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 Monkeying around ☸ Nyx

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MessageSujet: Monkeying around ☸ Nyx   29.07.15 23:11


Le crépuscule c'est un moment que Laverne trouve magique, surtout en été. Quand tout d'un coup tout ralentit en même temps que le thermomètre chute. Les gens paraissent plus lents, assommés par le travail et la chaleur. Même le ciel semble se trainer en étalant paresseusement son mélange de rose et de violet à l'horizon. Le crépuscule, Laverne elle aime le passer sur le rebord d'une fenêtre à rêvasser sur ce qu'elle va faire de sa soirée, sur la robe qu'elle va pouvoir mettre pour aller en boîte, le cocktail qu'elle prendra au bar ou encore l'ex-amant qu'elle croisera dans la rue. Alors pourquoi est-ce qu'elle est là au parc sur un banc avec trois gros livres comme seule compagnie ? « Théorie de la magie, les bases en 20 leçons » qu'il disait le premier manuel. La barbe ! Et pourtant elle avait choisi de sacrifier sa soirée pour bachoter dans un coin tranquille à l'abri du petit monde de l'académie. Se faire surprendre, elle la femme de ménage en train de réviser ? Jamais de la vie ! Ah c'est presque si elle regrette ses entrainements avec cette peste d'Athena ! Elle lui aurait volontiers envoyé des fleurs à celle-là si elle n'avait pas été persuadée de son réveil. Elle a la peau si dure la prof qu'il en faut plus pour la crever ! Et puis, vas-y pas question qu'elle pense que Laverne s'inquiète pour elle !

Laverne baille, soupire, s'étire sur son banc et regarde un couple d'amoureux qui passe au loin. Elle a peau se tourner les pouces, les pages de son manuel ne se tournent pas toutes seules et pourtant chaque ligne est une torture mentale. Non Laverne n'a pas la foi. Jamais elle le réussira ce fichu entretien ! Fais ch*er alors. Peut-être qu'elle devrait demander conseil à Ofelia pour qu'elle lui fiche un bon coup de pieds dans le popotin. Mais c'est si nul d'étudier. Laverne veut juste aller danser et jouer aux cartes. Tu m'étonnes qu'elle ait passé toutes ses années à Dandelion à ne faire que le strict minimum. M'enfin sûrement que si elle en avait fait plus elle n'en serait pas là aujourd'hui.
Bon. En attendant, Laverne hésite presque à envoyer un SMS d'insultes à Belrand. Et après elle l'inviterait à prendre un verre. Hop, hop, hop. On se concentre ! Quand elle serait capitaine elle aurait tout le temps de se saouler avec le borgne. Elle se replonge dans sa lecture, mais relève la tête au bout de même pas cinq secondes et suit des yeux un trio de jeunes qui rit fort. Allez, tu scrutes encore une fois le paysage et zou tu lis deux pages. Deux petites pages c'est rien. Mais attends. Cette ombre chétive au loin, ce serait pas... Mais si !

▬ HÉ NYYYYX ! YOHOOOO ! HÉHOOOO ! Beugle-t-elle en se levant et en gesticulant. Tout le monde se retourne pour la regarder mais elle s'en fiche.

Abandonnant son banc, elle fonce vers la pauvre brune et l'aborde sans gêne. D'accord, celle qu'elle appelle le fantôme de la bibliothèque n'est peut-être pas la compagnie idéale mais tout prétexte est bon pour échapper à ses pseudo-révisions. Et puis c'est une bonne occasion de faire plus amplement connaissance. De mémoire, Laverne ne se souvient pas avoir eu une vraie conversation avec la bibliothécaire.

▬ Ça va miss ? Qu'est-ce que tu fiches seule dans le coin ? T'attend un petit ami ? Blague-t-elle. Enfin c'est sûrement pas drôle. Si ça se trouve elle se rend vraiment à un rendez-vous amoureux. Mais noooon, qui sortirait avec un zombie pareil ? Ah c'est pas gentil de penser ça ! Vilaine Laverne, vilaine ! Mais dans le fond, qu'est-ce qu'on en a à battre...

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MessageSujet: Re: Monkeying around ☸ Nyx   31.07.15 17:22






Monkeying aroundDesperation.



Cette journée fut plutôt calme. Je n'avais pas eu grand-chose à faire dans les jardins, et exceptionnellement, la bibliothèque n'ouvrirait pas pour cause de travaux. Un nouveau rayonnage était en train d'être monté, et vu la taille du monstre, c'était assez dangereux. On m'a donc donné la nuit de libre. Ne sachant pas vraiment quoi faire, et une fois mon travail en tant que jardinière fut terminé, je fis un petit tour en ville. Aujourd'hui, je n'avais eu qu'à arroser toute la végétation de Dandelion, ayant enfin fini de tailler les haies hier. Cette occupation m'avait quand même pris une bonne semaine entière de son début à son accomplissement ! J'avais donc assez de temps pour faire un saut à la jardinerie. J'avais envie d'acheter quelques graines pour mon potager d'intérieur, et j'avais également besoin de quelques petits articles additionnels.


