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 ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]

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Zeta


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MessageSujet: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   07.06.15 0:45

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Tu n'avais certainement pas imaginé passer ton week-end à Ameefeld. À part de la neige qui t'enrhumait dès que tu y posais un pied, et ton maudit paternel, plus grand chose ne t'y retenait. Tous tes amis d'enfance étaient partis pour Dandelion : C'était là-bas que se trouvait ta véritable maison, désormais.

Mais cette philosophie ne t'avait pas empêché d'y revenir à la vitesse de la lumière quand tu avais compris que tes tantes et oncles, accompagnés de leurs enfants, y resteraient durant quelques jours. Ta mère avait grandi en fille unique - tu n'étais même pas sûre d'avoir déjà vu ses parents - mais ton père, lui, était entouré d'une très, très nombreuse famille, qui allait passer la semaine chez toi.

Cela expliquait pourquoi, pour échapper aux cris des enfants qui résonnaient dans ta maison, tu t'étais réfugiée au parc blanc. Sur toi, tu avais emporté ton fidèle paquet de mouchoirs - et dieu savait qu'il serait de grande utilité avec toute cette neige, ce froid polaire, ces microbes qui volaient dans l'air -.

Tu avais trouvé le parc vide, à ta propre surprise. Dans tes souvenirs de jeunesse, tu y jouais toujours avec Aaron et les autres, lançant des boules de neiges aussi grosse que ton poing en riant. Le silence qui y régnait, à cette heure, t'était presque dissonant.

Tu avais profité de ta solitude pour t'asseoir en son milieu, jouant avec retenue dans la neige, comme l'adulte que tu étais aujourd'hui. Et comme l'adulte que tu étais aujourd'hui, tu n'étais absolument pas en train de faire un bonhomme de neige comme auraient pu le faire tes petits cousins.

Tu étais plutôt fière de Monsieur Carotte, que tu ne venais absolument de construire à l'instant, en adulte responsable. Son nom ne lui allait pas - faute de carotte, son nez était un vieux rocher bien moche - mais qui était-tu pour critiquer le bonhomme de neige d'un autre, que tu n'avais absolument pas construit, même si il n'y avait que toi dans le parc ?

Tu t'assis au côté de Monsieur Carotte, entourant ton écharpe autour de son cou inexistant - C'était un bonhomme de neige après tout - et profita du calme pour un moment d'introspection. Avec sa tête de con, Monsieur Carotte te rappelait un peu Arthur Aceline, un type avec qui tu te chamaillais sans cesse.

Mais tu avais récemment, au cours d'un entrainement au stade, tenté d'apaiser les tensions entre vous. Une tentative qui avait progressivement viré à la catastrophe, à cause de ton manque de tact, et du sien également, avant de se terminer sur une note plus joyeuse. Tu t'étais presque sentie devenir ami avec lui. Presque. C'était là le problème. Peut être que si tu avais évité de parler de sa sexualité, les choses se seraient mieux passer entre vous.

À méditer.



Dernière édition par Siskah Vay le 29.06.15 23:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   07.06.15 2:08

Siskah/Athena
820 mots
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Ameefeld … La ville qui m'avait vu naître. Là où se situe ma maison à l'origine. Une maison bien vide depuis longtemps, où je ne pouvais plus retourner aussi souvent que je le voudrais, la faute à l'âge adulte et toutes ses responsabilités, autant professionnelles que personnelles. J'avais souvent envie de revenir dans le passé, avant que tout ne soit compliqué, et où j'avais un semblant de liberté. Revenir ici me permettait de souffler un peu, de lâcher un minimum l'anxiété qui me dévorait sans cesse pour un oui ou pour un non, pour des choses insignifiantes ou graves. C'est donc dans cette optique que j'ai fait le long trajet : me ressourcer un peu et oublier le quotidien de l'académie.


