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 Drowning deeper and deeper [Laverne]

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MessageSujet: Drowning deeper and deeper [Laverne]   02.08.15 14:56



Drowning deeper and deeper

feat Laverne C. Bouchaut


« MAIS BORDEL, T'ES SERIEUSE !? ESSAIE AU MOINS DE FAIRE SEMBLANT D'ETRE IMPLIQUEE, MERDE ! »


Mes poings s'abattirent sur le pauvre bureau devant moi qui n'avait rien demandé. Mes nerfs lâchaient. Cela faisait trois heures, trois PUTAINS d'heures que j'essayais d'obtenir quelque chose de cette foutue femme. Trois heures d'échecs perpétuels, et je n'avais vraiment pas du tout l'impression qu'elle y mettait tout son possible pour y arriver, alors que c'était elle qui était venue vers moi pour me réclamer un cours aujourd'hui. Le nom de cette personne ? Laverne. Cette même Laverne qui, dès qu'elle me croisait, ne pouvait s'empêcher de venir m'emmerder un minimum. Une pique, une remarque, un regard, n'importe quoi. Et pourtant, un jour, elle est subitement venue devant moi pour me demander des cours. Au début, je ne la croyais pas, pensant que c'était encore un moyen pour me faire royalement chier. Et elle a insisté, encore et encore, si bien que j'ai fini par craquer. Je ne savais toujours pas pourquoi elle s'était soudainement décidé de s'y mettre, et malgré mes sous-entendus pour le savoir, elle ne semblait pas daigner me répondre. Ou alors, elle n'avait même pas compris, au choix. Avec elle, les deux solutions étaient tout à fait possibles.


Inspirant longuement, expirant doucement, j'essayais de me calmer. Je lui avais demandé de manipuler son sang pour le rendre très dense et épais, sans négliger d'en recréer dans ses veines pour ne pas risquer l'anémie. Ensuite, il fallait qu'elle se concentre pour faire jaillir des centaines de pics pointus et presque solides de la sphère sanguine que je lui ai demandé de créer. Un exercice élémentaire, mais visiblement trop compliqué pour elle. Ca arrive, surtout quand on a pas pratiqué depuis longtemps. Je lui avais donné des conseils très précis et techniques, mais d'après ses résultats pitoyables, c'était rentré par une oreille pour sortir immédiatement par l'autre. Voilà pourquoi je me retrouvais à avoir fracassé le bureau de cette salle, qui comportait maintenant un petit renfoncement circulaire sur le dessus, marque de mon poing.


« Je t'ai dit je sais même plus combien de fois de prendre ton putain de temps, de te concentrer le plus possible, quitte à imaginer un truc qui t'apaise pour que ce soit plus facile. Ensuite, tu dois visualiser le sang qui coule à flot dans tes veines, et maintenir un volume constant. En même temps, tu dois imaginer une sphère entre tes mains, extrêmement dense pour qu'elle soit presque solide. Tu dois séparer tes pensées en deux, d'où la concentration que visiblement t'as pas. C'est quoi ton problème Laverne, sérieusement !? »


Soit elle pensait vraiment à quelque chose d'autre, soit elle le faisait exprès, et au final j'avais raison sur ses réelles intentions. C'était juste un moyen de se foutre de moi, mais un moyen latent. Depuis mon accident, j'étais beaucoup moins tolérante avec les autres, élèves comme collègues. Je m'énervais encore plus vite, j'avais la mine encore plus sombre que d'habitude, rien ne m motivait, et je passais mes soirées à rester dans mon appartement, dans le noir, soit à boire, soit à rester immobile, assise sur mon lit, occupant mon cerveau comme je le pouvais. Livres, manipulation de mes éléments, tout était un prétexte à échapper à mon esprit. Parce que si je me mets à penser, je me blesserais encore et encore, et je ne suis pas masochiste à ce point. Tout ça pour dire que je n'avais plus la patience de supporter un nouveau manque d'investissement de la part de la femme qui se tenait à quelques mètres de moi. Une douleur à la poitrine et au dos me fit grimacer. Pas besoin d'avoir fait dix ans d'études pour savoir ce qui se passait : mes cicatrices s'étaient rouvertes. Super, manquait plus que ça pour que le tableau soit complet !