J'avais passé bien plus de temps que prévu là-bas : deux heures s'étaient écoulées. J'irais donc à la librairie après une petite collation, mon ventre commençant à signaler son appétit. Et c'est aussi à ce moment-là que ma calme journée prit fin. Alors que je m'étais arrêtée à mon stand préféré pour acheter mon grand sachet de gaufres fourrées, un homme un peu plus âgé que moi, cinq ans tout au plus, m'aborda sans doute à cause de mes vêtements fins. C'était vraiment déplaisant, ses remarques étaient lourdes et dignes d'un obsédé. Je l'ignorais du mieux que je pus, accélérant un peu le pas. J'allais couper par le parc aux mémoires, qui n'était vraiment pas loin, à trois minutes à pied du stand je dirais. Mais c'était sans compter l'insistance de l'homme, qui m'énervait de plus en plus. Je priais pour qu'il finisse par me lâcher, que quelqu'un que je connaissais puisse m'offrir une échappatoire sans avoir besoin de révéler mon identi…


...té. Un grand cri se fit entendre, me coupant de mes pensées. Mon premier prénom avait été crié par quelqu'un. Je m'étais stoppée nette dans ma pseudo-course, mon visage ennuyé et passablement irrité se tournant vers la source de ce raffut. Impossible de la rater, étant donné le personnage à l'origine de ce cri. C'était Laverne, qui gesticulait dans tous les sens, avant de foncer droit sur moi. Instinctivement, ayant peur de la collision, j'avais brandis inutilement mon sac rempli de graines ainsi que celui contenant mes gaufres. Mais elle s'arrêta à temps.


« Aaaah, donc la détentrice de ce corps de bonnasse s'appelle Nyx ! Alors, vas-tu me laisser enfin entendre le doux son de ta voix, puis plus tard des sons plus … excitants ? »


Le type lourd ricana derrière nous. Laverne … D'habitude on ne se parle pas vraiment. Elle m'a aidé une fois en faisant fuir des élèves un peu trop pénibles avec moi. Ils avaient poussé leur « blague » un peu trop loin et m'avaient fait tomber. La concierge était dans les parages et avait vu la scène. Elle m'avait aidée à me relever avant de poursuivre les trouble-fête, avant d'être revenue s'enquérir de mon état. Ce jour-là, nous avions eu la discussion la plus longue que l'on avait pu tenir toutes les deux : une minute tout au plus. Avant ça, j'avais cru remarquer qu'elle me jetait des coups d’œil un peu médisants, mais je n'y avais pas prêté plus attention que ça. J'allais avoir besoin d'elle, le problème, c'était que je ne savais absolument pas comment m'y prendre, en plus du fait que j'étais passablement froissée. La femme plaisanta sur le fait que j'attendais quelqu'un d'intime, plus communément appelé « petit-ami ». C'est vrai que le parc aux mémoires attirait beaucoup les couples, mais justement, j'étais en train de fuir quelqu'un. Sans chercher à comprendre plus que ça, je sortis une gaufre de mon sachet, et profitais que Laverne avait ouvert la bouche pour la lui enfourner dedans sans lui demander son avis. Une offrande en échange de son aide.


« Je te donne cette gaufre et en échange, débarrasse-moi de lui, s'il te plaît. Je n'en peux plus et je ne peux pas le faire partir toute seule … S'il te plaît, je ferais presque tout ce que tu voudras. »


En vérité, je ne lui avais pas laissé le choix en lui fourrant la gaufre dans le gosier. Je voulais tellement qu'elle m'aide, je savais qu'elle en avait les capacités, alors je lui avais un peu forcé la main. C'était le genre d'homme à ne pas laisser tomber avec les mots, et je n'avais clairement pas la force physique de le repousser. Si la concierge venait effectivement à mon secours, et c'est dire mon désespoir vis-à-vis de la situation, je lui serais entièrement redevable et serais prête à consentir à faire ce qu'elle me demandera … Dans la limite du raisonnable bien sûr.




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MessageSujet: Re: Monkeying around ☸ Nyx   02.08.15 1:46


Pauvre Nyx, même quand elle est en dehors du boulot elle est complètement à côté de la plaque ! La pauvre s'était cachée derrière ses sacs tandis que Laverne débitait ses questions débiles. Hé il faut bien faire la conversation d'une façon ou d'une autre ! Mais à peine Laverne a-t-elle le temps de deviner de l'agacement sur le visage de la brune qu'un vilain mot fait siffler ses oreilles.  

Bonnasse... Que-que-quoi PARDON ? Se retournant illico presto, Laverne tombe nez-à-nez avec un bonhomme trop vieux, trop moche et surtout trop vulgaire pour être ledit petit ami de sa collègue. Fronçant les sourcils, elle revient à Nyx et s'apprête à reprendre la parole pour lui demander de quelle manière elle voulait qu'elle se débarrasse de ce grossier personnage quand une gaufre non identifiée s'introduit dans sa bouche. Non pas que ça lui déplaît mais c'est pour le moins inattendu ! Enfin disons que Laverne préfère qu'on demande la permission avant de lui fourrer un truc dans le gosier. C'est pas une oie quand même...  
Dans tous les cas Laverne n'est pas femme à laisser une jouvencelle dans le pétrin ! Et surtout elle se fait toujours un plaisir d'en coller une à un machiste dégueulasse qui s'en prend à moins fort que lui. C'est sûr que c'est facile de suivre une pauvre petite nana seule comme Nyx ! Ceci dit le regard suppliant de la bibliothécaire est vraiment trognon mais ça ne justifie en rien un pareil comportement ! Bouillonnant de colère, Laverne ne se fait pas prier deux fois et enlevant la patisserie de sa bouche s'adresse au pervers en lui fusillant du regard :

