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 Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]

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Aer


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MessageSujet: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   29.06.15 23:46



Quand on se jette dans la gueule du loup.
feat. Siskah Vay

Deux semaines. T'avais mis deux semaines pour retrouver son téléphone portable de merde. Deux semaines pour le retrouver à moitié défoncé, l'écran pété et les touches inutilisables. Sur le coup, tu t'étais énervé, t'avais failli laisser tomber, t'avais même défoncé la gueule du mec un peu plus. Ca t'avait défoulé, ça t'avait aidé à expulser la colère, cette haine montante et ce dégoût de toi-même. En bref, il était inutilisable, t'avais passé deux semaines à vagabonder et à demander à droite et à gauche pour savoir qui avait traîné quatre semaines auparavant au bar qui avait volé le portable de Siskah Vay. En soit, deux longues semaines de recherches intensives pour que dalle, parce qu'au final, tu lui avais fait réparé et ça avait faillit te coûter la peau du cul.

Littéralement.

Presque le gars il te demandait de payer en nature, ce vieux pervers dégueulasse.

Tu vagabondes dans les couloirs, comme à ton habitude. Tu voulais passer au conseil des élèves, pour lui donner son téléphone, mais t'étais pas sûr qu'elle t'envoie pas balader comme une merde vu que votre dernière rencontre restait... explosive. Dans tous les sens du terme. Et t'avais pas envie de passer par le BDE, encore moins depuis que t'avais aidé Siskah à fissurer le mur. T'en étais pas fier, de tout ça. Mais t'avais une dette envers elle. Elle, elle t'avait retrouvé ta chaîne - qu'au final elle avait gardé, tu te demandais même si elle l'avait toujours sur elle - et toi, tu lui ramenais son téléphone.

C'était du donnant donnant.

Comme ça l'avait toujours été entre vous.

Dans tous les cas, vu que tu passes par là, tu décides de faire un tour à la salle de musique dans laquelle tu n'as pas mis un pied depuis trois semaines. Tu jouais plus depuis trois semaines non plus. Comme si ta dispute avec Siskah pouvait avoir une quelconque influence sur ton moral. Tu avais repoussé ça en bloc, mais fallait se rendre à l'évidence. Ne plus voir la rousse laissait un vide dans ton emploi du temps que tu n'arrivais pas à combler.

Ah, c'était trop niais pour toi. Tu t'en serais foutu des claques. Putain de merde. Ca te donnait presque envie de vomir, toute cette merde.

Tu entres dans la salle de musique pour récupérer les quelques partitions que tu avais laissé traîner trois semaines auparavant et tu te stoppes en plein milieu de la pièce. Evidemment.

Evidemment. Tu étais l'homme le plus chanceux du monde.

Qu'est-ce qu'elle foutait là ? Pourquoi elle était pas à son conseil comme tout le temps, ou à la bibliothèque comme la bonne élève qu'elle était ? Putain. Quelle chance tu as, Arthur.

Bon, vu qu'elle était là, et que toi aussi... autant prendre le taureau par les cornes. Jette toi dans la gueule du loup, dans le pire des cas, rien de très grave peut t'arriver.

Tu prends une inspiration et t'avances vers elle, sortant de ton sac son téléphone comme neuf et tu le poses devant la table devant elle dans un bruit un peu lourd, dans une tension qui te rend mal à l'aise.

C'est ton téléphone.

Captain Obvious putain.

J'pense que t'en as retrouvé un depuis mais...

Oh et puis merde.

J'ai pensé que, enfin.

Tu soupires. T'es vraiment nul pour les excuses.

Ecoute j'suis un con, voilà. Et c'est tout ce que j'ai trouvé pour m'excuser.

Alléluia ! C'était sorti. Maintenant, tu refermes ton sac et tu remets tes mains dans tes poches, prêt à repartir, abandonnant également tes partitions. Au pire, tu repasserais.




Dernière édition par Arthur Aceline le 01.07.15 19:04, édité 1 fois
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Zeta


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MessageSujet: Re: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   30.06.15 2:26

I'm caught in a hurricane
I'm leaving here dead or alive ;
And I know that I'd be willing to feel
The pain if it got me to the other side

Tu n'avais pas croisé Arthur depuis votre désaccord, et c'était pour le mieux. Tu ne te sentais ni l'envie, ni la capacité de lui faire face pour le moment. Et le moment d'après. Et celui d'encore après.

