ses yeux on y vit le reflet des mèches rouges du brun, il pourrait encore refuser de lui répondre, il ne tiendrait pas rigueur. Ils étaient là pour s'amuser, rien de plus ni de moins.








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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   14.08.15 20:15

L'histoire, des années plus tard- Ft Mathys


Il vide son verre. Je le regarde faire, un sourire mutin sur les lèvres. Je penche la tête quand je vois ses yeux se plisser. Ses lèvres se pincer quand l'alcool descend lentement le long de son gosier. La tequila c'est pas comme le vin. Ça crame la bouche. Désinfecte la gorge. C'est pour ça qu'on boit ça dans un shooter. Parce que c'est fort. Ça vous fait vite tourner la tête. Avec ce qu'il venait de s'enfiler, je pourrai jurer voir déjà danser dans ses yeux les étoiles de l'ivresse. Je crois même que je pourrai peut-être en décrocher une ou deux si je m'aventurai sur le coin de ses cils pour saisir de petites perles salées. Je m'abstiendrai, pourtant.


Je m'abstiendrai parce que cette complicité peut être mal interprétée. Je m'abstiendrai aussi puisqu'il y a eu trop de distance entre nous pour qu'elle n'en reste qu'anodine. Pas le premier soir. Même s'il n'y en aura sans doute pas de deuxième. Je hais la monotonie et je préfère que mes jours et mes nuits se suivent sans se ressembler. Qu'il y ait un semblant d'instabilité dans ma vie. Puisque je sais que l'ennui me nécrose. Me ronge la peau avec la même application que l'acide. J'ai pourtant l'amusement facile. Un rien fait briller ma rétine. Occuper mes mains. Je peux même aller caresser des peaux du bout des lèvres, par ennui et par nécessité de combler, peut-être, un peu de la nuit. J'aime aussi le médiocre et l'insipide aussi ma bouche ne fait pas la difficile quand on en vient à m'offrir à boire. J'ai l'attention facile, mais le plus difficile est de le garder, plus d'une heure. D'une minute parfois. Trop capricieux.


Je n'esquisse donc qu'un sourire et je ricane. Je tapote son épaule lorsqu'il finit par reposer le verre sur la table et que sa tête ne se résume plus qu'à une grimace. Ne restait plus alors qu'entre nous le silence et un sourire. Le sien. Le mien. Qu'importe. Ses iris me fixent, se perdent quelque part entre mon front et mon menton. Ou sur mon torse, qui sait. J'ai l'habitude d'être regardé. Simplement parce que je m'exhibe souvent sur scène plus que par narcissisme, même si je me sais attirant et que je n'aurai pas l'audace de le réfuter. Il y a trop peu de couleur sur les pommettes des gens. Sur les mienne il y a un peu de safran, peut-être un peu de cannelle, des couleurs chaudes qui fascinent et qui invite au voyage. Il est alors facile d'inventer, au détour d'un verre que je suis en réalité un prince du désert chassé de son foyer à cause des monstres qui lézardent le monde. Les gens aiment l'exotisme et le mystère et je suppose que c'est ce qu'ils voient et aiment chez moi. Alors qu'il ne s'agit que d'une simple histoire de lignage et s'il y a jamais eu du mystère dans ma vie je ne crois pas m'en souvenir. Aussi je ne suis pas offusqué quand je constate que les secondes s'étirent et qu'une minute passe, suivit d'une deuxième. Je retiens une autre remarque graveleuse et j'attends qu'il se décide à briser le silence, avant la troisième minutes. Parce que sinon il me faudrait remplir les secondes avec un peu de sucre et de pomme, avant que ma bouche ne le pousse trop loin dans ses retranchements. Encore une fois.