▬ T'as entendu ? Elle a dit non alors casse-toi blaireau et reviens quand t'auras appris à parler avec ta tête au lieu de tes cou*lles !
Laverne prend sa tête de nana pas commode aux épaules larges de plus d'1m80 sur ses cuissardes. En général, en mettant bien les mains sur les hanches et en gonflant la poitrine ça marche très bien. Ceci dit, elle lit dans les yeux du type que ce dernier n'est pas prêt de lâcher l'affaire. Alors sentant très bien qu'il s'apprête à répliquer une bêtise machiste plus grosse que lui, elle claque des doigts et fait tomber une trombe d'eau glacée sur le crâne du malotru qui lâche un cri ridicule. Voilà qui rafraîchirait ses ardeurs. Sans plus attendre, elle profite de la surprise pour saisir le type par les épaules et lui assène un bon coup de genou dans les parties intimes. Pas de pitié pour les brutes de son espèce ! Et tandis qu'il se plie de douleur, elle le jette à terre d'un geste théâtral.
Très fière d'elle-même, elle tire une révérence à Nyx en se disant que si elle avait eu un chapeau de pirate à ce moment-là ça aurait été trois fois plus classe.

▬ Super Laverne pour vous servir ! Laverne jette un coup d'oeil par-dessus son épaule et voit le type rouler pour se relever en marmonnant. Préférant s'épargner un flot d'injures sexistes, elle prend Nyx par la main et l'entraine d'un pas rapide plus loin. Après tout, ne venait-elle pas de dire qu'elle serait prête à tout pour la remercier ? Allez viens on s'arrache. Puis elle s'arrête brutalement, se frappe le front et change de direction pour revenir vers son banc : Merde faut que je prenne mes bouquins ! Bin oui, les pauvres n'allaient pas rentrer tout seuls par l'opération du St Esprit !

Une fois revenue au banc point de départ, mais accompagnée d'une bibliothécaire fantôme, Laverne s'assied, croise les jambes et commence enfin à déguster - ou à se goinfrer - sa gaufre bien méritée en tapotant la place libre à côté d'elle :

▬ Pose tes fesses j'vais pas t'manger j'ai déjà la bouche pleine ! C'est bon tes trucs dis donc ! Elle louche vers le sac de sa collègue qui a l'air bien rempli de patisseries et le pointe du doigt : Ouah c'est pour toi toute seule tout ça ! T'as de la chance si ça te reste pas sur les hanches tout ce sucre !

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MessageSujet: Re: Monkeying around ☸ Nyx   03.08.15 3:02






Monkeying aroundPanic.



J'étais sûre que Laverne avait bon fond. Après tout, elle m'avait bien aidée une première fois, elle pourrait bien le faire une seconde fois, non ? Surtout qu'en plus, je venais de lui offrir gracieusement une de mes gaufres. Il m'en restait une bonne dizaine, certes, mais c'était une belle offrande pour obtenir son aide quand même. Et puis, elle avait peut-être faim. D'une pierre deux coups, je marquerais de points comme ça. Si la demoiselle à la peau mate était venue vers moi, c'est qu'au final elle m'apprécie un minimum ... je suppose ? D'ailleurs, les quelques mots que le type qui me suivait depuis un bon moment venait de prononcer avaient fait réagir instantanément ma collègue de travail, qui semblait tout aussi outrée que moi. Je me fichais de comment elle s'y prendrait, j'avais juste envie qu'elle m'en débarrasse, car c'était hors de ma portée, et je pensais vraiment qu'elle volerait à mon secours si je le lui demandais gentiment. Apparemment, la gentillesse et la politesse sont deux qualités très appréciées, qui ouvrent beaucoup de portes … J'avais également lu dans un livre que faire un regard de chaton marchait bien dans ces cas-là. Alors c'est ce que je fis à Laverne, me servant de ma mémoire pour me souvenir de la description de ce regard.


Désolée, j'étais obligée :
 


Cela sembla marcher, car la femme qui m'avait abordée lança une invective très fleurie au pervers. Elle était d'ailleurs plutôt impressionnante, avec sa taille qui rivalisait avec la mienne Mais là, elle portait des cuissardes, ce qui la plaçait plus haut que moi de quelques centimètres. En revanche, c'est sa stature qui faisait toute la différence. Alors que je suis toute chétive, elle est très carrée d'épaules et bien plus musclée que moi. Je ne ressemblais pas à un squelette, mais il faut bien avouer que je n'ai pas beaucoup de chair … excepté à la poitrine. Une bonne partie de mon poids devait s'y trouver d'ailleurs, si on enlevait celui de mes os. C'est d'ailleurs probablement à cause de ces deux excroissances que j'avais attiré cet obsédé. Et apparemment mes vêtements assez transparents également, mais pour moi, ils étaient tout ce qu'il y a de plus normal. A Ys, ce n'est pas rare de voir des gens vêtus de la même manière que moi. Enfin bref, Laverne allait s'en charger, alors je m'assis sur le banc juste à côté, et sortit une gaufre à grignoter devant le spectacle.