Ne plus l'avoir dans ton quotidien, c'était quelque chose. La routine avait repris le dessus sur ta vie ; Il y avait bien sûr quelques personnages pour la bouleverser, comme Aaron, Indie et Athéna, mais tout était rentré dans l'ordre, maintenant. Tu t'étais persuadée que c'était comme ça que les choses devaient être - c'est à dire calme et paisible - mais tu avais tout de même le sentiment qu'il te manquait quelqu'un, dans ton entourage.

Alors tu fis la seule chose envisageable, à ce niveau d'incertitude et de doute : Jouer un morceau. Tu avais pris ta guitare électrique avec toi, pour l'occasion, et Sale Fils De Pute dans ton sac. C'était le nouveau surnom de ton lapin domestique, faute de meilleures idées. Inutile de préciser de qui tu t'étais inspiré pour trouver ce charmant sobriquet.

Contrairement à ce que son nom pouvait laisser penser, SFDP (pour les intimes) était en fait un animal de compagnie très appréciable, câlin à souhait et surtout, immobile. Ainsi, en découvrant des partitions égarées dans la salle de musique, tu avais délaissé ta guitare pour son piano, et t'étais permise de poser SFDP près de toi.

Puis tu commenças à jouer. D'abord, cela fut maladroit et imprécis mais au fil des notes, tu te sentis progressivement de plus en plus à l'aise. Tes doigts dansaient maintenant sur les touches noires et blanches de l'instrument avec aisance et automatisme, comme si tu avais joué ce morceau toute ta vie. Tu finis par fermer les yeux, en te laissant emporter par ta propre musique loin des conflits de ton présent, juste pour un instant.

Les conflits de ton présent te revinrent dans la figure à une vitesse folle quand on posa un téléphone qui te semblait étrangement familier près de toi. Tellement familier qu'il semblait presque pouvoir t'appartenir.

Une petite seconde.
C'était TON téléphone !

« C'est ton téléphone. »

Oui, ça, tu venais de le réaliser. Arthur et ses remarques tellement...

ARTHUR BORDEL D'ACELINE.

Tes doigts se crispèrent sur les touches du piano, et tu relevas la tête, bien que tu demeurais encore incapable de croiser le regard du garçon. Tu t'apprêtais déjà à te lever et à partir, avec SFPD dans les bras, mais tu étais polie, Siskah, tellement attachée aux conventions et convenances. Alors tu l'écoutas parler, en jetant cette fois ton regard dans le vide.

« T'as vraiment pas de vie pour chercher cette merde, hein, Aceline ? »

Ton visage était fermé, et tes yeux de la même noirceur qu'il y avait deux semaines, comme si tous tes états d'âmes de cette date venaient de te revenir. Tes mains avaient quitté le piano pour se croiser sous ta poitrine, preuve que tu demeurais distante au garçon. Deux semaines de silence n'était pas assez. Deux mois non plus. Ce n'était pas le genre de conflit qui pouvait se résoudre avec le temps, et sans paroles.

« Ça t'est familier ? »

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MessageSujet: Re: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   30.06.15 8:57



Quand on se jette dans la gueule du loup.
feat. Siskah Vay

C'était une catastrophe. Tu voyais la catastrophe te venir en pleine face, tu sais qu'elle va arriver, elle est là, elle est là et tu attends qu'elle parle, d'un certain côté, pas vraiment décidé à partir si vite. Pour toi, c'était un grand pas niveau excuse, elle, ça devait lui faire ni chaud ni froid. D'un certain côté, tu lui avais rendu ce qu'elle t'avait donné : elle avait cherché ta chaîne, tu avais cherché son téléphone. C'était comme ça. C'est comme ça. C'est tout. Il faut pas chercher plus loin. C'était pas des excuses. Non, c'était rien. Rien du tout.

T'as vraiment pas de vie pour chercher cette merde, hein, Aceline ?

Joli, tu l'as mérité.

J'ai du temps libre depuis un certain temps, réponds-tu au tac au tac.
Ça t'est familier ?

