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 La dernière table à gauche • Zeyro

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Elto


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MessageSujet: La dernière table à gauche • Zeyro   29.06.15 1:18

Je ne pensais pas le dire un jour, mais j’avais un fan. Oui, un vrai. Ce n’était pas intentionnel. Je ne pensais pas qu’un jour j’aurais pu laisser tomber l’une de ces si précieuses feuilles où je retranscrivais mes sentiments ou adulais la Beauté. C’était un garçon plus jeune de deux ans qui l’avait attrapée. J’aurais pu avoir honte s’il n’en avait pas été tant impressionné. Et je savais que je ne devrais pas, mais j’osais me rapprocher de lui. Enfin, je n’allais pas le laisser me toucher ou quoi que ce soit d’autre, mais lui parler était déjà une grande étape pour moi. C’était compliqué, d’être condescendant.

C’était étrange, d’ailleurs, que mon dédain ne lui fasse rien. En plus, il m’avait suivi jusqu’à ce que je lui donne rendez-vous quelque part. J’avais opté pour un café du Dandelion Shop, ça faisait longtemps que je n’y avais pas mis les pieds. Je ne savais pas si c’était une bonne idée de partager un moment comme celui-ci avec quelqu’un que je ne connaissais pas – et que je n’avais pas envie de connaitre, sûrement – mais il fallait sembler sociable avec certaines personnes, il fallait ne pas avoir l’air paumé, n’est-ce pas ? Il avait dit ne pas avoir d’argent, et dans un élan de bonté, je lui avais proposé de l’inviter. Ce n’était pas l’argent qu’il me manquait, de toute façon. Je ne l’utilisais presque jamais puisque je passais ma vie à travailler. Mes parents auraient été étonnés de voir que je ne passais pas ma vie à faire la fête comme mon grand-frère…


J’avais enfilé une chemise et un skinny noir, j’avais passé une paire de baskets et j’étais prêt à sortir. J’avais attrapé mon porte-monnaie et j’étais parti en plein centre-ville. Je m’étais attaché les cheveux en queue-de-cheval sur le chemin, histoire de pas avoir trop chaud. En général, dans ce genre de situations, on avait tendance à rester longtemps, n’est-ce pas ? Je voulais dire, on allait devoir papoter un petit moment, non ? J’espérais qu’il avait des trucs à dire, comme je séchais complètement. Au pire, je n’aurais qu’à lui dire ce qu’il avait envie d’entendre.


J’étais appuyé contre le mur, en train de lire mes cours – il fallait bien que je m’occupe – jusqu’à ce que j’aperçoive le petit gars avec qui j’allais passer un peu de temps – je n’arrivais toujours pas à croire. Je ne lui fis pas signe, il fallait pas abuser, mais au moins je l’avais attendu. J’avais attendu qu’il vienne à moi avant d’entrer avec lui, nonchalamment. Je posais les yeux sur les différentes boissons disponibles. Un bon café glacé me tentait bien. Je détestais l’été. Il faisait beaucoup trop chaud, et je détestais transpirer.
Après avoir commandé et payé, j’avais choisi une table dans un coin. J’étais un peu sur les nerfs en voyant des personnes fumer et l’impossibilité de le faire de mon côté. Déjà hâte de rentrer et de me griller une clope à la fenêtre. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fumé. Je ne m’en étais même pas rendu compte.

« Bon, alors… que voulais-tu me dire ? »

Je le regardais droit dans les yeux, affichant un faux agacement. Quoi qu’on puisse dire, les compliments mettaient toujours de bonne humeur. Et j’étais terriblement flatté.
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Zeta


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MessageSujet: Re: La dernière table à gauche • Zeyro   03.08.15 14:14



Dark Heart

Qui l'eut cru? Zeyro avait enfin trouvé un poète, quelqu'un ressentant des émotions, et qui savait les retranscrire de façon fort poétique. C'était au hasard d'un couloir. Zeyro, comme à son habitude, s'amusait à sauter de dalle en dalle de couleur, tandis qu'une autre personne d'humeur hautaine marchait droit, sans regarder devant soi. Évidemment, elle était obligé de marcher sur la dalle où sautait Zeyro. Un choc, léger, fit tomber une feuille du sac de l'homme tandis que Zeyro était par terre. L'inconnu était partit en laissant derrière lui le bout de papier. Comme on le connait, Zeyro s'en saisit et fut émerveillé par la beauté du poème qu'il lisait. Un poème qui allongeait tant de beauté en vers. Zeyro aussi écrivait des poèmes. Il venait de trouver un nouvel exemple. Aussitôt il rattrapa le jeune homme et suite à une discussion mal débuté, un certain Chesed finit par l'inviter, après qu'il l'ait trainé sur toute la longueur du couloir. Chesed parlait cru, méchamment et ni allait pas à demi mots, mais cela n'infectait nullement Zeyro, voulant à tout prix revoir son modèle.

Au final, c'était à un café de Dandelion. Il l'avait invité car le petit homme n'avait pas d'argent. Il était content.