Après ses copieuses insultes, ma collègue s'amusa à faire tomber de l'eau visiblement froide sur la tête du type. Sans attendre, elle lui brisa les parties intimes avec un coup de genou bien placé. Instinctivement, un léger sourire se dessina sur mes lèvres, alors que je mangeais tranquillement ma sucrerie. C'était curieusement drôle à regarder, c'est comme si un sentiment de justice me gagnait, alors que je ne faisais que regarder. Les autres personnes présentes jetaient elles aussi un œil à la scène, l'air d'approuver ce que faisait Laverne. Une première gaufre disparut dans mon estomac, alors que j'attaquais la deuxième. Ma sauveuse, elle, s'amusa à faire tomber l'obsédé au sol, et me fit même une révérence. Au moins, elle s'était amusée, c'est le principal. Moi, j'en étais débarrassé, et c'est tout ce qui m'importait. J’acquiesçais de la tête pour la remercier.


« Merci, Super Laverne. »


La deuxième gaufre fut consommée, et alors que j'allais prendre une troisième dans mon sachet, ma main fut interceptée par ma collègue, qui me tira d'un coup rapidement à l'écart. L'homme se relevait, et elle voulait sans doute éviter qu'il ne nous importune davantage. Je préférais ne pas avoir à le supporter à nouveau, alors je me laissais faire, sans dire le moindre mot, me contentant juste de serrer fortement tous mes sacs. Je me demandais où elle allait m'emm…


Paf.


Elle s'était brutalement arrêtée, et comme elle me tirait derrière elle, forcément, je me suis un peu cognée dans son dos. Je n'ai même pas eu le temps de me poser pour reprendre mes esprits que Laverne m'entraîna dans le sens inverse, tout aussi rapidement. J'avais l’impression d'être un animal qu'on tenait en laisse et qu'on promenait à droite à gauche, m'enfin … Elle m'avait aidée, je lui devais bien ça. Et puis, je lui ai promis de faire presque tout ce qu'elle voulait … Je sentais le besoin de préciser le « presque ». Après tout, il semblerait que Laverne soit un peu trop épicurienne à mon goût, et je n'avais pas envie de faire quelque chose d'un peu trop fou. Elle avait mentionné des bouquins … Je ne l'avais jamais vue venir à la bibliothèque, pourtant. Elle aimait donc la lecture, elle aussi ? Max m'avait dit que pour se faire des amis, le mieux, c'était de trouver des passions communes. Je pouvais peut-être commencer par-là avec ma sauveuse ? Elle lâcha finalement ma main pour se rasseoir sur le banc où se trouvaient effectivement quelques ouvrages, dont je pus lire le titre sur la tranche. « Théorie de la magie, les bases en 20 leçons », « Principes de la fusion élémentale pour les débutants » ou encore « Techniques de concentration pour l'utilisation magique ». Oh, en fait, elle … révisait ? Comme une élève ? Elle était peut-être rouillée, ou bien elle n'avait jamais pu entrer à l'académie, comme moi … Vérifiant l'intégrité de mon nez, qui s'était heurté à elle un peu plus tôt, je la regardais un peu en train de dévorer et complimenter mon repas. Mes yeux se posèrent naturellement sur ses jambes qu'elle venait de croiser. Leur mouvement avait attiré mon regard, mais c'est vrai que je les trouvais jolies Je regardais les miennes, qui faisaient à peine la moitié des siennes en taille. Elle devait avoir fait beaucoup d'activités sportives au cours de sa vie pour les avoir aussi musclées … Je me demandais ce que ça faisait de faire du sport. Je n'ai jamais eu le droit d'en faire, pour une raison évidente : mon cœur malade. Le stresser, c'était me mettre en danger de mort.


« Tu as de belles jambes. »


C'était sorti tout seul. Max m'avait aussi dit que complimenter les autres quand on le pense vraiment était quelque chose de positif. Je ne devais pas hésiter à montrer aux autres mes opinions et mes sentiments … Facile à dire, quand on n'arrive plus vraiment à les discerner. Son invitation à m'asseoir à côté d'elle me fit un peu tiquer cependant. Enfin, m'embarrassa un peu. Le pervers avait utilisé pratiquement les mêmes mots ,et voyant que je n'avais même pas compris ce qu'il voulait dire, m'avait donné une explication explicite dont je me serais bien passé.


« Quand je t'ai dit que je ferais PRESQUE tout ce que tu voulais, les choses sexuelles étaient exclues de ma proposition … Je n'ai pas très envie que tu me manges maintenant, tu sais ... »


Je vins quand même m'asseoir à ses côtés, hésitante. Si jamais, je comptais sur les quelques réflexes pour la repousser.  J'avais également capté son regard envieux en direction de mon sac à gaufres. Je le luis tendis, ouvert, sans la regarder. Elle pouvait se servir, après tout, c'est vrai que j'en avais reçues un peu trop en supplément gratuit, cette fois. « Si jamais tu croises un ami à toi », avait dit le tenancier de mon stand favori. Comme quoi, il avait été un peu devin sur ce coup … Laverne ne faisait pas véritablement partie de ce que je pouvais appeler des amis, mais elle était gentille. La rajouter à mon cercle vide ne serait peut-être pas si mal … Encore faut-il que j'y arrive.


« Non, je ne grossis pas. Je fais marcher mon cerveau quasiment en permanence, alors il consomme le sucre que j'ingurgite. C'est pour ça que ces gaufres sont mes repas habituels, et que je dois en prendre beaucoup pour l'alimenter en énergie. Enfin … Je crois que je prends un petit peu à la poitrine ... »


Je la détaillais analytiquement du regard. Jambes, hanches, bras, ventre, poitrine, épaules, visage … Tout y passait. Je devais avoir l'air étrange à la fixer comme ça, mais j'avais l'habitude qu'on dise que je suis bizarre. J'allais même jusqu'à pincer doucement au niveau de ses hanches, tâter sa cuisse et son bras du doigt. Je pris même une de ses mains entre les miennes pour l'examiner. Elle était un peu usée, sans doute à cause de son travail.