« FAIT CHIER ! »


Ca y est, je n'en pouvais officiellement plus. M'étant relevée, j'avais envoyé valser la chaise sur laquelle je me trouvais à un ou deux mètres près de Laverne. Elle s'écrasa contre un bureau et le fit tomber dans un vacarme assourdissant. Je fouillais dans mon sac pour en sortir des bandelettes pour refaire mon pansement, très serré. Je doute que seule, j'y arriverais, mais à moins d'être inconscient ou profondément touché par mon état, je doute fortement que quelqu'un ose s'approcher de moi à l'heure actuelle. Je grognais un peu, essayant de regagner mon calme comme je le pouvais. J'avais pris deux bouteilles d'alcool, si jamais la douleur se faisait trop sentir, ou si jamais mes blessures se rouvraient, comme c'était le cas. Imbibant les bandelettes de ce liquide, j’enlevais mon manteau et mon haut, tournant le dos à mon « élève ». Le sang n'avait pas tardé à tâcher le blanc de mon pansement. Je le fis tomber, restant avec mon soutien-gorge. Je pris la parole, d'une voix exaspérée, à l'attention de Laverne.


« Le temps que je refasse mon bandage, reconcentre-toi. C'est ta dernière chance pour ce soir, j'en peux plus, je sature. J'me demande vraiment ce qu'il t'est passé par la tête quand tu m'as demandé ces cours. Sérieusement, j'ai l'impression que ton seul but avec ça, c'est de m'emmerder, ce qui n'aurait de sens uniquement si t'es masochiste à l'extrême. Et malgré tout, j'en doute quand même. Alors, pourquoi !? »


Je luttais vraiment pour serrer le pansement. Une grimace déforma mon visage quand l'alcool toucha les plaies. Ca brûlait, c'était douloureux, et un grognement étouffé s'échappa de mes lèvres. Je marmonnais pour moi-même, bien que Laverne pouvait entendre ce que je disais.


« Kkgh… Même ça, ça a décidé de me gonfler ... »


Je pris d'une main la seconde bouteille d'alcool, et utilisa ma fusion du sang pour l'ouvrir, avant  d'en boire un bon quart d'une traite avant de la reposer sur le bureau. J'avais vraiment mal, et cela me permettrait d'atténuer la douleur un minimum. Ca ne m'aiderait pas à faire ce foutu bandage cela dit, mais je finirais par arriver à le serrer correctement. Du moins, je l'espère, pour le bien-être de cette salle.



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MessageSujet: Re: Drowning deeper and deeper [Laverne]   05.08.15 23:04


S'entraîner avec Athena n'est jamais agréable se dit Laverne, le front luisant de sueur et le regard vide mais rivé sur le mur devant elle. Autour d'elle, des trainées couleur carmin qui flottent autour de ses avant-bras et se rassemblent lentement en un cercle sombre. Elle n'en a peut-être pas l'air mais elle fait de son mieux. Tellement qu'une grimace concentrée s'est installée sur son visage.

Mais mieux ce n'est pas assez et la sphère rouge tremble, vacille et s'écroule dans un splotch lamentable sur le sol. Et là, c'est la douche froide. Athéna explose. Littéralement.

▬ MAIS BORDEL, T'ES SERIEUSE !? ESSAIE AU MOINS DE FAIRE SEMBLANT D'ETRE IMPLIQUEE, MERDE !

Laverne halète, sa respiration est saccadée. Elle n'a pas recréé assez de sang. Ses membres sont lourds de fatigue et sa bouche est pâteuse. Mais ses yeux brillent encore d'une lueur insolente tandis qu'elle dévisage la prof avec un insupportable air de défi. Ça ne l'empêche pas d'avoir un mouvement de recul quand le poing de cette dernière fracasse le bureau. Pour la énième fois, elle explique l'exercice. Et pour la énième fois Laverne demeure dubitative. Seulement cette fois elle se garde bien de le faire savoir, ni même de répondre tout court. Il faut qu'elle garde sa salive. Même Laverne n'est pas assez bête pour tenir tête à la borgne dans cet état-là. Ça finira bien par lui passer. On dit que le vent finit toujours par tourner.
Tout de même, Laverne ne comprend pas pourquoi son instructeur entre dans une colère aussi noire. À croire que le coma ne l'a pas adoucie bien au contraire. Depuis le début de cette séance d'entrainement Athena est tout bonnement odieuse. Bien plus que d'habitude. À un point que Laverne n'aurait jamais imaginé. Et elle doute que la borgne fasse du zèle pour rattraper les séances manquées. Il y a autre chose. Quelque chose que Laverne n'arrive pas à pointer du doigt. Faisant de son mieux pour rester zen, elle se tourne, pose ses deux mains sur la table derrière elle et ferme les yeux deux secondes pour reprendre son souffle. Puis, elle attrape sa bouteille d'eau et se désaltère en essayant de faire abstraction de la furie qui se trouve derrière elle. Être concentrée elle veut bien, mais apaisée ? Avec une meuf qui lui hurle dessus comme une gosse au moindre pet de travers ? Tu parles...