Je ne suis pas du genre à prendre des pincettes avec les autres. On peut même dire que j'ai la moquerie et le sarcasme facile. Même s'il m'arrive encore d'être mielleux et félin quand cela m'arrange. Et que je mens sans doute plus souvent que je n'expire. Le genre de personne que je côtoie font souvent de même, après tout. Je n'ai donc généralement pas à me soucier de mes mots et de leur portés. J'esquisse des phrases. Des moqueries. Des plaisanteries mutines. Je flirt quand je le veux comme j'insulte. Il faut dire que je ne projette jamais plus d'une soirée avec mes compagnons de beuveries. Sauf que je n'y arrive pas avec lui. Parce qu'il est un fragment du passé qui m'a peut-être trop admiré. Ou qu'il reste encore des vestiges d'affection quelque part en moi. Ou que j'ai bien trop de pitié et si c'est le cas je dois pas la laisser transparaître car la pitié est toujours mauvaise et que je n'aimerai pas qu'il en vienne à être furieux. Quoi qu'il en soit, je ne suis plus très loquace. J'évite de me lancer dans une discussion qui pourrait au final s'avérer trop tumultueuse. Je ne sais jamais jusqu'où pousser la plaisanterie. Je ne sais pas quel mot pourrait éventuellement le blesser. Ou provoquer ses fureurs. En réalité, je crois que j'ai peur qu'il ne m'explose au nez, à la figure, parce que j'ai l'impression de me tenir si près de lui qu'il pourrait me blesser affreusement si c'est dans mes mains qu'il se rompt et qu'il se brise.


Je suis précautionneux quand je m'adresse-ou quand j'essaie de le faire- à lui. Je suis prévenant et je me fait inquiet. J'évite d'être condescendant. J'essaie de rester évasif pour ne pas qu'il se livre plus encore. Trop. Et que toutes ces confidences je ne sois pas capable de le retourner. Je trouve même qu'il s'excuse trop pour un gosse à la fierté envahissante. Je hausse un sourcil quand il commence à enlever les boutons de son pull. Je le regarde faire, aussi je tends la main quand il me le tend. Je l'enfile, un air indéfinissable sur le visage puisque je pense qu'il y a trop de surprise, de moquerie, de déception,  et peut être même quelque part un peu de liesse puisque j'aime sortir victorieux d'un échange et obtenir ce que je veux. Je ne suis par contre pas certain des raisons qui le poussent à me le donner et après tout je crois bien que je m'en fous un peu. J'enfile le pull, enfin, veste serait peut-être le mot exact. Il me regarde encore et me lance une connivence à laquelle je réponds, presque immédiatement :

- Eh ! Je ne suis pas encore semi-bourré. J'étire les manches et je ferme quelques boutons. Ce n'est pas exactement le genre de fringue que j'ai l'habitude de porter, cela dit. Je trouve encore à redire, mais j'aime protester et cela ne changera pas.


Il tente de m'expliquer, gauchement, ce qu'il vient faire ici. J'écoute d'une oreille distraite. Parce qu'il dit quelque chose que je sais déjà. Tous les clients de l'Odyssée viennent pour changer d'air et se distraire. Aussi je n'insiste pas puisqu'il me semble qu'il n'a certes pas envie d'en discuter. Il finit son verre. Je me dis que moi aussi il me faudrait un peu d'alcool pour faire piquer ma gorge et mes yeux. Parce qu'il y a encore trop de pensées cohérentes et désagréables qui me trottent dans la tête et que je ne suis bon qu'à les noyer. C'est pourtant lui qui recommence à s'étendre, sans que j'ai à insister. Trop franc. Sans doute. Il dit qu'il n'a pas de peine et que c'est sa copine qui en a. Une histoire de sms. Je tente :

- Tu n'as pas de peine ? Et pourtant c'est bien toi qui es là. Devant un verre. On vient tous ici pour prendre l'air. Noyer quelque chose dans le fond de son verre.