« Pourquoi est-ce que tu lisais ces livres ? Tu souhaites te mettre à la magie ? Tu as été recalée à l'académie et tu regrettes de ne pas avoir pu étudier là-bas ? »


Je relâchais finalement sa main pour la regarder dans les yeux. Mais du mouvement derrière elle me fit décaler la tête, et écarquilles mes globes oculaires. Le pervers de tout à l'heure était resté dans les parages. Il avait sans doute remarqué les livres que Laverne avait oublié et avait guetté son retour. Il se tenait derrière elle, visiblement très remonté vu sa grimace furieuse et le bloc de cristal pointu qu'il levait au-dessus de la tête de ma protectrice. Instinctivement, je fis apparaître un gros bloc de terre solide et le fit foncer en plein visage de l'homme. Je ne savais même pas s'il était encore conscient, mais sa création cristalline venait de voler en éclat.


« Ne touche pas à Laverne ! »


Ca aussi, ce n'était pas contrôlé. C'était spontané. Peut-être que Max déteignait sur moi ? Je tremblais un peu, à cause de l'adrénaline. Mon cœur s'était accéléré durant l'action, sans que je ne l'ai remarqué. Je devais me calmer, ça devenait dangereux pour moi. J'essayais de calmer ma respiration. J'en aurais bien besoin, suite à ce qui allait se passer. Un CME était en train d'approcher vers nous, ayant très certainement dû assister à la scène. Je stressais un peu, et mon cœur s'emballa à nouveau. Je donnais de petits coups d’œil à Laverne, priant pour qu'elle nous sorte encore une fois de ce pétrin dans lequel je venais de nous fourrer …


« Hey, vous, les deux femmes sur le banc ! Qu'est-ce qu'il se passe ici !? Pourquoi elle a attaqué cet homme ? »


Mes yeux suppliaient littéralement ma collègue. Quelques larmes venaient s'ajouter à mon regard. Peur, stress … Ma thanatophobie se réveillait. Je fouillais comme si ma vie en dépendait – même si c'est effectivement le cas - dans mon sac, afin de trouver mes cachets pour me calmer dans ce genre de situation.




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MessageSujet: Re: Monkeying around ☸ Nyx   10.08.15 22:46


Elle est chou Nyx. Laverne se demande comment elle a pu la prendre pour une garce au début. Alors que ça crève les yeux que c'est juste une paumée de la vie. Mais une paumée gentille. Tellement qu'elle lui fait des compliments sur ses jambes, comme ça, gratuit. C'est inattendu mais ça fait plaisir. C'est rare qu'une fille lui dise ce genre de choses sans arrières pensées. Même si elle dit probablement ça parce qu'aujourd'hui Laverne porte un slim et la demoiselle n'a pas du voir sa cicatrice. Ce truc qui lui bouffe toute la cuisse droite. Ce n'est pas complètement moche mais ce n'est pas beau non plus.

▬ Merci chaton. Les tiennes ne sont pas mal non plus.

Elle ressemble à une petite poupée de porcelaine. Une poupée qui n'a visiblement pas tout compris. Laverne ouvre grand les yeux en entendant parler de « propositions sexuelles » et manque d'avaler de travers sa gaufre. Ça lui apprendra à parler sans réfléchir. Elle secoue les mains, se met du sucre sur les genoux et fait un non de la tête.

▬ Je plaisantais, je plaisantais ! Sans vouloir te vexer, je ne suis pas intéressée non plus !

Pas que le genre petit chaton perdu ne soit pas à goût, c'est juste que le moment n'est pas à la drague. On ne sauve pas une demoiselle pour prendre avantage d'elle deux secondes après. C'est juste sale. Et puis Nyx ressemble à une poupée de porcelaine. Le genre qui pourrait se casser si on y va trop fort avec. Le genre qui aussi visiblement ne grossit pas ce qui arrache un sourire envieux à Laverne. L'explication de la bibliothécaire est assez farfelue. C'est chelou de se nourrir de gaufres. En tout cas, de ce côté-là, la demoiselle a tiré le gros lot à la tombola de la génétique ! Laverne, elle, a hérité de la carrure d'ouvrier de son père. Elle ne s'en plaint pas. Ceci dit, si elle ne mangeait que du sucre, elle serait juste énorme. La femme de ménage n'a aucun complexe à propos de son poids, chose assez rare pour être soulignée, mais en bonne sportive elle essaye de faire attention à sa santé. Du sport, des légumes et beaucoup de sexe sommeil. Un esprit sain dans un corps sain. L'alcool c'est son seul péché mignon. D'ailleurs Laverne prend sur elle et ne ressert pas.

▬ Non merci chaton, je ne vais pas te voler ton repas. Mon cerveau ne doit pas fonctionner aussi bien que le tien alors parce que moi tout part direct dans la culotte de cheval ! Et je préfère le salé. Ah, tu me chatouilles ! Grimace. Elle retient un gloussement.