Laverne n'aime pas qu'on lui dise comment faire les choses et Laverne n'aime pas le sang non plus. Elle déteste son élément descendant et elle déteste encore plus la magie de fusion. Mais elle mentirait en clamant ne pas y trouver un quelconque intérêt. Maîtriser le sang comporte de nombreux avantages tant défensifs qu'offensifs. Elle connait toutes les applications pratiques de cet élément et doit admettre qu'elles sont aussi nombreuses que versatiles. Seulement là tout de suite, Laverne n'y arrive pas. Elle est bloquée. Inspiration. Expiration. Garder une respiration lente et régulière. C'est la base. Elle passe une main sur son visage qu'elle essuie d'un revers de main.

▬ FAIT CHIER !

Elle a à peine le temps de se retourner pour voir la chaise voler et s'écraser à quelques mètres d'elle. Ses yeux s'écarquillent alors qu'elle sent le meuble passer tout près d'elle. À peine vient-elle de comprendre ce qu'il venait de se passer qu'elle voit Athena lui tourner le dos et ôter son haut. Laverne frémit. Pas parce qu'elle voit Athena en soutien-gorge mais parce qu'elle voit le rouge sur les bandages qu'elle est en train de défaire. Laverne a enfin mis le doigt sur ce qui clochait. Pour une fois elle se tait et observe. Elle pense savoir. Une personne un tant soi peu compatissante lui aurait volontiers proposé de l'aide ou se serait inquiété de son état. D'autant plus que deux bouteilles d'alcool c'est quand même beaucoup. Mais les paroles d'Athena sont tellement amères que le visage de Laverne s'obscurcit et ses poings se serrent.

Inspiration. Expiration. Sa poitrine se soulève. Sa bouche s'ouvre mais dans un premier temps les mots sont tellement nombreux qu'ils s'entrechoquent dans sa gorge et finissent par se bloquer. Athena marmonne, Laverne ignore. Elle n'est pas d'humeur à s'émouvoir. Rien ne sort. Tant mieux car Laverne voudrait l'insulter. Inspiration. Expiration. Son cerveau s'active, réarrange ses pensées, remet les phrases dans l'ordre :

▬ Tout le monde n'est pas comme toi Athena. Sa voix est glaciale.

C'est vrai, Laverne ne connait personne comme Athena. Athena quand elle fait un truc ça a toujours l'air facile. Athena elle sait bosser et mieux que ça elle sait exactement comment bosser pour obtenir ce qu'elle veut. Athena elle est forte, elle n'a peur de rien ni personne, elle est intimidante. Elle pourrait avoir tout ce qu'elle veut au monde seulement sa force, elle n'en fait rien. Athena est quelqu'un de frustrant. Et à côté il y a Laverne. Laverne ne se considère pas comme quelqu'un de faible, au contraire. Laverne a sa propre force et elle la connait bien. C'est un esprit libre et indépendant mais elle ne sait pas bosser. Et quand elle bosse elle n'a pas toujours ce qu'elle veut. Laverne n'a jamais voulu rentrer à Dandelion, on ne l'a jamais éduquée pour devenir quelqu'un d'influent, quelqu'un qu'on admire. Laverne elle est née dans la peur de la magie et le mépris de ses partisans. Jamais poussée vers la grandeur et la gloire. Il n'y a que dans l'amour des siens et le désir de protéger ceux qu'on aime qu'elle se retrouve dans les valeurs de Dandelion. Mais c'est si difficile d'admettre aimer quelqu'un quand on veut pouvoir vivre sa vie à 100 l'heure sans jamais n'avoir rien à regretter. Le pire c'est vouloir vivre pleinement mais ne jamais savoir, toujours douter d'arriver un jour à faire quelque chose d'utile, de pas compter pour du beurre avant de mourir. Les années passant, il lui semble qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps. De son côté Laverne a peur de devenir quelqu'un de frustré.
Ce qu'il y a de plus frustrant c'est qu'Athena prend vraiment Laverne pour la dernière des glandeuses. Pour elle c'est devenu tellement élémentaire qu'il est impossible d'échouer. Ce constat finit de balayer toute la bonne volonté qu'il lui reste.