Tu hausses les épaules comme simple réponse, parce que tu ne vois pas quoi lui dire. Tu ne le prends pas mal. C'est pas quelque chose que tu vas prendre mal. C'est juste un retour de baffe, point barre.

Tu as vraiment l'impression d'être face à un mur, un énorme mur infranchissable et tu n'as pas forcément envie de le franchir. Alors tu te contentes d'attraper tes partitions qui traînent pas très loin sur la table et de les foutre dans ton sac.

Tu veux partir, vite. Parce que tu es mal à l'aise.

Trop mal à l'aise.

Et pourtant, tu restes là, devant elle, comme si tu attendais quelque chose, comme si tu voulais dire quelque chose. Ta bouche s'ouvre, puis se referme. Tu détournes le regard, soupires et passes une main un peu moite sur ta nuque. Et dire que t'en aurais rien eu à foutre, quelques mois auparavant.

Dis quelque chose. Dis quelque chose. Dis quelque chose avant qu'elle n'ouvre la bouche. Dis quelque chose avant qu'elle se lève, avant qu'elle parte. Fais le. Fais le bordel !

A plus, Vay.

Ah bah bravo. Bravo. Toutes les récompenses du monde. Lâche, couard, petit con intergalactique.


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MessageSujet: Re: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   30.06.15 16:34

I'm caught in a hurricane
I'm leaving here dead or alive ;
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Sa réponse te rappelle ta propre situation. Tu avais comblé le trou dans ton emploi du temps en pratiquant le piano avec une passion nouvellement trouvée, maintenant qu'Arthur n'occupait plus celui de la salle de musique. Tu t'étais également remise à tes lectures diverses et variées, et savais désormais comment fonctionnait une machine à laver sur le bout de doigt. Une honte que tu ne puisses désormais plus l'expliquer à Aceline.

Tu t'étonnes quand il se contente d'hausser les épaules, à ta question. Tu aurais préférais qu'il t'insulte, qu'il se vexe, pour te donner de nouvelles raisons de le détester. Parce que tu savais que tu devais lui pardonner, d'une façon ou d'une autre. Tu savais que si toi, tu n'en étais pas capable, alors que tu étais la mieux placée pour comprendre son comportement, alors personne d'autre ne pourrait le faire. Mais tu avais peur, Siskah.

Ce n'était pas le type de peur que tu ressentais quand un monstre menaçait de te déchirer en deux. Ce n'était pas ces échos misérables de tes frayeurs d'enfance, qui te frappaient parfois quand tu regardais avec attention tes cicatrices. C'était une peur nouvelle, celle de t'embarquer dans un autre cycle avec Aceline. Tu imaginais déjà le déroulement des choses : Tu lui pardonnerais. C'était une vérité inaltérable, qui se produirait d'une façon ou d'une autre. Et ensuite ? Le pouvoir qu'il exerçait sur toi – celui de pouvoir te blesser -, ça t'agaçait vraiment. Tu te disais que ça devait aussi être son cas, que cela expliquait sa peur de s'attacher. Mais lui te blessait volontairement, et ça t'attristait profondément.

Tu ne réagis pas quand tu le vois s'en aller puis tu remarques qu'il te manque quelque chose. Cela te fait relever la tête, et pire encore : Cela te fait l'appeler.

« Arthur. » Tu le regardes dans les yeux, chose que tu n'avais pas faite depuis le début de votre entretien. « J'étais en train de jouer. » Que tu lui lances, la mine visiblement agacée, comme à ton habitude.« Avec ces partitions. » Tu te sens l'obligation de lui préciser.

Tu sais, celle que tu viens d'embarquer devant mes yeux. Tu te demandes d'abord s'il cherche à se moquer de toi, puis réalises que ces fiches égarées ne l'étaient peut être pas tant que ça finalement.

« Ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu jouer ici, d'ailleurs. »

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MessageSujet: Re: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   30.06.15 20:43



Quand on se jette dans la gueule du loup.
feat. Siskah Vay

C'est pas forcément la meilleure des choses à faire, fuir. Fuir, c'est pas ce qu'il faut faire et tu le sais, mais tu ne sais faire que ça, tu ne peux faire que ça pour le moment, t'as pas d'autres options qui s'offre à toi à part la fuite. Ta démarche n'est pas forcément assurée, mais tu avances quand même quand sa voix te fait te stopper, te retourner, même, pour l'observer. Elle t'a appelé par ton prénom, en plus.