Adultes comme élèves vivaient à un rythme infernal. Et comme si cela ne suffisait pas, je chargeais encore davantage mon agenda, empiétant sur ma vie privée et mon temps libre pour tous les jeunes sous ma responsabilité. Problèmes de maîtrise magique, cours supplémentaires, problèmes personnels, je m'impliquais à fond et à ma façon avec eux. Mais à force de trop prendre sur soi, on finit par remplir la coupe. Je connaissais pas mal d'élèves qui étaient originaires d'Ameefeld, mais cette fois je n'avais envie d'en croiser aucun. Prendre un peu de temps pour moi, passer voir Gwendoline, m'occuper du petit écosystème végétal que j'ai installé chez moi, profiter de la neige au parc blanc … Me reposer, en somme. Ces deux journées allaient vite passer, surtout avec le temps de trajet entre Dandelion et Ameefeld. Passer au parc blanc en premier me semblait être la meilleure option d'optimisation, une fois que je serais rentrée pour déposer mes quelques affaires. J'avais pas mal de souvenirs là-bas, notamment avec Siskah Vay, une petite dont je me suis pas mal occupée, et sur laquelle je veille encore comme une mère de substitution. Quand je l'emmenais à cet endroit, elle ne voulait jamais repartir tant qu'on n'avait pas fait un bonhomme de neige et des anges dans la poudreuse. C'était il y a quoi, treize ans ? Quatorze ? Je me souviens aussi qu'elle trouvait souvent des noms qui laissaient à désirer à ses créations. Mais je ne pouvais pas trop lui en vouloir, elle était toute gamine. Aaah, le bon vieux temps de l'insouciance …


Arrivée, posée et préparée, un manteau sur les épaules, je sortis de chez moi en direction de ce parc remplis de bons souvenirs d'un pas léger. Je me sentais plutôt bien pour le moment, l'air glacial caressant mon visage. Il s'était mis à neiger très légèrement, quelques flocons tout au plus. Mon temps préféré. A cette période de l'année, le parc était plutôt vide, les gens préférant aller à Ys pour ses eaux azurées et sa chaleur estivale. Tant mieux en un sens, je n'avais absolument pas envie de côtoyer une foule en ce moment. C'était suffisamment le cas à Dandelion pour que je le subisse ici aussi, pendant ma période de repos. Et effectivement, je ne fus pas déçue : personne, à l'exception d'une silhouette esseulée au milieu du parc, près d'un bonhomme de neige. A vue d’œil, on aurait dit un homme, de par sa grande taille, mais plus je me rapprochais pour aller m'asseoir sur le banc abrité le plus proche, plus j'avais l'impression que quelque chose clochait avec cet homme. Il était trop fin pour être de sexe masculin, et il n'avait pas l'air d'avoir des vêtements correspondant à son genre. Puis, sa couleur de cheveux me rappela immédiatement quelqu'un. Eh bien, moi qui pensait être tranquille pour cette fin de semaine, c'était raté. Siskah Vay, il n'y avait qu'elle que je connaissais qui était aussi perché sur des échasses avec une crinière aussi flamboyante. Enfin, j'aurais pu tomber sur beaucoup plus chiant, je ne vais pas trop me plaindre. Et puis, elle est un peu spéciale pour moi. Je me rapprochais d'elle silencieusement, un petit rictus malicieux sur les lèvres. Arrivée derrière elle, je me penchais un peu, à une certaine distance afin d'éviter un mauvais réflexe, et je pris la parole d'un ton taquin.



« Tiens, tiens, tiens … Faire des bonshommes de neige ne t'a pas quitté à ce que je vois. Il s'appelle comment cette fois, Pif Rocheux ? Madame Bouboule ? Sorbet Vanille ? »


Croisant les bras, et reprenant une posture normale, je lui fis signe de la main en guise de salutation.