Je ris. Pourtant sa déclaration suivante le fait mourir. Le mien et le sien. Je soupire. Je me frotte la nuque. Un peu embarrassé. Agacé surtout. Une nouvelle fois ma langue vient tiquer contre mon palais et je dis :

- Les enfants ne devraient pas prétendre savoir ce que les adultes pensent et ressentent. Mon ton est un peu trop acerbe, alors que je voulais le dire d'un ton plus léger que cela. Mais il m'agace quand il essaie de compatir. Il m'agace quand il effleure le passé du bout de l'index et qu'il m'y ramène aussi. Il m'agace quand il prétend tout savoir de ce que je ressentais dans ce passé lointain comme il m'agace quand il compare ces deux situations pourtant différentes. Je ne connais rien de la peine des autres et je ne prétends pas connaître la sienne. Néanmoins il ne devrait pas persister à croire qu'il sait ce que j'ai bien pu ressentir dans le passé. Il repose le verre et se sert, je le laisse faire, car je n'ai pas besoin d'alcool pour exacerber ma mauvaise humeur. Je le laisse boire trop de tequila. Je ne fais pas de commentaire, même si je devrai lui dire de ralentir un peu. Qu'il va vraiment finir sous la table. Que ça me ferait vraiment chier de devoir le porter. Il se lève après avoir expliqué qu'il devait aller chercher son téléphone. Je secoue la tête. Il titube un peu trop et ça me fait rire et cela chasse quelque peu mes fureurs. J'attends tranquillement qu'il revienne puisque je n'ai rien d'autre à faire qu'attendre. Je pourrai l'observer, mais quel intérêt ? Je crois que je me sens déjà las. Mince. Je récupère me carte et je les mélanges.

Il revient vite, sans s’asseoir. Il pousse le verre plein qu'il a précédemment versé devant moi. Je le regarde. Puis je lève la tête vers lui quand il me demande trop taquin si je suis capable de boire et de lui dire ce que moi je viens faire ici. Je souris et je dis :

- Petit joueur. Tu aurais dû me demander quelque chose de plus difficile.

J'attrape le verre et je le vide. Je le vide même si oui, je sais pertinemment que ça brûle la gorge. Et que ça fait piquer les yeux. Mais ce n'est définitivement pas aussi pire que mon premier essai pour m'habituer à son goût âcre. J'essaie très sincèrement me convaincre Je prends moins d'une minute pour avaler le contenu, même si j'ai la tête qui dodeline et c'est dans un grognement que je finis le verre et je le pose sur la table abruptement. J'ai la tête penchée un peu vers l'avant une main sur le front et l'autre en l'air pour lui demander de patienter un peu. Y'a pas à dire. Ça vous brûle la gorge. Et ma voix est un peu groggy quand je sors :


- Et si je suis ici… C'est parce que je m'ennuie. Enfin. Je m'ennuyais.


Sans détour. Puisque de toute façon je n'ai pas de raison d'être évasif quand aux raisons de ma présence. J'aurai très bien pu dire que le cirque ne fait pas de représentation ce soir. Que je n'ai pas d'autres endroit pour me perdre.

- Et tu sauras que je ne suis pas plus dans la lune que d'habitude. Je ricane un peu et je dis : Satisfait? Je me racle un peu la gorge et je fixe un point sur la table pour ne pas faire dodeliner trop fort ma tête. Tu vois tu aurais du me demander quelque chose de plus difficile. Ou de plus indiscret. Parce que c'est ce que j'aurai fait. Parce que les défis et les questions insipides sont ennuyeux. Et que l'alcool inhibe assez les esprits et les autres pour qu'ils aient le courage de faire des conneries et qu'ils les assument quand même assez jusqu'au lendemain. Et toi. Alors. Qu'est-ce que tu pourrai faire d’extravagant ou me dire d'indiscret si je te le demandais?


Je pousse le verre vide vers lui et je me masse un peu les tempes, tout en essayant de réfléchir à quelque chose d'assez cohérent à demander. À proposer. Je ris même un peu tout seul et je crois que l'ivresse gagne plus de terrain que je ne le voudrais. Mais j'ai commencé à boire bien avant qu'il ne vienne se perdre à son tour ici, ce soir.