Enfin tout ça, Laverne ne lui dira pas.

▬ Et puis tu baisses d'un ton. Ton numéro fait peut-être peur aux gamins de 15 ans mais sur moi ça ne prend pas. Je suis pas ton chien. Si t'as des problèmes c'est pas sur moi que tu dois te défouler.

Trop dépitée pour hausser le ton ou s'engager dans une nouvelle querelle qu'elle sait perdue d'avance Laverne hausse les épaules, enlève son bandana et laisse ses cheveux noirs tomber sur son visage. Elle enfile son manteau avec son faux col de fourrure et remet ses bracelets dorés sur ses poignets. Ils cachent les petites entailles à peine cicatrisées.

▬ J'me casse. Elle a besoin de prendre l'air. Alors qu'elle ouvre la porte, un air étrangement impassible sur son visage, son regard s'arrête sur la deuxième bouteille d'alcool. Sauf si tu m'payes un coup.

Les bêtises qu'on ne dirait pas pour un bon verre.

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MessageSujet: Re: Drowning deeper and deeper [Laverne]   09.08.15 16:15



Drowning deeper and deeper

feat Laverne C. Bouchaut


Déception. Ce mot tournait et virevoltait autour de moi depuis mon réveil. Tel mon ombre, il me tourmentait nuit et jour, ne me laissant pas ne serait-ce qu'une seconde de répit. Il me rappelle sans cesse les cauchemars que j'ai fais dans cet endroit sombre, sans lumière, sans personne. Un endroit glacial, hostile et douloureux. Depuis mon réveil, je sentais que quelque chose se terrait, tout au fond de moi. Quelque chose qui n'était pas là avant. Quelque chose qui est né depuis ce jour fatidique où j'ai failli mourir lors d'une sortie avec … Non, mieux valait que je ne prononce pas son prénom, même mentalement. Mes cauchemars reviendraient me hanter, et cela n'allait que me blesser encore plus que je ne l'étais. Un animal blessé devient agressif ; il en est de même avec les humains. Et plus ceux-ci sont dans un état grave, plus ils mordent fort. Je ne savais même pas d'où je tirais cette force, compte tenu de mes blessures.


Laverne avait encore échoué. Pourtant, elle avait été admise à Dandelion. Cela devrait être du gâteau pour elle, de faire cette foutue sphère correctement. Mais non, elle s'était encore une fois écrasée devant la femme à la peau sombre. Déception. Irritation. Agression. C'était comme un réflexe violent à l'incompétence de mon élève sur cet exercice pourtant basique pour tous ceux qui pouvaient manipuler leur sang. Est-ce que cette femme était tout bonnement incapable de faire deux choses à la fois ? C'était la seule possibilité. Son admission à Dandelion n'avait pas pu être une erreur, puisque c'est Madame Gloria qui décidait du résultat final. Elle avait eu le potentiel d'entrer, elle devrait l'avoir gardé. A moins … A moins qu'elle ne soit dans le même cas que Felicia, l'infirmière. Ses capacités magiques avaient soit disant « disparues ». Je doute vraiment que ce soit réellement le cas, mais bon, ce ne sont que les deux seules pistes que j'ai qui pourraient expliquer l'échec de Laverne. Elle transpirait, son souffle était court … Elle était en train de faire un début d'anémie. L'imbécile, je lui ai pourtant dit que le plus important était la génération de sang dans son propre corps en début de cours … Cela acheva de me faire littéralement péter les plombs. La chaise vola. Mes plaies s'ouvrirent à nouveau. Le cocktail parfait pour le point de non-retour. Ah, non, j'oubliais quelque chose d'important : la pseudo-répartie de la concierge. « Tout le monde n'est pas comme toi. » Son ton était très évocateur de ce qu'elle pensait de moi en cet instant. Mais ça, je n'en avais vraiment, absolument rien à foutre. Je ne pris même pas la peine de tourner la tête pour la fixer, et lui rétorquer du tac au tac :


« Et pourtant, t'as été acceptée à Dandelion, alors n'ose même pas venir pleurer que c'est trop dur pour toi. Non, c'est simplement que tu ne sais pas bosser correctement, et que ça t'emmerde. »