Le problème c'est que, le jour du rendez vous, le jeune dormait fort longtemps, cela faisait bien trop loin qu'il n'avait pas dormit ainsi. Et voila qu'il se retrouvait en retard, d'une heure ou deux, se disait il. Il avait enfiler rapidement son uniforme après être tombé moins gracieusement que possible. D'ailleurs, l'une de ses chutes firent rencontré son front au mur, et celui ci ne voulait tant pas quitter son nouvel ami qu'il en créa une belle bosse rouge. Il se lava le visage rapidement, se brossa les dents avec vivacité et courut dans les couloirs. Son ventre le tenaillant au possible, il fallait qu'il mange ne serais ce qu'un petit bout de pain. Il finit un rognon en bouche, courant le plus vite qu'il pouvait. A de nombreuses reprises il heurta des gens et à de nombreuses reprises il tomba. Il ne devait pas arriver en retard, il ne fallait pas le faire attendre! Euh... Il s'arrêta, au plein milieu de la rue. Qu'allait il lui dire en fait? Pourquoi insistait il autant à le voir? Cela l'intriguait autant que Chesed était spécial, c'était à dire tout de même assez. Allait il parler de poésie, comme il le pensait? Mais qu'allait il lui demander? Il se rendit compte que quelque chose manquait: sa sacoche! Alors il retourna rapidement à sa chambre et repartit aussitôt. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas courut aussi vite et aussi longtemps.

Il finit enfin à arriver dans la rue du rendez vous, mais n'étant pas du quartier, il ne le connaissait pas. Il lui fallut 10 minutes pour enfin trouver Chesed, lisant ses cours. Pas un signe, pas un bonjour, pas un regard, comme il s'y attendait. Ils entrèrent avec une visible différence. Lui allait doucement, un peu lassé, et Zeyro lui était plus énergique et guilleret. Ils s'installèrent à une table, au fond. La fumée provenant des clopes des autres firent tousser le jeune homme. A peine installé, il commanda un bon jus de fruit. Un jus de raisin, c'est bon le raisin. On lui servit rapidement. Il regarda Chesed en buvant une gorgée à la paille. Celui ci commença le dialogue

-Bon, alors… que voulais-tu me dire ?

Zeyro avala sa gorgée et se racla la gorge

-Euh... Comment dire... Déjà bravo pour ton poème, j'ai oublié de te le rendre


Dit il en sortant la feuille et en la posant sur la table, tel un dealeur posait une mallette d'argent devant son opposant

-En fait, j'ai besoin de ton aide. Vois tu, moi aussi j'écris des poèmes, du moins, j'essaye...

Chesed le fixait toujours. Zeyro suait. Non pas de chaleur mais de stress devant ce regard accusateur

-Et disons que je me suis essayé aux poèmes comme les tiens mais je n'y arrive pas.. J'ai l'impression de faire ridicule, des phrases nunuche. C'est pas vraiment mon style et...

L'autre leva un sourcil... Comment réagir? Peut petre pensait il que Zeyro se moquait allégrement de lui. Tant pis, il fallait finir sa phrase

-J'aurai besoin de ton aide

Voila, c'était dit, je suis prêt à me faire engueuler, se disait il.
« Great Writers»

Zeyro Erisos
feat. Chesed H. De Lacy
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Elto


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MessageSujet: Re: La dernière table à gauche • Zeyro   11.08.15 20:22

Je réprimais un sourire lorsque je l’entendais me féliciter. Je fis même mine d’en être blasé. Comme si c’était normal et que l’attention ne me touchait pas le moins du monde. Mais en vérité, j’étais assez gêné. Pas flatté. Gêné. Mes poèmes étaient tous extrêmement personnels, exposant sans que je ne m’en rende compte lorsque je les rédigeais mes fantasmes, rêves sans but, les pensées devant un paysage. Et puis surtout, ma vision de la beauté. C’était comme si on en entrait dans la salle de bain alors que je prenais ma douche : lire mes poèmes, c’était me déshabiller l’esprit. Et connaitre ma conception de la beauté, seule valeur, meurtrière et salvatrice, douce et amère, en plein éclosion ou en flétrissement. Mes yeux buvaient les couleurs, les feuilles d’arbre, les senteurs des fleurs, et mes mains pleuraient sur le papier tout ce qui me semblait spécial. Le poème qu’il avait lu était un blason de la bouche s’étirant en un sourire. Au final, ça ne se voyait pas au premier abord que je parlais de lèvres, mais il y avait toujours une référence. Le fait que ce ne soit pas trop accessible me faisait me sentir mieux.

J’avais masqué mon embêtement face au fait qu’il lise ce que j’avais pu écrire mais je n’avais pas pu m’empêcher de prendre la feuille qu’il me rendait avec trop d’empressement. Comme s’il y avait quelque chose à cacher qu’il ne devait absolument pas connaitre. C’était plus fort que moi. J’avais plié ces quelques mots pour hâtivement les ranger entre mes cours. Mon pouls avait légèrement accéléré, mais dès que le poème fut hors de ma vue, mon être se relaxa ; tout semblait déjà plus harmonieux. J’étais en sécurité.