- J'ai un peu de mal attend. Je lève la main et je lui demande encore une fois un instant. Je lui mets de la tequila dans son verre à lui, quelques minuscules gouttes sur la table. Je repose la bouteille et je me tasse sur le dossier de mon siège. Tu pourrais me donner le nom de ta copine ? Ou l'appeler et lui dire d'arrêter de t'emmerder. Tu pourrais aussi essayer de vider deux verres de vodka d'affilé. Finir sous la table complètement bourré. Provoquer le barman ou le videur. Embrasser la copine d'un autre. Ou son copain. Marcher sur les mains. Danser sur la table. Juste aller vers la porte et courir sans payer nos verres et sans t'arrêter. Quelque chose de con qui faudra regretter demain. C'est pas les idées qui me manquent. Mais toi, qu'est-ce que tu peux faire, Mathys ? Qu'est-ce que tu peux me dire ? Je crois que t'es pas encore capable de faire ou dire de pire. Ou de meilleur. Trop curieux et provocateur. Je laisse passer une minute, silencieux, comme pour le forcer à vraiment y réfléchir. Et finalement je vais tapoter sa tête. - T'inquiète pas te sens pas obligé, je disais ça pour te taquiner. Peut-être qu'il faudrait que je rentre avant d'être trop ivre pour marché droit, finalement.

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MessageSujet: Re: L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]   08.09.15 12:32




Confidences sur papier.

Demain tout sera oublié.



Quelques gouttes et c'est la folie. Quelques gouttes d'ivresse. Quelques gouttes de plaisir. De tout. De rien. Tandis que lui se retrouva face à ce verre qui cette fois-ci ne se dirigerait pas vers ses deux pétales roses mais bien vers celles de son camarade de beuverie. Non pas connaissance, non pas ancien crush, non pas ami, mais le temps de cette soirée, ils seraient camarade de beuverie. Le temps d'une soirée le passé n'existerait pas, peut-être même pas le futur. Ils feraient semblant de ne jamais s'être pris la tête et agiraient comme des inconnus buvant ensemble, se chamaillant ensemble car trop ivres pour préserver la raison. En ce moment-là, c'était la sienne qui lentement disparaissait. Il l'imaginait presque s'échapper de son corps par ses oreilles, telle de la fumée chaude, comme dans une locomotive. L'alcool libérait une hilarité qui le permettrait de rire de tout, ou de rien. Des deux. Elle accentuait ses bons, mais aussi ses mauvais côtés.

Et pourtant il se tenait encore là, à chercher les réponses à ses questions. A l'entendre lui dire que la situation était cocasse car il était bel et bien le seul qui se bourrait dans un bar, accompagné en premier temps par la solitude. Certes, mais bien ancré dans sa fierté, dans son corps et dans son orgueil se trouvait tout de même un cœur qui pouvait s'avérer compatissant. En tentant de compatir, il ne ferait pas partir son mal-être. En tentant de compatir, il ne la comprendrait pas mieux. En tentant de compatir, il ne ferait pas en sorte qu'elle l'oublie ou qu'elle puisse passer à autre chose, ce serait même le contraire. Mais il le faisait, parce qu'il était ainsi. Indomptable dans certaines choses, mais pourtant attaché à d'autres. Elle était son passé, son passé était aussi sa vie. L'Aer ne se comprenait pas. C'était bien pour cela qu'il garda le silence, qu'il ne répondit pas tout de suite à ses questions. C'était bien pour cela qu'il était parti chercher son téléphone, changeant un peu de sujet pour pouvoir l'attaquer plus tard. Plus ivre serait-il plus sincère ? Question qui se répondrait ce soir. Pourtant il ne le croyait pas. Tout simplement car certaines choses se disaient, d'autres se taisaient au plus profond de sa gorge et ce n'était pas l'hilarité de la situation ou les gouttes d'alcool qui lui feraient perdre cet avis.

Et il n'en fût pas le moins du monde vexé par ses mots, ni par son attitude. Il prenait pour sa part une attitude ouverte et acceptant toute critique, tout mot qui ne le caresserait pas dans le sens du poil. Il aimait que l'on n'y aille pas par quatre chemins, voilà pourquoi quelques fois le caractère de certaines personnes pouvait facilement l'agacer. Les choses devaient être noires et blanches, claires et précises, sans closes et sans exceptions. Une règle qu'il aimait qu'on applique mais qu'il n'appliquait pas tout le temps. Cela le faisait rire, de ne pas toujours respecter ses propres consignes. Ainsi aucun commentaire ne sortit de sa bouche, ni aucun soupire, pas même un sourire compatissant qui pouvait être mal interprété. Il ne répondrait pas, tout d'abord car il n'y avait aucune raison de lui tenir tête, même s'il n'était pas totalement d'accord avec ses propos. Il acceptait les choses simplement, parce que c'était plus agréable ainsi.