Il fallait être aveugle ou incroyablement naïf pour ne pas s'en rendre compte. Pas de chance pour elle, je n'étais ni l'un, ni l'autre. Je savais depuis le premier cours que je lui ai dispensé que cette femme détestait les cours. Elle était sans doute trop attachée à sa pseudo-liberté remplie de conneries toutes plus énormes les unes que les autres. Si elle tenait tant que ça à s'amuser, à boire, à faire la fête et à se taper qui elle voulait, qu'elle ne vienne pas me réclamer des cours pour apprendre à utiliser au mieux sa magie. Les enseignements sur mon temps libre ne sont pas destinés à des adolescents qui se font chier ou à des adultes dont le mode de pensée est resté bloqué à seize ans. C'est cette impression que me laissait Laverne. J'étais au courant de quelques-unes de ses frasques. Et pourtant, elle faisait quelques efforts. Ca, je ne pouvais pas le lui enlever. Mais elle ne les poussait pas assez. Elle n'était pas entièrement sérieuse. Tant qu'elle ne ferait pas d'ordre dans ses propres choix de vie, elle sera incapable d'obtenir ce qu'elle veut. Je suis sûre et certaine qu'il y a une raison d'adulte responsable et impliqué derrière son choix de venir me demander des cours. Alors que je terminais avec difficulté mon bandage, je remarquais quelque chose. Mon sang était plus sombre qu'à l'accoutumée. L'oxygénation ? Non, il venait de s'écouler de mes plaies. La luminosité ? Non plus, elle était suffisamment claire grâce aux lumières. Quelque chose n'allait vraiment pas. Mais quoi ? Impossible de le savoir. Physiquement, je ne sentais pas vraiment de changements particuliers. Cela devait peut-être être lié à mon état psychologique du moment. Je fus tirée de mon inspection par une nouvelle pique de la concierge, qui me fit tiquer. Remettant mon manteau, je pivotais lentement pour poser mon œil d'acier sur elle.


« Tu crois vraiment que c'est pour t'intimider ? Sérieusement ? Si je ne perdais pas mon temps parce que t'es incapable de te décider entre bosser pour atteindre ton but ou continuer à vivre comme si t'avais encore seize balais, crois-moi que je serais bien plus calme. »


Elle m'annonça qu'elle se tirait. Et voilà, trois heures complètement ruinées. Trois heures de perdues. Trois heures gâchées pour rien. Si ce n'était que ça, je l'aurais laissée se barrer sans la retenir, au contraire. Mais là, sa dernière phrase m'irrita au plus haut point. Elle reprenait encore une fois tout ce bordel à la légère. Elle voulait rester à la condition que je lui paye un verre ? Vraiment ? J'avais la main sur la seconde bouteille qu'elle fixait, l'air envieux. Mon visage se tordit en un rictus mauvais. Mon poing se serra violemment au niveau du goulot du conteneur de ce breuvage à forte capacité d'atténuation de la douleur. Il se serra d'ailleurs si fort que le verre explosa, y plantant des bouts tranchants et pointus dans la paume de ma main. Je ne bronchais même pas, m'approchant doucement, lentement de Laverne, sans la quitter du regard. Oh, je ne voulais pas l’impressionner ni lui faire peur. Retirant un à un les bouts de verre pendant que mes pas se rapprochèrent de l'entrée de la salle, je finis par la saisir au niveau du col et la plaquer avec une force anormale contre le mur.


« Ah, tu comptes rester si je te paie un verre ? C'est bien les conditions que tu me donnes pour avoir le droit de dispenser des cours particuliers sur mon temps libre à ta petite personne !? »


Quelque chose n'allait pas. Une lueur noire et funeste luisait au plus profond de mon iris. Quelque chose de glacial et brutal. Quelque chose d'inhumain, qui était tout sauf naturel. En cet instant, j'avais envie de la frapper de toutes mes forces d'un direct du droit. Mon rictus démoniaque sur les lèvres et l'aura mauvaise que je dégageais devaient sans doute avoir alerté les sens de Laverne. Mais finalement, je ravalais toute cette colère haineuse. Même moi, j'étais un peu surprise de la tournure des événements. Je la relâchais d'un coup, retournant vers mes affaires pour me bander la main qui saignait abondamment à présent.