« Ca fait longtemps que l'on ne s'est pas retrouvées toutes les deux à Ameefeld, encore plus longtemps dans ce parc. Tu prends aussi des jours de repos ? Ca m'étonne un peu de toi de revenir ici. »


Il est vrai que j'avais du mal à imaginer que Siskah soit revenue ici, compte tenu de sa relation avec son père, et le fait que toute sa bande d'amis était maintenant elle aussi à Dandelion. J'étais curieuse de savoir ce qui l'amenait ici …




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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   07.06.15 3:19

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Tu finis par laisser tes réflexions derrière toi, enfouies sous ces flocons épais qui recommencent à tomber du ciel, et applique un peu de neige sur le visage de Monsieur Carotte, représenté lui aussi par de vieux rochers bien moches. À force de le façonner, tu ressens presque de l'affection pour lui et son visage souriant, même si tu es en pleine hypothermie par sa faute.

Tes mains dévêtues sur sa surface neigeuse, tu regrettes de ne pas t'être habillée plus chaudement. Pour une fois, tes jambes ne sont pas dévoilées : Tu es en pantalon noir, en hautes bottes sans talons et tu portes un large gilet en laine beige au dessus de ton pull. Pourtant, ça ne suffit pas à te garder au chaud, et tu songes déjà à abandonner Monsieur Carotte seul dans son parc, pour aller savourer les spaghettis bouillants qui t'attendaient chez toi. Oncle Varys était un divin cuisinier.

Chez toi ? L'était-ce vraiment ? Quand tes oncles et tes tantes aux noms interminables n'y étaient pas, tu ne t'y sentais pas à l'aise. Pas comme à Dandelion. La lumière n'était allumée que par tes soins, autrement, ton père restait dans l'obscurité de sa chambre toute la journée. Il t'arrivait de temps en temps de le voir prier à l'endroit dédié à ta mère Lys et ton frère Mercer, dans votre jardin, même si aucun des corps n'y étaient enterrés. Tu as dû laisser celui de ton frère sur place, quand un CME t'a sauvé des monstres que ton éveil de pouvoir n'avait pas su tuer.

Tu soupires et de tes lèvres s'échappent une brume blanche. Tu saisis une feuille au sol et la places sur le crâne de Monsieur Carotte, l'ornant ainsi d'un magnifique chapeau. Tu te débarrasses des flocons qui ornent tes propres cheveux en les secouant vivement et te hâtes de les remettre correctement en place.

Tes mains bleuies esquissent un mouvement brusque quand une voix résonne dans ton dos. Tes réflexes acquis à l'académie se déclenchent et, faute de fusil à pompe à disposition, tu lances une boule de neige en direction de cet inattendu arrivant.

Tu reconnais le visage d'Athena Monarch, une ancienne voisine qui a agi comme une mère pour toi, quand ta véritable parente est morte face à un monstre. La retrouver à Dandelion, alors que vous n'aviez plus causé depuis des années après une violente dispute, ça t'a fait bizarre. Vous vous êtes réconciliées depuis - d'une certaine façon -.

Tu fixes le visage tordu de Monsieur Carotte, dos à la femme - c'était de lui que venait la boule de neige précédemment lancée - et déclare :

« C'est Monsieur Carotte. Le nom n'est pas de moi. »

Ceci dit, tu répares le pauvre visage de la créature inanimée avec implication. Tu ne t'étais certainement pas gelée les mains pour finalement détruire misérablement ta création.

De tes yeux turquoises, tu fixes Athena. La dernière fois que tu as croisé son regard, dans ce même parc, tu étais en larmes. C'était le jour de votre dispute concernant son départ à Dandelion. Oh, les choses que vous vous êtes dites, ce jour là.