— Hm.

Les réponses en monosyllabes étaient rares avec lui, très rarement il faisait en sorte de ne pas nourrir une discussion. Cette sensation de vide et de non intérêt le prenait à chaque fois qu'il essayait de raccourcir ses discours. Plus ils étaient courts et moins il aurait raison, moins il pourrait convaincre autrui. Son don de persuasion ne marchait pas toujours, heureusement. Il tournait la tête, s'intéressant davantage à la vie extérieur. Tout ce qui n'était pas eux, dans leur bulle et qui se trouvaient dans le bar. Un autre verre fût jeté au sol, les insultes volèrent comme des couteaux que l'on lance et comme toute personne curieuse il porta une attention presque religieuse à la dispute qui se préparait. Mathys aurait pu en rire, il le sentait arriver lorsque le coin de ses lèvres se courba et la scène se stoppa net lorsque le barman arriva pour calmer la foule en délire. Dommage. Vraiment.

Petit joueur. Tu aurais dû me demander quelque chose de plus difficile. Son sourire dissimulé se dévoila au grand jour, ses deux orbes le fixèrent comme pour lui répondre « Ça viendra, ce n'est que le début ». Le brun devint miel, le miel devint doré. La malice de ses iris était suffisante pour les transformer en pépites d'or sans qu'il ne le remarque. Ophiuchus attrapa le verre si gentiment posé vers lui, posa contre ses lèvres et l'avala d'un trait sans rouspéter, signant la fin de ce défi plutôt facile à exécuter. Facile mais non pas pour le moins divertissant car il grimaça et se plia lui aussi face à la brûlure que dû lui laisser dans la gorge la tequila. Le sourire de Mathys s'agrandit, il pinça ses lèvres dans une vaine tentative de retenir un rire, pouffant tout de même une fois que la main fût tendue, signe qu'il devait attendre un instant que les effets brûlants se dissipent. Il avait l'impression de se revoir en tant que spectateur et il ne pouvait que partager la pensée que c'était très peu agréable de se faire picorer la gorge ainsi.

— Tu t'en sors ?

Question rhétorique posée à lui-même plutôt qu'au concerné, la voix douce quoique cachant un élan de moquerie amicale, il se doutait qu'il s'en sortait sans trop de mal. Seulement le plaisir de l'entendre lui balancer une phrase ponctuée par un "gamin" était trop tentant pour qu'il puisse passer à côté. Les secondes passèrent et il se sentit un peu dans les vappes, la tête tapotant de manière non pas réellement désagréable mais inquiétante. Il n'avait pourtant pas énormément bu. Mathys ferma les yeux et poussa un soupire, une grimace aurait pu se dessiner sur son visage, si la douleur avait été plus forte. Il répondit tout de même à sa question, sa bonne humeur loin d'être ébranlée.

— Très satisfait !

Pouvoir en savoir plus sur le jongleur le réjouissait, il avait l'impression qui n'était pas le genre de personne à déballer sa vie et il respectait ses choix. Dans ce sens, ils étaient différents, lui ne se gênait pas pour répondre aux questions même les plus indiscrètes si on le lui demandait. Tout du moins c'était ce qu'il montrait et faisait croire, il était contradictoire et beaucoup de choses sur sa vie étaient encore dans l'ombre. C'était plaisant ainsi. Un détail de sa phrase le fit toutefois baisser les yeux, une certaine satisfaction le remplissant lentement. M'ennuyais...Hm ? Mathys ricana intérieurement, cela le flattait sans qu'il ne sache pourquoi. Sans doute comprenait-il que ce qu'il voulait comprendre. Sans doute que le fait de savoir qu'il parvenait à l'amuser le rendait fier. Ses jambes vacillèrent, il se frotta les yeux en se sentant inconfortable debout. L'alcool lui faisait tourner la tête, l'idée de s'asseoir pour s'épargner un haut le cœur suite à la pièce trop agitée lui effleura l'esprit. Cependant le jongleur initia une discussion qui le tint trop à cœur pour qu'il ne puisse ne serais-ce que penser à s'asseoir.