« Ca suffit pour aujourd'hui. On a assez perdu de temps. Le cours est terminé. Mais va pour le coup à boire, puisqu'apparemment c'est ce que tu attendais. Ca me calmera aussi. Tu n'auras qu'à te pointer d'ici une heure et demie au Sunset, dans le quartier est, au niveau de la Valley Skyscraper. Ca te changera sans doute de l'Odyssée, j'imagine. Je n'ai pas envie de potentiellement croiser certaines personnes là-bas. Et si ça te fout la trouille de payer ta part, rassure-toi. C'est à mon compte. Maintenant, à toi de voir si tu veux vraiment venir, ou si tu préfères te tirer faire autre chose de ta soirée. »


La balle était dans son camp. Je restais quelques minutes dans cette salle, alors que Laverne était probablement partie à présent. Je n'avais même pas fait attention à une éventuelle réponse de sa part, trop préoccupée par ce qui venait de se produire. Ce sang sombre, ces pulsions d'une rare violence, cette colère anormale … Quelque chose n'allait vraiment pas, et je doute que ce soit uniquement lié à mon coma. Plutôt que d'être constamment sur les nerfs, prête à mordre à la gorge tous ceux qui osaient s'approcher de moi, je suis plutôt censée être triste, déprimée … Mais non. A part ces sentiments et cette douleur, c'était le vide. Mourir ne m'importait même pas. C'était sans doute un certain degré d'une personne suicidaire. Ca ne m'étonnerait même pas … Quoi qu'il en soit, je finis par m'en aller pour prendre une douche, désinfecter correctement mes plaies et me préparer. J'enfilais cette fois une robe rouge, dont le devant m'arrivait aux genoux et l'arrière touchant presque le sol. J'avais pris de quoi me soigner, si jamais. Mon sac ressemblait plus à une trousse à pharmacie qu'autre chose, d'ailleurs. Une fois prête, je sortis donc en direction du Sunset, un bar aux allures luxueuses, mais dont l'ambiance était assez loin de la prétention bourgeoise. Ici, il n'y avait de luxe que le décor et les boissons servies. Les gens qui s'y rendaient parlaient et agissaient normalement, comme dans n'importe quel autre bar. J'arrivais cinq minutes en avance sur l'heure donnée à la concierge. J'allais donc l'attendre dix minutes, avant d'y entrer seule si jamais elle avait décidé de refuser ma proposition. Ce serait bien normal, après ce qu'il venait de se passer un peu plus tôt. D'habitude, cela se passait beaucoup mieux avec elle que ce soir. Au fond, Laverne ne m'était pas vraiment antipathique, juste un peu gamine dans sa tête. On pouvait même dire que je l'appréciais un peu, d'une certaine façon. C'était peut-être réciproque d'ailleurs, je ne sais pas, mais c'était plus que probable. Sinon, elle ne s'accrocherait pas autant à ces cours. Ne pas venir, ce serait le signe que je me trompais là-dessus. En revanche, si elle finissait par se pointer, c'est soit que l'idée de se soûler sur mon compte l'attirait plus que de raison, soit qu'elle était curieuse de savoir pourquoi les choses ont tournées comme elles l'ont fait ce soir. J'aimerais bien le savoir moi-même, ça ...



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MessageSujet: Re: Drowning deeper and deeper [Laverne]   16.08.15 0:34


Cette meuf est une grande tarée. Laverne le savait déjà mais là ça se confirme. Elle hausse un sourcil et son visage affiche une expression placide quand le verre explose. Le liquide se déverse et Laverne est trop à cran pour être surprise. Elle regarde Athena venir vers elle d'un air mauvais et se prépare à encaisser. Elle a raison. Parce que la prof la chope par le col et la colle contre le mur comme un vulgaire chiffon. Laverne se laisse faire, laisse couler. Encore. Elle soutient le regard plus qu'haineux que lui lance son interlocutrice avec une lueur insolente dans les yeux. Ses muscles se contractent, sa respiration s'accélère à nouveau. Adrénaline. Envie de cogner. Laverne ne frappera pas, ne bougera pas car là, en cet instant, Athena a quelque chose d'animal. On ne provoque pas un animal en colère. Surtout quand il peut lui coûter sa place, son futur. Si vraiment la concierge se brouille avec la borgne, elle craint de se faire renvoyer. Et si on la met à la porte elle peut dire adieu à ses aspirations de future capitaine. Cette année, ce n'est pas une bêtise qui lui coûtera le rôle qu'elle convoite. Parole de femme de ménage. Non. En vrai, elle doute qu'Athena la ferait réellement perdre son boulot car il faut lui reconnaître qu'elle fait preuve d'une rigoureuse impartialité la plupart du temps. Mais elle ne souhaite pas dégrader encore plus ses relations au sein de l'académie. Il faut qu'elle garde toutes les cartes dans sa main.

Athena est si près qu'elle sent son souffle. Un liquide chaud coule le long de sa nuque. C'est la main meurtrie d'Athena qui continue à saigner. C'est chiant à enlever les traces de sang.