Laverne se laisse faire sans aucune gêne. Elle se dit qu'elle commence à comprendre Nyx. Cette dernière a des manies d'enfant. Il faut qu'elle touche, qu'elle observe. Elle est curieuse. Comme un petit animal. C'est dommage qu'elles ne se soient pas adressées la parole plus tôt car la femme de ménage trouve que finalement sa compagnie est amusante. On est loin du cliché du rat de librairie chiant à mourir. Comme quoi il ne faut jamais rester sur une première impression. Pour sa défense il faut cependant ajouter que ces derniers temps entre le ménage, les élèves grossiers et la session de recrutement des capitaines qui approche à grands pas, Laverne n'a pas eu tellement le temps de taper la discut pendant ses heures de travail.
Elle regarde Nyx, se dit qu'elle a de beaux cheveux. Tout lisses, tout noirs. Très longs. Pas comme les siens qui sont crépus et frisent dès qu'il y a de l'humidité. Ils finissent toujours pas être abimés à cause du fer à lisser alors Laverne n'arrive jamais à les avoir plus longs que sa clavicule. Il y a plus grave dans la vie. Comme les soucis de santé de Nyx. Quand on la détaille bien, on s'aperçoit vite que quelque chose cloche. De mémoire, en fouillant dans les dossiers de l'académie - et oui dur de ne pas y jeter un coup d'oeil quand on nettoie les bureaux de l'administration ! - Laverne a trouvé une note sur les problèmes de coeur de la jeune adulte. Elle n'a pas cherché plus loin mais c'est vrai que la demoiselle ne respire pas la santé et la joie. Elle se demande si c'est de naissance ou si c'est un accident. Mais ce serait trop grossier de sa part de poser la question. De son côté, son interlocutrice s'intéresse à ses bouquins et la questionne sur les raisons de ses choix de lecture. Laverne s'explique :

▬ Pas du tout, en fait je suis... Ou tente de s'expliquer car un événement impromptu la coupe.

Laverne sent une présence hostile derrière elle et à peine a-t-elle le temps de se retourner qu'elle retombe sur le vilain faciès du malotru de toute à l'heure. Lui n'a pas eu son compte et souhaite visiblement une revanche, aussi déloyale soit-elle. Un reflet attire son regard. Il est armé d'un pic en cristal. Ayant conservé de très bon réflexes, la femme de ménage se jette à terre en entrainant au passage Nyx. Tout va très vite. Dans la seconde où elles se retrouvent toutes deux par terre, un gros bloc de roche a jailli du sol et lorsque Laverne tourne la tête vers son agresseur avec la ferme intention d'en découdre, elle voit le projectile s'enfoncer dans le visage de son adversaire qui se retrouve par terre, son arme explosée en mille morceaux dont la plupart se sont plantés dans sa chair. Pour le coup on peut dire que qui est pris qui croyait prendre. Laverne trouve la situation très cocasse.

▬ Merci. Joli coup. Murmure-t-elle à sa sauveuse en lui tendant une main pour l'aider à se relever. Elle la sent trembler. Le choc sans doute.

À peine sont-elles toutes deux sur les deux pieds qu'un CME se mêle de la situation. Ceux-là arrivent toujours trop tard. Elle ne sait pas si c'est une bonne chose ou pas. Sans lui elle serait sûrement retournée foutre un bon coup de pied dans la gueule du pervers. Toutefois, ce CME n'a pas l'air d'être là pour leur venir en aide. Au contraire, il gesticule en pointant du doigt une Nyx qui tremble comme une feuille ce qui inquiète la femme de ménage. Naturellement, Laverne prend sa défense :

▬ Ce n'est pas elle c'est moi. Pas de panique, je vous explique. Ce type a essayé de m'attaquer pour une raison que j'ignore. Elle le pointe du doigt. Pas besoin de s'appeler Sherlock pour se rendre compte qu'il était armé d'un crystal qui a explosé. Il lui reste toujours un gros bout du pic dans la main. Et de toutes façons il est dans les vapes, il va pas se défendre. Alors par instinct je me suis défendue malgré moi en utilisant ma magie de la terre. Je suis une ancienne de Dandelion moi aussi.

Elle attrape son sac, fouille à la va-vite, sort un portefeuille trop usé en cuir couleur cognac et lui montre sa carte d'étudiante de dernière année pour prouver sa bonne foi. Mine de rien Laverne l'a gardée. Elle a les cheveux tout frisés sur la photo, du coup d'habitude elle ne laisse jamais personne la regard mais là c'est un cas de force majeure. Elle regarde Nyx du coin de l'oeil et lui prend doucement la main comme pour la rassurer :

▬ Excusez-moi, mon amie fait une crise d'angoisse. Ce connard lui a foutu la trouille de sa vie.

Rangeant son portefeuille et ses bouquins, Laverne passe un bras autour des épaules de Nyx et l'emmène doucement plus loin sans jeter un regard au CME. Après tout, elle est encore libre d'aller où elle veut. C'est pas un trouffion de sa trempe qui va l'arrêter. On est dans un Etat de droit non ?
Marchant tranquillement, elle se concentre sur la bibliothécaire :

▬ C'est bon c'est passé. Vas-y doucement. Respire avec moi. Inspire, un, deux, trois. Expire, un, deux, trois, quatre. Encore. Elle ne sait pas si ses exercices de relaxation vont aider mais elle ne peut pas rester sans rien faire. Elle a déjà aidé des gens en crise de panique auparavant, mais là, elle a la mauvaise impression que c'est plus grave qu'une crise d'angoisse.

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MessageSujet: Re: Monkeying around ☸ Nyx   15.08.15 4:09






Monkeying aroundDeath's embrace is here again ...