J'étais en train de jouer. Avec ces partitions.
Mes partitions donc, ne peux-tu t'empêcher de rajouter.

Oui les tiennes, celles que tu avais écrites toi, même. Non pas que tu prenais un plaisir à dire que tu créais de la musique, mais il n'empêche que ça restait tes partitions, ta création, ton esprit, ton imaginaire, ton monde. Tu te mords la lèvre quand elle reprend la parole et tu hausses les épaules. Ouais, ça fait un moment que tu n'es plus venu dans la salle de musique. Ca fait un moment que tu joues plus du piano et tu es actuellement dans le club plus pour être un nom sur une liste obligatoire qu'autre chose.

J'ai arrêté.

De venir, de jouer, de créer, de composer. T'as arrêté parce que ça te bloque, t'as arrêté parce que t'arrives pas à te mettre devant un piano sans penser à Siskah Vay et son regard supérieur, sa poigne sur ton col et ton poing dans le mur. T'as arrêté parce que tu peux pas t'empêcher de penser à elle alors que tu souhaiterais ne penser à rien.

Et ça te bloque.

Elle te bloque.

Et ça t'énerve par-dessus tout. Alors t'as tout simplement arrêté, parce que c'est plus simple, parce que tu fuis, et que de toutes façons, tu ne pourras t'empêcher de penser à elle alors que tu joues du piano, et ça t'énerve. Ca t'énerve vraiment. Alors t'as tout simplement arrêté. Et ton emploi du temps te paraît encore plus vide qu'avant.


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MessageSujet: Re: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   30.06.15 21:39

I'm caught in a hurricane
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Tes paroles parviennent à l'arrêter. Tu réalises que cela te rassure, d'enfin avoir une conversation sérieuse avec lui. Deux semaines de silence, c'était long. Si votre première discussion se terminait par « À plus Vay. », tu avais la certitude que les choses mettraient du temps, beaucoup de temps, à s'arranger. Et tu n'étais pas du genre patiente avec ce genre d'histoires.

Ton idée était donc avérée : Ces partitions lui appartenaient. Tu déduisais de leurs natures manuscrites qu'elles avaient également étaient écrites par sa personne. La mélodie inscrite sur ces feuilles t'était, après tout, totalement inconnue, alors que tu avais une grande culture musicale. C'était un morceau qu'il avait composé. Tu venais de jouer un morceau qu'il avait composé.

Quand il t'annonce avoir arrêter la musique, tu es forcée d'arquer un sourcil. Alors reprends, es-tu tentée de lui lancer, mais tu n'es pas sûre que ça l'amuserait beaucoup. Était-ce à cause de votre dispute ? Elle t'avait toi même beaucoup perturbé et cela se ressentait dans tes notes scolaires les plus récentes. Mais tu devais te reprendre. Tu ne pouvais pas laisser les autres influer sur cette vie, qui était la tienne. Tu avais des gens à contredire par ton intelligence, des théories à prouver. Arthur n'était donc pas dans le même cas ?

« Oh ? Et pourquoi donc ? »

Parce que ça t'échappait que lui, qui se prétendait hors de la portée des autres, puisse changer si aisément sa routine par la faute de l'un d'eux.

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MessageSujet: Re: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   30.06.15 22:15



Quand on se jette dans la gueule du loup.
feat. Siskah Vay

Pourquoi ? Cette question t'énerve plus qu'autre chose, vraiment. Cette question te rend fou, te donne envie de t'énerver. Pourquoi pas ! aimerais-tu lui hurler. Hein, qu'est-ce qu'elle en avait à foutre, de tes états-d'âmes, de ta non-création, de ton emploi du temps vide, des problèmes que tu fuyais plus facilement que tout parce que... parce que tu ne savais pas faire autrement.

Tu ne lui réponds pas et un long silence s'impose, un silence qu'elle ne brise pas, que tu ne brises pas non plus. Tu sais qu'elle veut la réponse, elle veut la réponse et elle l'aura, elle a toujours ce qu'elle veut, de toutes façons. Elle a toujours ce qu'elle veut, tout le temps et quand elle le veut, surtout.