▬ Maintenant que t'as foutu du sang partout sur ma fourrure je pense que oui, effectivement tu peux me payer un verre. Réplique-t-elle sèchement sur un ton qui ne cache pas son agacement. Si elle doit s'en prendre une alors qu'elle s'en prenne une. Elle est même curieuse de voir si elle va craquer. De son côté, elle sent qu'elle a encore le contrôle. Sa raison lui souffle que le plus sage à faire est de passer son tour. Si la partie doit vraiment continuer, il y aura d'autres moments pour abattre ses cartes. Tout de suite, c'est elle qui risque de se faire abattre si elle ne joue pas intelligemment.

C'est vrai qu'elle est culottée Laverne mais elle n'a a priori aucun intérêt à finir en froid avec Athena. Se faire payer un coup, c'est sa manière à elle de rattraper le coche. Après tout elle estime n'avoir rien à ne se reprocher. C'est pas elle qui hurle comme une timbrée depuis le debut de l'entrainement. C'est pas elle qui passe ses nerfs sur l'autre. Parce qu'on ne lui fera pas croire que la prof est dans un état pareil uniquement à cause d'elle. Laverne se sait parfois lourde mais pas à ce point. Y'a pas lieu de se surestimer. Ni de continuer la conversation car ce serait une invitation à s'en reprendre plein la gueule. Elle plonge dans son unique oeil il lui semble apercevoir une étincelle de démence. Mais elle n'a pas le temps de se pencher sur la chose, que la prof la relâche et s'éloigne. Laverne dessert les poings, écoute ce qu'on lui dit tout en prenant son sac.
Pari gagné. Le Sunset dans une heure et demie. Très bien.

▬ À toutes.

Claquement de porte. Laverne sort. Elle sent le vent dans ses cheveux. L'air frais du soir emplit ses poumons. Enfin elle respire. Elle regarde sa montre. Pas le temps de flemmarder si elle veut être à l'heure.

Sur le chemin, Laverne repense aux dernières paroles d'Athena. Sur le coup ça ne l'a pas frappée mais le je n'ai pas envie de potentiellement croiser certaines personnes là-bas lui met la puce à l'oreille. Athena serait-elle brouillée avec quelqu'un ? Enfin quelqu'un d'autre qu'elle bien sûr. Elle réfléchit. Elle ne la voit jamais vraiment trainer avec d'autres gens dans l'académie. Elle a sûrement une vie en dehors de Dandelion mais laquelle ? Laverne a beaucoup de mal à imaginer Athena sur la piste de l'Odyssée. C'est vrai qu'elle fréquente un peu trop cette boîte mais moins depuis qu'elle essaye de reprendre ses révisions pour le poste de capitaine. Et puis l'établissement est tellement grand qu'elle a sûrement du la zapper. Ou l'ignorer. Après quelques verres dans le nez, Laverne a la mémoire qui flanchouille un peu. Que voulez-vous c'est l'âge. Et pas envie de se souvenir en détails de ses soirées de débauche. Elle préfère comme ça. Retour à Athena. Quand Laverne a entendu parler de son accident, elle a aussi cru comprendre qu'une autre fille était avec elle au moment des faits. C'est peut-être ça la clef du mystère.
Ses pensées dérivent. Elle repense aux reproches. Y'a-t-il de la vérité dedans ? Laverne ne pense pas. Elle a toujours su se débrouiller. Elle a toujours su travailler. c'est vrai sa méthode n'est pas conventionnelle mais d'habitude ça fonctionne. Là elle doit juste avoir un coup de mou pas vrai ? On ne peut pas toujours être au top. Surtout, surtout qu'elle a beaucoup de choses dans la tête en ce moment. Y'a un truc qui la ronge et c'est pas l'angoisse de repasser les entretiens pour être capitaine. C'est plus subtil que ça. Si elle réussit, elle sera vraiment rattachée à Dandelion. Pour longtemps. Y'a pourtant Ys qui l'appelle et sa vie de non responsabilités qui veut pas la quitter. Aller de l'avant ne lui fait pas peur. C'est aller droit dans un mur qui la fait douter. Si jamais elle se rend qu'en fait elle déteste les gosses ? Si jamais on a vraiment, vraiment besoin d'elle à Ys ? Voilà merde, maintenant elle sait plus rien. Alors elle rumine les paroles d'Athena. Est-ce qu'une gamine de seize balais aurait la vie qu'elle a ? Non. Laverne jouit d'une relative insouciance mais elle a quand même un loyer à payer, deux rats à nourrir et puis... et puis c'est tout mais c'est bien non ? C'est pas un crime non plus de pas avoir beaucoup de responsabilités. C'est pas comme si elle les fuyait vu qu'elle en a pas plus. À seize ans on ne choisit rien, on se laisse glisser. Là tout ce qu'elle a, Laverne a du travailler pour l'avoir. Comprend pas ce qu'Athena sous-entend. Ça doit être une pique quant à sa vie sentimentale. Ou sa non-vie sentimentale. Laverne se fiche de ce qu'on pense de ses aventures d'un soir.