Ma tentative d'amadouer Laverne avec une bouille de chaton triste semblait avoir fonctionné, puisqu’elle m'avait qualifié comme tel, accompagné d'un compliment sur mes jambes également. Je ne m'attendais pas à ça, et prise au dépourvu, un réflexe fut de cacher mes jambes et de baisser la tête pour masquer mon embarras. Du coup, j'avais encore plus l'impression que Laverne voulait me … « manger », comme elle l'avait dit. Et puis, si ça se trouve, elle attendait juste une occasion de me le dire, des arrières-pensées plein la tête, puisque mes jambes ne sont pas totalement visibles … Certes, le fin tissu en dévoilait la forme, modifiant d'ailleurs la perception de la concierge au niveau de leur couleur, les fonçant bien plus que ce qu'elles étaient en réalité, mais elle ne pouvait pas en distinguer les détails. Enfin, c'est ce que je croyais. Elle dissipa mes doutes en réfutant ma théorie sur laquelle en disant vouloir me manger, cela sous-entendait un certain préliminaire oral. Par conséquent, son retour de compliment ne signifiait pas ce que je croyais. Etait-ce alors de la simple politesse, ou bien les aimait-elle réellement ? Peut-être la première réponse, puisqu'elle me certifia ne pas être intéressée par moi. Je soupirais de soulagement, et pour cacher mon embarras grandissant peu à peu au fil de la discussion sur nos formes féminines, je lui pris la main pour l'examiner.


Encore une fois avec le mot chaton. Est-ce que ça allait devenir mon surnom auprès de Laverne ? Un surnom … Je crois que je n'en ai jamais eu. Mon prénom – pas celui dont tout le monde ignore son existence, à savoir Hécate – était monosyllabique, donc peu propice à une utilisation possible pour un potentiel sobriquet. Ma mère m'appelait Nyny parfois, mais cela ne comptait pas vraiment. Cela ne me posait pas trop de problème … C'était juste un peu surprenant et nouveau pour moi. Les surnoms sont censés être une marque affective, de ce que j'ai compris. Il me semblait au tout début que Laverne ne m'appréciait pas. Je le sentais dans son regard. Et pourtant, aujourd'hui, elle était très gentille avec moi. Elle m'avait déjà secourue plusieurs fois à l'académie, et elle venait de le faire encore il n'y a même pas un quart d'heure. Elle m'avait aussi complimentée. Elle m'appelait chaton … S'était-elle prise d'affection pour moi ? C'était ce qui semblait le plus logique. Je l'aimais bien moi aussi, alors j'imagine que cela ne pose aucun problème. La femme à la peau sombre refusa de se resservir en gaufres, ironisant sur le fait qu'elle prenait beaucoup du fessier lorsqu'elle mangeait déséquilibré.


« Je les trouve très bien, moi, tes fesses ... »


Non seulement c'était la vérité, mais je voulais également la rassurer. Je crois que souvent, lorsque les gens se plaignent de ce genre de choses, c'est que cela les affecte plus qu'il n'y paraît. Je supposais donc que c'était le cas de Laverne, bien qu'elle ne soit pas du genre à avoir ces complexes. Elle avait ses charmes et les connaissait très bien. Je l'avais d'ailleurs aperçue une fois en jouer auprès d'un type avec un œil bandé. Un capitaine, je crois. Il devait sans doute lui plaire, car même de loin, j'avais pu voir que son attitude était différente de ce que j'avais l'habitude de voir avec elle. Mais cela ne me regarde pas, après tout. Je m'étais souvenue, alors que j'examinais sa main pour me distraire et récupérer ma composition habituelle, que ses livres traitaient des principes de base de la magie. Je lui avais donc posé la question sur ses motivations, mais c'est à ce moment que j'avais remarqué le danger qui guettait ma protectrice. Heureusement que nous avions toutes les deux des réflexes … Alors qu'elle m'avait embarqué avec elle dans sa chute afin d'esquiver une potentielle attaque, j'avais réussi à viser correctement ma cible. Le visage de ce sale type s'en souviendrait pendant un moment. En revanche, toute cette action frénétique n'était vraiment pas bonne pour moi.


Déjà, l'effet de surprise et la sensation de danger imminent avait fait couler bien trop d'adrénaline dans mon frêle organisme. La peur en avait rajouté, embrumant mes capacités de réflexion et motrices. Mes jambes étaient lourdes, je sentais mon cœur battre à toute allure dans mes tempes, le sang affluer jusqu'à mon cerveau. Ce rythme cardiaque était bien trop élevé, et par conséquent extrêmement dangereux pour moi. Je paniquais donc encore plus, ayant d'autant plus peur de mourir que de devoir imposer une crise de ma maladie à Laverne. Personne ne m'avait vu publiquement dans cet état, pas même Felicia, l'infirmière. Je saisis la main que me tendais la concierge fébrilement, espérant que ce chaud contact me calmerait. Mais c'était sans compter l'arrivée de ce CME, visiblement suspicieux envers ma personne d'avoir agressé le harceleur. Ma terreur s'intensifia, emballant au passage mon cœur dans un rodéo d'une rare intensité. Je n'arrivais pas me calmer, ma respiration était hachée et bruyante. Je cherchais en vain de quoi pouvoir m'apaiser ne serait-ce qu'un peu pour récupérer quelques facultés cognitives, mais c'était peine perdue. Je fis alors inconsciemment ce que mon instinct me dicta : m'agripper de toutes mes très maigres forces à Laverne, comme un enfant koala le ferait avec sa mère. J'enfouissais mon visage dans son cou, coupant ainsi ma vision de quoi que ce soit qui aurait pu renforcer ma peur. Je ne pouvais rien faire pour l'ouïe cela dit. Cependant, à force de respirer difficilement par la bouche, j'étais proche de faire un malaise, ce qui signifiait un sens auditif troublé et fortement atténué. Je faisais tout mon possible pour essayer de penser à quelque chose de rassurant. Le corps chaud de Laverne, son visage, sa présence me calmaient un peu. Elle avait cette force et cette présence qui me faisaient complètement défaut. C'était quelqu'un sur qui on pouvait compter. Je me concentrais le plus possible sur cette image que j'avais d'elle pour forcer mon cœur à réduire la cadence, et à mon esprit de se reprendre. Cela marcha un tout petit peu.