Le ton calme, sans méchanceté aucune, tu lui lances :

« Ma famille est de passage, alors je lui rends visite. C'est aussi une surprise de te voir ici... » Tu réunis un peu de neige dans ta main et grossis d'avantage le ventre de Monsieur Carotte. « ... Alors que plus rien ne t'y retient, toi, par contre. »

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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   07.06.15 15:35

Siskah/Athena
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Quelque part, c'était mignon de voir une montagne comme elle faire l'enfant dans ses actes. Je savais très bien ce qui se serait passé si elle avait rencontré quelqu'un qui la connaissait moins bien que moi : elle aurait nié en bloc, l'air embarrassé. Aaah, Siskah, toujours aussi peu à l'aise avec les relations sociales, hein ? Je souris lorsqu'elle m'envoya la boule de neige. Je m'attendais totalement à ça venant de sa part, aussi, j'avais préparé mon bras en conséquence, et son projectile vient s'effriter sur mon bras, un peu de poudreuse allant se poser sur mon visage. Je la laissais en place, le froid ne me dérangeant pas spécialement, et puis j'en avais qu'en très petite quantité. J'observais un peu l'Everest qui se dressait devant moi. Elle qui d'habitude était frileuse à souhait et avait le rhume facile, il était étonnant de la voir bâtir un bonhomme de neige toute seule, sans gants en plus. Et ça se voyait : elle avait des mains de schtroumpf. Je soupire un peu, mi-désespérée mi-amusée. Toujours aussi peu imaginative sur les noms, et en plus elle s'en désolidarise. Siskah, tu n'as vraiment pas changé on dirait.


« Monsieur Carotte … Joli chapeau. A quand le mariage ? »


Qui aime bien châtie bien comme on dit. De toute façon, elle me le rend bien. Volontairement, ou pas d'ailleurs. Cela me rappelait la dernière fois que nous étions dans ce parc. Une bien triste fois d'ailleurs. C'était lors de ma graduation chez les CME. Je lui avais dit que je n'allais presque plus pouvoir être là pour m'occuper d'elle. Jamais je n'avais entendu autant d'insultes à la suite à mon égard en aussi peu de temps, en guise de réaction. La petite Siskah, qui pleurait, m'avait aussi accusée de l'abandonner, comme tous les autres. Je savais qu'à ce moment-là, quand bien même je me serais défendue, tentant de démentir, ça n'aurait servi à rien. Essayez de consoler une petite fille esseulée, qui a déjà subi la perte de sa mère et de son frère et qui voyait sa figure maternelle de substitution lui dire qu'elle s'en allait, vous verrez que c'est quasiment impossible. Et puis de toute façon, elle s'était enfuie assez rapidement. Je crois d'ailleurs que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à me dévouer pour les autres. Aujourd'hui, je vois ça comme une sorte de pénitence, quelque part, pour avoir blessé Siskah, même si cela devait arriver inéluctablement. Ce jour-là, je n'avais pas su choisir mes mots. Les choses n'ont pas vraiment changé depuis, pour elle comme pour moi, mais disons que j'ai pu m'améliorer un petit peu. Elle, à contrario … Je m'assis sur le banc, pas loin d'elle, la regardant réparer Monsieur Carotte. Pourquoi Carotte d'ailleurs, alors que son nez est en pierre ? M'enfin, un autre mystère venant d'elle … Ou alors une inspiration aussi fabuleuse qu'un caillou. Quoi qu'il en soit, elle m'expliqua que le reste de sa famille était de passage à Ameefeld, et que c'était pour cela qu'elle était revenue. En ajoutant au passage une phrase typique d'elle. A la fois cinglante et innocent. Du Siskah tout craché. Heureusement que je la connaissais, sinon je me serais déjà mise en pétard. En haussant un peu les épaules, je lui répondis sur le même ton qu'elle.


« Bien sûr que si, j'ai des raisons d'être là. Ma maison est ici, j'ai un écosystème végétal chez moi dont je dois quand même m'occuper de temps en temps. Et à cette période de l'année, Ameefeld est calme, les gens préfèrent la chaleur estivale d'Ys. Parfait pour se poser un peu. »