Ton regard se pose sur le piano à queue et un goût amer vient te prendre la bouche. Tu ne sais pas vraiment pourquoi tu as arrêté. Tu ne sais pas vraiment pourquoi. C'est juste cette sensation, cet étourdissement, ce dérangement, cette frustration, tout à la fois. C'est ce tout plein qui t'empêche de poser tes doigts sur les touches noires et blanches. T'étais pas là pour parler philosophie et théoriquement, tu voulais juste partir. Tu voulais juste fuir, t'en aller, aller courir, t'entraîner, te défouler.

C'est comme si le piano t'était interdit.

C'est comme si tout ce qui te retenait au monde t'était interdit. Parce que tu n'es pas un pianiste, Arthur. Tu n'es pas l'homme doux, tendre et serviable. Tu n'es pas celui qui a le droit de s'asseoir sur ce banc, d'appuyer sur ces pédales et de toucher ces touches. Tu n'en as pas le droit parce que tu es celui qui fonce, celui qui combat, celui qui meurt. Tu n'es pas celui qui réfléchis, celui qui est distingué, celui qui survit. Tu n'es que le gosse qui a passé sa jeunesse dans les rues, celui dont on ne se soucie pas et qui n'a pas trouvé sa place dans ce monde si grand pourtant. Tu es le rebut de la société, le cafard, celui dont on ne veut pas.

Et t'asseoir devant un piano, si beau, si magnifique, si noble ne te montrait que plus terne, plus sale, plus abject et commun.

Et c'était son regard sur toi, sa poigne sur ton col et ton poing dans le mur qui t'avait fait réaliser tout ça. Alors tu la haïssais un peu plus, sans vraiment pouvoir le faire non plus.

Au final, tu ne fais que hausser les épaules. Parce que tu n'as rien d'autre à faire, rien d'autre à dire, et qu'il n'y a surtout rien à faire, et surtout rien à dire. Tu laisses même échapper un soupir :

T'as besoin de quelque chose ou je peux y aller ?

Parce que tu n'avais pas forcément envie de faire un aller retour pour ses beaux yeux. Soit tu partais, soit tu t'installais sur une table.


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MessageSujet: Re: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   30.06.15 23:35

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Ton agacement ne pouvait que grandir à chaque silence qui s'imposaient entre vous. Il fuyait toutes tes interrogations par un haussement d'épaules et tu commençais à penser que les choses étaient perdues, avec lui. Qu'il était plus sage pour toi d'abandonner, de laisser ce garçon troublé derrière toi. Mais tu n'étais pas capable de lâcher prise. Tu l'avais déjà dis à Athéna, et tu te le répétais encore.

Tu finis par te lever, en attrapant SFDP dans ton mouvement, que tu collas à ta poitrine. Histoire de te donner du courage, et la volonté de continuer à tirer Aceline vers le haut. Tu n'étais pas tellement certaine que c'était ce que tu faisais, avec lui : Peut être étais-tu un poison, une fois à ses côtés. Peut être l'empêchais-tu d'évoluer sans y faire attention.

Oh, tu te sentais abandonner. Tu voyais bien que votre amitié était à sens unique. Ça te peinait, mais c'était la vérité, et tu étais tellement attachée à la vérité. Il te suffisait de te remémorer ce qu'il t'avait dis il y avait deux semaines de cela. C'était une preuve suffisante.

« T'as besoin de quelque chose ou je peux y aller ? »

Si seulement Athéna pouvait sortir du sol et retourner la situation du tout au tout comme elle savait si bien le faire. Malgré des années de vies à ses côtés, il fallait croire que tu n'avais pas hérité de son savoir-vivre, ou de ses aptitudes sociales excellentes. Ou de son sens de l'humour. Ou même de sa bienveillance.

La vérité. La science. Les faits.
Ça, c'étaient des choses avec lesquelles tu excellais.

Alors pourquoi n'étais-tu pas assez habile pour t'en servir et retourner la situation, comme Athéna le ferait ? Tu te prétendais être l'excellence, mais tu ne savais même pas garder un ami. SFDP en équilibre dans tes bras, tu regardas un instant ton poignet droit, l'air absent. Plus jamais.