Je n'avais pas entendu la moindre parole de leur échange, mais lorsque mon visage se détacha du cou de la concierge, il me semblait qu'elle avait réussi à convaincre le CME que nous n'étions que les victimes du harceleur. Elle m'entraîna plus loin, me soutenant à l'aide de son bras. J'avais mes sacs avec moi, et fort heureusement, car la suite n'allait vraiment pas être plaisante, ni pour elle, ni pour moi. Mon ouïe revenait doucement à la normale, troquant ma quasi-surdité temporaire avec un gros mal de crâne. Ca encore, ce n'était pas le plus dérangeant. Laverne me parlait, tentait de me rassurer, de m'aider à me calmer. Mais mon muscle cardiaque ne semblait pas être de cet avis. Alors que nous étions en train de marcher, et que j'essayais de faire ce que me disait ma protectrice, je sentis d'un coup toutes mes forces m'abandonner, et je m'écrasais au sol. Mon énergie me quittait, mon rythme cardiaque devenait irrégulier, et de plus en plus faible. Ma maladie était en train de frapper. Ma vision se brouillait, mais mon instinct me fit chercher mon sac. La main tendue, il me semblait à la fois si près et tellement loin … Par je ne sais quel miracle, il sembla arriver dans ma main. Tremblant comme une feuille, je fouillais à l'aveugle à l'intérieur, jusqu'à trouver ce que je cherchais. Une seringue contenant une substance capable de contrer les effets d'une crise comme celle que j'étais en train de faire. Je me mis difficilement sur le dos, tâtonnant au niveau de ma poitrine pour trouver l'endroit habituel où je devais planter cette maudite aiguille. Mais vu comme je tremblais, je n'y arriverais pas toute seule. Mes yeux vitreux et embués de larmes se posèrent sur Laverne. Il fallait absolument que j'arrive à lui faire comprendre ce qu'elle allait devoir faire, sinon … Je préférais ne pas y penser. Me concentrant le plus possible, rassemblant tout ce qu'il me restait de forces, je tentais de prendre la parole.


« Veine … Près du cœur … Plante en entier ... »


Il fallait qu'elle m'injecte le contenu de la seringue qui avait roulé à côté de moi au niveau d'une veine proche de mon cœur. Son contenu était capable de lui redonner un bon coup de jus, empêchant l'infarctus. Tout reposait sur Laverne, à présent … Je fermais les yeux, essayant de m'empêcher de trembler, sans rencontrer trop de succès. Puis, une douleur intense se fit ressentir, me faisant glapir un peu. Une sensation extrêmement désagréable gagna le peu de sens qu'il me restait. Avait-elle réussi ? Il semblerait bien … Elle, ou qui que ce soit d'autre. Deux ou trois minutes s'écoulèrent, avant que je ne sente le calme revenir dans mon muscle cardiaque. Je rouvris mes yeux fatigués, la respiration certes haletante, mais elle aussi plus calme et régulière, et les posais sur Laverne.


« Merci … Tu peux m'allonger ... sur un banc, s'il te plaît ? »


Il fallait que je me remette un peu de mes émotions. Rentrer ne servirait à rien pour l'instant, puisque dans tous les cas, on aurait de la marche. Je n'avais également pas envie de faire perdre sa soirée à Laverne, surtout que maintenant, ça devrait aller. Elle pourrait continuer à lire ses livres pendant que je récupérerais suffisamment de forces pour marcher.


« Pardon pour ce spectacle … J'aurais préféré que personne n'y assiste. »


J'avais sans doute dû beaucoup l'inquiéter, et je m'en voulais un peu pour ça. Je m'en voulais sur deux niveaux : avoir inquiété Laverne, mais aussi le fait de lui avoir montré la raison pour laquelle je repoussais les gens autour de moi. Je crois avoir son affection, si l'on se fie au surnom « chaton » qu'elle me donne. Si je devais refaire une crise, ou pire, elle serait sans doute affectée, à présent … J'avais commis une faute. Involontairement, mais une faute tout de même … Enfin bref, ce n'était pas vraiment le temps d'y penser. Je devais essayer de la rassurer à mon tour.


« Tu n'as pas eu le temps de finir ton explication, tout à l'heure … Pourquoi ces livres ? »


Dans mes livres, lorsqu'un personnage principal tente de rassurer ses compagnons alors qu'il est blessé, il change régulièrement de sujet pour parler de quelque chose de trivial. Sur le papier, c'est une théorie qui se tient et qui fonctionne. En pratique dans le monde réel, je ne savais pas si cela marchait. C'est donc un baptême du feu pour moi ...




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