Je marquais une pause, observant mon interlocutrice dans sa tâche. Elle était appliquée et investie dans la réparation de sa création. Doucement dans son dos, un léger sourire se dessina sur mes lèvres. Siskah était une gentille personne, ça, c'était indéniable. Elle était juste maladroite avec les autres, et je pense que j'ai une part de responsabilité là-dedans. La voir comme ça me renvoya l'espace de quelques instants dans le passé. Je la revoyais, petite, en train de rire en faisant un autre bonhomme de neige. Elle méritait mieux que ce qu'elle n'avait actuellement. D'une voix légèrement teintée de mélancolie, je lui dis le plus simplement du monde :


« Je me demande si les choses auraient été différentes, si j'avais pu rester à l'époque. Peut-être que tu serais plus à l'aise avec les gens de ton âge … »


C'était la première fois depuis l'incident que le sujet de notre brouille revenait sur le tapis. L'expérience me disait de crever l'abcès une bonne fois pour toutes, histoire de dissiper cette ombre qui planait encore. Le passé et les regrets peuvent voler une vie, après tout, j'en sais quelque chose. Au moins, je venais de lui témoigner ce que je ressentais vis-à-vis de ça. Elle en ferait ce qu'elle veut.


« D'ailleurs, ça se passe comment avec les autres ? J'ai cru entendre que tu t'étais rapprochée d'Arthur Aceline. Cette foutue tête à claques … Drôle de choix. M'enfin. Ca se passe comment, vous avez sympathisé ? »


Présenté comme ça, ça pouvait porter à confusion, du genre si elle était intéressée amoureusement par Arthur, mais je n'avais pas percuté tout de suite. Ca serait drôle de voir la réaction de Siskah si elle se méprenait sur le sens de ma question tiens ... Mine de rien, j'étais concernée par les problèmes de mes élèves. Certains plus que d'autres, et elle entrait forcément dans cette catégorie. Je m'inquiétais pour elle, car je savais qu'elle avait vécu seule trop longtemps. Avoir des amis autre que la petite bande d'Ameefeld ne pourrait que lui faire du bien, et je pense qu'elle en a conscience. Je sentais quelque part que cela la faisait réfléchir, et en bonne mère de remplacement, quoi de plus naturel que d'écouter sa protégée ?




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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   07.06.15 17:34

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Tu n'esquissas même pas un mouvement quand Athena complimenta le chapeau de Monsieur Carotte. À quoi bon renier l'évidence ? Son couvre-chef était de toute beauté. La définition même de la mode chic et minimaliste. Tu trouves autour de ta création un baton que tu plantes dans son corps supérieur. Monsieur Carotte était dorénavant un ancien CME avec un excellent goût vestimentaire, et un bras en moins, dans ta pensée.

« Je me demande si les choses auraient été différentes, si j'avais pu rester à l'époque. Peut-être que tu serais plus à l'aise avec les gens de ton âge… »

Tu esquisses un sourire. Déjà, tu songes à te lever et à partir. Tu n'étais certainement pas venue à Ameefeld pour ressasser toutes les choses douloureuses de ton passé. Ça, c'était le travail de ton père et il y excellait. Toi qui devait percer les mystères du monde, tu n'avais certainement pas de temps à accorder à tes maudits états d'âmes. La dispute qui avait eu lieu ici, des années plus tôt, tu préférais l'enfouir tout au fond de toi.

Tu restes dos à Athena, encaissant toutes les choses qu'elle te dit sans un mot. Ta main se crispe quand le nom fatidique d'Arthur Aceline est prononcé, détruisant à nouveau une petite partie de Monsieur Carotte, que tu t'appliques à reconstruire immédiatement. Ta tâche terminée, tu t'essuies les mains sur ton gilet et te tourne vers Athena, l'air déconcerté.

Qu'est-ce qu'ils avaient tous avec lui ? Tes amies n'avaient pas cessé de t'en parler, et voilà qu'Athena s'y mettait également ? Quand tu penses qu'il n'y avait que vous deux, au stade, le jour de votre entrainement, et voilà que toute l'académie savait !

Ta voix dérange le calme silencieux du parc blanc : Tu commences déjà à monter le ton, comme pour rendre tes paroles plus véritables, plus véridiques.