Alors je l’écoutais me dire ce qui n’allait pas, et ça m’ennuyait profondément. Comment pouvait-on aider quelqu’un à écrire des poèmes ? Ça venait des tripes, à moins de croire en l’OULIPO, et je n’approuvais pas leurs pratiques. Réduire l’écriture poétique à un simple exercice, c’est ce qu’il faisait en me demandant de l’aide, au final. Peut-être qu’après notre discussion, il allait tenter de rédiger quelques alexandrins, car il faut s’entrainer. Ou bien il s’acharnerait sur des sonnets. Cependant, ça manquerait de substance. D’âme. D’inspiration. Il y avait des choses qu’on ne pouvait pas apprendre.

Si j’avais voulu me classer dans les mouvements de la poésie, j’aurais hésité entre le romantisme et le Parnasse. Mais je n’étais pas le romantique engagé, je n’étais que l’égocentrique lyrique. J’étais le superficiel à la recherche de la Beauté. J’étais le Voyageur contemplant une mer de nuages de Friedrich, et dans chaque recoin je ne faisais que me perdre et constater mon insignifiance tout en sombrant dans mon propre abîme. Devant moi, à perte de vue, s’étalaient de kilomètres de brume où je me jetterais encore afin de trouver ma réponse. Et ma plume, elle dissipait le voile qui se dressait devant moi. Elle créait soleil et pluie.

« Si ce n’est pas ton style, je ne vois pas pourquoi tu veux écrire de cette façon. Je sais qu’il faut s’ouvrir au reste, mais quand on n’est pas à l’aise avec un mouvement, je ne sais pas si ça suffit de s’acharner. »

Je sirotais tranquillement café avant de reprendre :

« Je pense qu’écrire, quel que soit le genre, c’est d’abord une question de ressenti. Il faut que ça te touche, que ça te caresse le cœur ou t’enfonce des centaines d’aiguilles dans la gorge. Tant que tu ressens quelque chose en lisant des œuvres comme celles-là, tu peux écrire sur ce thème. Ce serait comme si tu écrivais un article. Imaginons que le sujet ne te passionne pas le moins du monde, vas-tu réussir à en faire quelque chose d’époustouflant ? »

Je vrillais mes yeux dans les siens, plus sérieux, cette fois.

« Ce n’est pas une question de talent. C’est même plus bête que ça. C’est ta motivation et ton vocabulaire qui entrent en compte. Une personne passionnée, ou qui est baignée dans ce milieu aura plus de facilités à dépeindre le sujet. Il y a bien sûr une méthode. Mais sans motivation, sans réel intérêt, elle ne t’apportera rien. »

Je haussais les épaules, un peu indifférent, au final. Aucune émotion ne se démarquait sur mon visage. Stoïque. C’était comme ça, que je le préférais.

« Il faut s’imprégner du mouvement particulier. Lire des centaines et des centaines de poèmes, et les éplucher. Je sais que c’est mauvais. Ça me fend le cœur de devoir analyser les mécanismes, mais c’est comme ça qu’on les assimile le mieux. Quand je constate que je ne maitrise pas une figure de style aussi bien que je le voudrais, je me rapporte à un ouvrage que j’affectionne et je la cherche, je l’analyse, je la décortique jusqu’à ce que tout prenne sens et que son utilisation se fasse naturellement. »

Mes yeux se promenaient sur les personnes de la salle. Sur les doigts tenant une cigarette que cette fille porte à sa bouche ; sur le sourire poli de la serveuse ; sur les ongles vernis se démarquant des cheveux blonds dans lesquels une main passe ; la lèvre inférieure boudeuse d’un client discutant avec quelqu’un au téléphone. Tout créait des images. Tout s’étirait, comme pour former un chemin où je pourrais la trouver.

« Je pense que la poésie n’est là que pour s’embellir elle-même. Coiffons-la des plus belles rimes, maquillons-la des plus belles phrases, et cherchons à travers cela la définition de la beauté. Et pleurons à chaque mauvaise piste, et rions en apercevant ses bras grands ouverts, une demi-seconde. C’est insensible, ça ne ressent pas la pitié ni la colère. C’est fait pour être admiré. »

Je fermais les yeux, je ressentais. Je n’aimais pas trop parler. Alors j’espérais qu’il ne raconterait à personne cet échange où je me montrais si… passionné.

« Et surtout, je pense que la poésie est une chose personnelle. Du moins, comme je l’écris. Chacun de mes poèmes m’arrachent un bout d’inconscient. Je ne veux pas que les autres le voient. Je ne suis pas en mesure de t’aider, je ne suis pas assez mature, j’imagine, pour pouvoir partager mes pensées les plus intimes avec quelqu’un d’autre que ma plume. Je pense que mon style est assez égoïste, je ne parle que de ce que je trouve agréable. Je ne peux te dépeindre la réalité. »

Je posais mon regard las sur son visage, pour finalement lâcher des mots qui mettraient fin à toute tentative, du moins je l’espérais.

« Les poèmes que j’écris ne sont pas faits pour être lus, Zeyro. Ça ne t’apporterait rien, que je t'aide. »
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