Bien sûr, désormais il pouvait en profiter, lui lancer un défi en retour beaucoup plus osé. Bien sûr, il pouvait choisir d'entrer ou d'arrêter le jeu à présent. Et il avait choisi de pousser le bouchon plus loin, lui demandant ce qu'il aurait bien pu lui demander de faire en retour. Tout et rien. Il n'avait jamais été du genre à se défiler devant des défis quelqu'ils soient. Le verre fût poussé en sa direction, ses yeux prirent le temps de s'attarder dessus, il se perdit l'espace d'un instant dans la contemplation simple, hésitant à l'empoigner entre ses doigts tremblants. S'il le faisait tomber à coup sûr le barman viendrait, ce serait une véritable foire. Trop de verres étaient morts en quelques heures seulement. Ses deux orbes rieuses accompagnèrent le mouvement de son camarade, le verre fût plein, quelques gouttes tombèrent sur le côté. Ils étaient peut-être déjà les deux un peu dévergondés.

Les idées défilèrent, des simples, des moins simples. Des osées et des hilarantes en passant par celles qui pourraient lui créer des problèmes. Mathys resta dans le silence, réfléchissant à l'exécution de chacune d'elles. La raison le quittait déjà, ou bien était-il d'humeur à embêter son monde. Dans tous les cas, il se sentait prêt à accomplir une de ses propositions tordues, pour le simple plaisir personnel. Toutefois dire qu'il n'avait pas envie de lui poser un nouveau défi à la suite serrait mentir. Tremblotant un peu il tendit sa main et s'empara du verre. L'odeur horriblement forte lui caressa les narines, il le finit en quelques gorgées, ne voulant pas assumer tout de suite l'ivresse. La brûlure, la grimace, le corps crispé, tout cela se répéta et fût accentué par un petit rire. Le verre avait été reposé, la suite viendrait en son temps. Une minute passa vite, une des mains du brun se posa sur sa tête, venant ébouriffer ses cheveux et il dû se courber légèrement pour qu'il parvienne à garder ses cheveux en mains. Avec une étrange douceur, l'Aer posa son pouce sur la joue du jongleur, venant flatter puis les tirer doucement, un petit air tendre au fond des yeux.

— J'ai mieux attends.

Un clin d'œil coquin, il prit un peu d'élan pour ensuite partir sur le devant, se rattrapant sur ses mains et marchant sur celles-ci en colonne droite. Le soudain changement de position fit tourner sa tête, le sang remontant bien à son cerveau. Son T-shirt eût du mal à résister à la gravité et retomba mollement près de ses pectoraux, il attira l'attention sur son corps malgré lui. L'acrobatie en elle même étant assez tape œil, malgré sa simplicité. Mathys eût du mal à se ressaisir, encore plus à se mettre en "marche", le monde tournait un peu plus rapidement, à moins que ce ne soit sa tête. L'excitation grimpant en flèche, tout comme l'adrénaline il parvint sans trop de mal près d'une  table et se remit droit, se rattrapant de justesse sur le bois lisse et quelque peu usée à ses côtés.  Depuis quand n'avait-il pas fait cela ? Depuis un moment, bien qu'amusant il préférait avoir la tête  en place tout en haut de son corps et les pieds bien ancrés au sol plutôt que l'inverse. Le blond emmena une main et la posa sur son front, se massant les tempes pour tenter de calmer les battements de son crâne. Le manège dura deux minutes, deux longues minutes où il se dit qu'autant d'alcool pour lui ce n'était pas la meilleure chose à faire. Mais il y avait plus important.