Tu avais essayé. Tu avais essayé la gentillesse et la méchanceté. Tu avais essayé de le mettre en face de ses craintes ou d'éviter de l'y confronter. Tu en étais au point où la seule solution restante, c'était soit de se taper dessus, soit de le laisser dans ses réflexions. Peut être qu'au bout de la troisième semaine, il se secouerait. Peut être qu'au bout de la troisième semaine, il comprendrait que tu l'appréciais beaucoup, comme lui t'appréciais, et que oui, il avait à craindre, en se rapprochant de toi, mais que la vie était comme ça. Tu étais blessé, parfois. Brisé, de temps en temps. On t'aidait parfois à ramasser tes morceaux, mais dans le fond, tu ne pouvais faire que ça : L'aider. Il devait se reconstruire tout seul.

Alors comme réponse à sa question, tu haussas les épaules, comme il le faisait si bien.

« Je ne sais pas, Aceline. Et toi, tu as besoin de quelque chose ? »

Parce que lui et seulement lui pouvait te guider, étant donné ton état de perdition.

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MessageSujet: Re: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   01.07.15 0:04



Quand on se jette dans la gueule du loup.
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Elle s'est levée et elle est si proche de toi, maintenant. Ton regard se pose sur le lapin qu'elle tient entre ses bras et tu te mords la lèvre. Elle l'a gardée, au final. Ton regard s'arrête sur sa main droite. Son poignet droit plus exactement et tu te mords la lèvre sans même t'en rendre compte. Elle l'a gardée. Elle l'a gardée alors que tu l'as envoyée balader. Elle l'a gardée alors que ça fait presque trois semaines que vous ne vous parliez plus. Elle l'a gardée alors que tu as été un mec exécrable. T'es qu'un con Aceline. T'es qu'un con, un vrai, un vrai de vrai putain. T'es insupportable. T'es qu'un petit con même pas capable de savoir ce qui cloche chez toi.

Je ne sais pas, Aceline. Et toi, tu as besoin de quelque chose ?

Sa question te fait relever les yeux, plongeant ton regard dans le sien. C'est vrai ça, et toi, t'as besoin de quelque chose ? Dis lui ce dont t'as besoin, dis lui que t'as besoin d'elle, dis lui que tu veux pas avoir besoin d'elle mais que c'est trop tard, que t'es déjà attaché, que tu t'es trop attaché, que tu flippes de la perdre, que c'est plus facile de la repousser que de se faire repousser. Tu sais pas ce qui cloche chez toi, tu sais pas pourquoi t'arrives pas à rester si sûr de toi, niveau sentiment. Tu sais pas pourquoi y'a que certaines personnes avec qui ça passe, et d'autres avec qui ça casse. Avec Siskah, c'était censé casser, c'était censé péter. Parce que vous êtes trop semblables, pas assez différent, vous vous ressemblez trop et au final, ça pète. Parce qu'elle te fait voir tes défauts, elle te met le nez dans ta merde et tu supportes pas ça. T'en as rien à foutre si c'est les autres mais elle, elle ça compte, et tu sais pas vraiment pourquoi, tu ne veux pas savoir pourquoi. T'as flippé, Arthur. T'as flippé comme une merde. Tu flippes toujours comme une merde, tu flippes toujours autant.

Et toi, tu as besoin de quelque chose ?

De toi, de toi, de toi.

Tu aimerais lui dire, tu aimerais pouvoir le faire sans en avoir honte, sans en avoir peur. Parce que tu as juste peur d'avoir besoin d'elle, d'avoir vraiment besoin d'elle, ça te terrifie tellement que tes mains en tremblent et tu les fourres dans tes poches pour ne pas qu'elle le voit, pour ne pas que tu le sentes, pour ne pas qu'elle voit le moindre signe de faiblesse chez toi. Parce que ça te détruirait qu'elle sache, ça te détruirait qu'elle sache qu'elle peut t'atteindre, par ses mots, par son regard, par son sourire, par ses gestes. Ca te détruirait qu'elle sache qu'elle a de l'emprise sur toi, car personne n'a le droit d'avoir de l'emprise sur toi, personne n'en a le droit, tu n'as donné ce droit à personne sauf à toi-même.

Et toi, tu as besoin de quelque chose ?

De toi, de toi, de toi, de toi, de toi, toujours de toi.