« Ne fais pas l'idiote. Ton absence n'est certainement pas la cause de tout ça. »

Tu te désignes du doigt, l'air hautain. Tout ça, c'était toi, Siskah Vay. Et tu n'étais rien d'autre que ta propre création, et non celle d'une mère absente, d'un père alcoolique ou d'un frère décédé. Tu ne sais dire si tes paroles se veulent blessantes ou si tu cherches à dé-culpabiliser Athéna, qui se pense être la cause de tous les maux du monde.

Ce sujet clos, c'est le dossier Arthur Aceline qui doit être ouvert, maintenant. Tu fixes la femme un instant, qui semble croire qu'il y a définitivement quelque chose entre toi et lui. Dans tes souvenirs, la chose la plus romantique que vous n'ayez jamais faite, c'est de vous tenir la main, et tu ne savais plus marcher correctement, risquer de faire un malaise aux moindres pas, avait deux litres de pluie qui vous tombaient dessus et avait passé l'heure à joyeusement vous insulter.

Mouais.

Tu songeais déjà à te trouver un petit ami provisoire pour démentir plus efficacement les rumeurs qui vous concernaient, Arthur et toi. Indie Carla Tones, si c'était bien son nom, semblait convenir. Puisqu'il était animateur radio, tu avais la certitude que la nouvelle ne mettrait pas plus d'une soirée pour circuler. Tu y réfléchirais plus en détail ensuite. C'était la chose la plus logique à faire et toi, Siskah, tu faisais des choses logiques, calculées, réfléchies, planifiées.

« On peut dire ça, ouais. »

Tu hésitais à te confier à Athéna, comme tu l'avais toujours fait.

D'habitude, les choses se passaient simplement avec les autres : Ta beauté les attirait, ils mettaient de côté ton sale caractère et tolérait ta présence grâce à elle et tu écoutais leurs problèmes sagement. Bien sûr, avec certaines personnes, les choses étaient différentes. Aaron, Drake et Brownie n'étaient pas comme ça : Tu les connaissais depuis l'enfance. Mais les filles que tu accompagnais un peu partout, que ce soit à Dandelion Shop ou à L'Odyssée, tu ne les connaissais pas si bien que cela. Tu ne t'imaginais certainement pas avec elles dans 2 ou 3 ans, alors que tu t'imaginais toute la vie avec Aaron.

Et puis il y avait Arthur Aceline. Si tu mettais ses conneries de côté, tu l'appréciais. Un peu. Légèrement. De temps à autre. Il n'avait certainement pas peur de te parler comme toi tu parlais aux gens, et savait encaisser tes mots sans douceur. Tu révérais au moins sa solidité.

« Et toi ? Tu n'as toujours pas fait le deuil de tes coéquipiers ? »

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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   08.06.15 18:42

Siskah/Athena
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Il y avait deux raisons pour lesquelles j'ai souhaité parler le temps d'une phrase de notre lointaine dispute. La première, c'était de pouvoir dire à ma façon ( car je savais que même si j'avais réfléchi à comment le formuler, je n'y serais pas arrivée ) que je regrettais quand même ce qu'il s'était passé. La deuxième, c'était pour savoir ce que pensait Siskah de tout cela. Si je lui avais directement demandé de rouvrir cette page de sa vie, elle aurait fermé le livre avec force. Je m'attendais d'ailleurs à ce qu'elle me demande en retour quelque chose que j'aurais préféré garder pour moi, sans aucun doute.