Le barman ? Il était présent de son côté, semblant légèrement agacé par toute cette foule ivre. Ses potentielles victimes ? Partout dans la salle, toutefois il lui fallait un couple, chose très rare dans ce genre d'endroit à cette heure. Il y avait bien des duo de visages, mais aucun intéressant, pour le moment. Un grognement très peu audible sortit de ses lèvres, il tourna la tête, croisant une paire d'yeux bruns et l'autre verts. Nouveau sourire. Il l'avait trouvé.

— Excusez-moi.

Avec fougue et très peu de prudence il tira la chaise de l'homme brun, semblant à peine plus âgé que lui vers l'arrière. Une fois sûr d'avoir assez de place pour se glisser devant lui, il ne se gêna pas pour s'asseoir sur ses jambes, attraper son visage en coupe pour plaquer ses lèvres sur les siennes. Un baiser doux en apparence, chaste et sans aucune autre intention que celle de gagner ce défi plus que tordu. Mathys fit tourner ses yeux en direction du visage du jongleur, coupant lentement le baiser et venant tapoter l'épaule de l'homme qui incrédule le fixa avec dégoût. Le blond vint se frotter les paupières l'air légèrement endormi puis se redressa l'air de rien, sachant que les commentaires allaient fuser. Pendant tout le temps de son acte, aucun bruit ne fût fait, aucun mot ne fût dit par la jeune fille devant être la petite-amie de l'homme qu'il venait « d'agresser », lorsque Mathys se dégagea un regard de merlan frit fût lancé de la part des deux protagonistes, il vint se lécher le coin des lèvres, l'air de rien. Le blond fit un pas en arrière, suivit pas un deuxième plus petit. Il sentit le regard désormais haineux de la jeune fille sur lui et lui offrit un sourire tout ce qui avait de plus ordinaire. Il vint se pencher vers elle, chuchotant comme si rien n'était :

— Sorry princesse. Je ne vous embêterai pl-...
— Mathys?

Le concerné tourna la tête, haussant les sourcils en trouvant là la jeune fille qu'il cherchait le plus a éviter. Sa soirée venait de prendre une toute nouvelle tournure.

— Alicia. Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Je n'en reviens pas. Tu m'as laissé pour... cette fille ? T'es sérieux ?
— Hop hop, je t'arrête tout de suite. Ce connard a embrassé mon petit-ami.
— Tu m'as laissé pour un mec ?!

Elle lui jeta un regard dégoûté, croisant des bras en dessous de sa poitrine conséquente, demandant par ce geste quelques explications. Alicia passa ses cheveux derrière son dos, exposant sa nuque et sa tenue très peu correcte.  C'était toujours la même chose, à chaque fois qu'elle cherchait à se mettre en avant elle se permettait ce genre de folies. C'était pour cette raison également qu'il ne parvenait pas à l'aimer de la manière dont elle le voulait. Toutefois, il savait qu'en elle se trouvait tout de même un coeur et qu'elle avait de nombreuses qualités. Poussant un soupire, Mathys leva les yeux au ciel, finissant par se redresser maladroitement afin d'éviter une paire de baffes qui viendraient sûrement.

— Non, je ne t'ai pas laissé pour lui, ni encore pour elle. Nous ne sommes jamais sortis ensemble, je voudrais que tu me laisses tranquille maintenant. Arrête de m'envoyer des messages.
— T'es vraiment... un con. De toute façon ça ne dure jamais longtemps avec toi.

Soudainement, un verre se retrouva entre ses doigts fins, encore plus soudainement elle lui balança le contenu sur la figure, tournant les talons en fulminant toutes les insultes possibles et inimaginables. Il la regarda partir, sous les yeux amusés et choqués de quelques clients curieux, puis passa une main sur son visage pour ôter le trop plein d'alcool lui collant à la peau. Le blond tourna la tête, jetant un maigre regard au jongleur puis murmurra plus fortement :

— Je vais aller me nettoyer le visage.

Il aurait pu en rigoler, si seulement cela ne lui picotait pas autant les yeux.






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L'histoire des années plus tard [ PV : Ophichou]

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