Et tu ne veux pas avoir besoin d'elle, tu ne veux pas être dépendant d'elle, tu ne veux pas chercher son regard dans les couloirs. Tu ne veux pas avoir besoin d'elle, tu ne veux pas l'observer de loin le sourire aux lèvres, tu ne veux pas jeter de regards noirs à ceux qui la regardent de travers. Tu veux pas tout ça, Arthur, t'assumes pas tout ça, tu sais pas comment ça fonctionne, tu veux pas savoir comment ça fonctionne. Tu veux retourner au avant. Avant la catastrophe, avant de t'attacher à elle, avant de la laisser t'atteindre autant.

T'es pas amoureux d'elle. Pas maintenant. Pas encore. Mais tu sais que ça peut arriver. Tu sais que ça peut se passer. Et c'est parce que tu sais que ça peut se passer que tu la repousses de toutes tes forces. Parce que c'est terrifiant, que ça te terrifie, que tes mains en deviennent moites et que tes jambes en tremblent. Ca te terrifie bordel.

Et toi, tu as besoin de quelque chose ?

Et tu t'avances un peu plus, et tu poses tes lèvres sur les siennes, doucement, un baiser volé, parce que tu ne veux pas faire ça autrement. Parce qu'elle, elle pourra prendre ça comme une insulte et que c'est mieux comme ça. Elle a pas le temps de te repousser, tu ne lui en laisses pas l'occasion. Tu te recules et fais volte-face.

A plus, Vay.

Et tu fuis comme un lâche.


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MessageSujet: Re: Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]   01.07.15 14:43

What's been happening in your world ?
What have you been up to ?
I heard that you fell in love
Or near enough

Tu esquisses un sursaut quand tu sens son regard se poser sur ton poignet droit, que tu caches sans réfléchir avec ton autre main. Tu réalises ensuite que ce qui a attiré son oeil, c'était sa chaîne - enfin, la tienne, maintenant - et non les cicatrices bien particulières que tu essayais de cacher avec celles-ci. Tu poussas un soupir rassuré : Tu n'avais certainement pas envie qu'il comprenne - surtout lui - que toutes les marques sur ton corps n'étaient pas que le fruit des monstres.

Tu te demandes à quoi il pense. Tu te demandes si ton initiative, ta passivité, va fonctionner. Tu te demandes si en faisant que cet entretien ne soit plus à ton propos, tu vas faire changer les choses. Tu te demandes.

Tu étais plutôt confiante à ce sujet, quand Arthur se met à relever les yeux, et à les plonger dans les tiens. Tu sentais le progrès, presque palpable avec le bout de tes doigts. Tout devrait s'arranger, maintenant. Tu l’espérais.

Tu vois un changement chez lui : Son comportement se modifie. Il s’agite. Et toi, tu as besoin de quelque chose ? Tu te demandes ce que son esprit a répondu, à cette question. Du soutien ? De la confiance ? De la tranquillité ? C'était là les réponses les plus courantes. Et tu te sentais inadéquate à lui apporter. Il n'a pas besoin de moi. Personne n'a jamais besoin de moi bien longtemps.

Tu t'attends à un autre haussement d'épaule. Alors tu lâches un soupir : Encore un cuisant échec. Tu passas une main fastueuse sur le pelage de SFDP, que tu finis par déposer sur l'une des chaises de la salle de musique. Ce n'était qu'une question de secondes avant qu'Arthur ne parte, en te lâchant un « À plus, Vay ».

Vay.
Alors que tu l'appelais Arthur avec tant de facilité.

Tu te permets un dernier soupir malheureux, et te retournes dans sa direction. Tu dois lui dire quelque chose. Tu ne sais pas quoi, exactement, mais tu sais que tu as quelque chose à ajouter. Vos retrouvailles ne pouvaient pas se conclure de cette façon.

Alors, ses lèvres se posent sur les tiennes. Tes yeux s'écarquillent, et tu manques d'esquisser un mouvement de recul, par automatisme. Mais il ne t'en laisse même pas l'occasion.

« À plus, Vay. »

Et il s'en va. Il te laisse derrière, les joues rougies, le pouce sur les lèvres.

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Quand on se jette dans la gueule du loup [PV Siskah] [DONE]

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