Une fois rentrée, Laverne file se doucher, gratouille le ventre de ses deux rats en laissant ses cheveux sécher. Pas le temps pour le lisseur, elle se fait un chignon, jette son bandana dans un seau d'eau froide avec le faux col en fourrure de son manteau qu'elle a détaché. Elle frottera plus tard. Du khôl, du mascara et un peu d'enlumineur et c'est bon. Elle enfile une robe rouge longue et moulante avec une fente à la cuisse et un décolleté pigeonnant. Ses bracelets, son collier, ses boucles d'oreilles dorées de la même coulure que la bordure de sa robe. Très bien. C'est censé être chic le Sunset après tout. Elle hésite entre deux paires de talons, se dit qu'elle passe beaucoup trop de temps sur sa tenue. Elle sort avec Athena après tout. C'est pas comme si elle cherchait à l'impressionner. Sous la douche elle avait presque oublié à quel point elle était en rogne. Maintenant qu'elle y repense elle n'a plus trop envie de resortir. Tant pis, maintenant qu'elle est apprêtée elle va pas faire demi-tour. Elle opte pour des des bottines noires à semelles rouges, vérifie que la cage des rats est bien fermée, attrape une pochette noire et repart.


Laverne arrive pile à l'heure dans son manteau qui n'a plus de col de fourrure, voit de loin la silhouette d'Athena et ralentit le pas. Elle jauge rapidement la tenue de sa compagne pour cette soirée et retient un compliment. C'est la première fois qu'elle voit Athena aussi apprêtée et Laverne la trouve vraiment élégante pour une fois.  

▬ On y va ?

Sans attendre de réponse, elle pousse la porte, la tient pour laisser entre Athena. L'intérieur est chic, bien agencé, propre. Quelques clients sont déjà là. Juste assez pour que l'endroit soit intimiste sans être gênant. Laverne connaît déjà le bar. Ça fait un moment qu'elle n'y a pas mis les pieds. Ses amis et elle ne sont pas assez distingués pour trop fréquenter le Sunset même si l'ambiance n'est pas snob. Ça change de d'habitude. Finalement, elle a peut-être bien fait de sortir avec Athena. Même si elle se demande si elle ne va pas boire en silence en l'ignorant. Ça se fait d'ignorer la personne qui invite ? Pas tellement non. Mais elle et Athena n'ont pas l'air de s'être remise de ces trois heures d'entrainement raté.
Laverne décide de se poser au bar. Si on veut boire c'est là qu'on va.

▬ Un mojito. Non un Long Beach s'il vous plaît. Un Mojito on en trouve partout. Et puis le Long Beach c'est plus cher.

Tandis que le barman agite le mixer, elle retire son manteau et jette un coup d'oeil aux personnes présentes dans la salle. Dans le fond sur une table entre une bande de jeunes filles, elle croise du regard une ex à elle. Une meuf avec qui ça s'est très mal passé. Super, y'a ça déjà. Y'a plus qu'à prier pour que l'ex ne vienne pas lui taper la discut'. Enfin si elle le fait, Laverne pourrait très bien se défouler sur quelqu'un qui peut pas lui tenir tête. Ça ne se fait pas mais elle y songe quand même. Elle tourne le regard, pose ses coudes sur le comptoir et revient à Athena sauf qu'elle ne sait pas du tout quoi lui dire de pas désagréable. Il y a bien la question de toute à l'heure, sur ses motivations à s'entrainer. Mais Laverne veut pas lui dire. Alors tant pis, elle fonce dans le tas. C'est pas comme si sa camarade de boisson du soir allait se gêner pour être odieuse :

▬ Ça va ? Personne que tu peux pas saquer ici à part moi ? Bon alors de quoi tu veux causer ? Parce que pour si tu gâches encore ton temps avec moi c'est que t'as un truc derrière la tête. Du moins j'espère parce que sinon ça veut dire que tu m'apprécies.

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Drowning deeper and deeper [Laverne]

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