Lorsque j'évoquais le nom d'Arthur Aceline dans notre conversation, je pus constater une réaction ma foi fort intéressante de la part de Siskah. Elle se tendait comme un string, et se retourna avec un air qui valait au moins dix millions de billets. Intérieurement, voir cette mine déconfite me fit exploser de rire. Extérieurement, seul un petit sourire amusé s'afficha sur mes lèvres. Fait assez étonnant je trouve, la jeune fille répondit à l'évocation de notre dispute. Même après toutes ces années, elle arrivait encore à me surprendre. En bien comme en mal. Une simple phrase, mais je pus en tirer beaucoup. Elle savait qu'elle avait sa part de responsabilité, et elle l'assumait. Egalement, hausser le ton ne te fait pas passer plus véridique, plus acérée ou autre, Siskah. Il te trahit simplement. Tu ne sais pas te placer dès qu'il s'agit du rapport aux autres, exception faite de la petite bande d'Ameefeld. Il n'y a pas que la voix et le ton qui comptent lorsqu'on veut véhiculer un message. Il y a aussi les actes, le langage corporel. Et le tien, tout du moins à l'heure actuelle, me semble bien creux, bien manuel. Je n'allais pas relever cependant, j'avais compris que reparler de cette dispute ne servirait à rien. Nous nous sommes parlées, à notre façon. Je pense que nous nous sommes comprises, et que quelque part, cela allait nous apaiser un petit peu. Peut-être pas dans l'immédiat, mais d'ici quelque temps, sans doute …


L'air décontenancé que la rousse avait pris plus tôt lorsque le nom d'Arthur avait été prononcé m'avait également appris pas mal de choses. Elle ne savait pas vraiment se positionner par rapport à lui. Encore une fois, c'était le fruit de son handicap social avec les autres. Un handicap d'apparence. Tout était superficiel, dans un sens comme dans l'autre. Siskah écoutait les autres, tandis qu'ils faisaient abstraction de son sale caractère et de ses piques acerbes pour pouvoir se plaindre. Mais personne n'allait chercher plus profondément, d'un côté comme de l'autre. Problématique, n'est-ce pas ? Même sa réponse à ma question transpirait l'incertitude. « On peut dire ça ». L'hésitation ultime. Pour quelqu'un qui la connaissait depuis toujours, il était facile de lire en Siskah sur ce point.



« Tu hésites, encore une fois. C'est que quelque chose te tracasse. Il y a un problème avec cet emmerdeur ? »


S'il le fallait, faire rencontrer le nez de ce petit con avec le sol ne me dérangeait absolument pas. Bien au contraire, j'en rêvais. Beaucoup de choses m'énervaient, mais alors lui, c'est un concentré. Pire que Nanami Ashford. Je ne trouvais absolument rien à sauver chez ce gamin. Rien du tout. Si l'occasion de lui infliger une petite raclée histoire de lui faire ravaler son ego, son caractère imbuvable ou même ce qui lui sert de masculinité, ce serait avec graaaaand plaisir que je le ferais. Surtout pour la montagne rousse dont je me suis occupée une grande partie de ma vie.


Finalement, elle me posa enfin la question qui tue. Celle que j'attendais en guise de compensation pour avoir rouvert la page de la dispute. Je ferme l’œil qu'il me restait, touchant mon bandeau de ma main gauche. Je laissais quelques secondes, lourdes pour moi, s'écouler. Faire le deuil de mes amis, hein ? Evidemment, pour toute personne saine d'esprit, c'était la chose la plus évidente à faire. Tourner la page. Avancer. Pardonner et se pardonner. Vivre au rythme du temps, au lieu de rester dans le passé. Après un long soupir, je rouvris l’œil, regardant Siskah droit dans l'iris.



« Il y a trois types de personnes dans ce monde. Ceux qui passent à autre chose, ceux qui restent bloqués dans le passé, et ceux qui sont coincés entre les deux. Le problème n'est pas de faire le deuil, dans ce cas-là. C'est que je n'ai pas envie de faire comme si de rien n'était. Je choisis de porter ce fardeau à ma façon. Après toutes ces années, c'est mûrement réfléchi. Je ne peux pas imaginer avancer sans eux, c'est tout. Je suppose que ce serait la même chose pour toi et Aaron, Drake et compagnie, je me trompe ? Tu ne peux pas t'imaginer sans eux. Eh bien pour moi, c'est la même chose. Alors, j'avance, avec leur souvenir et les responsabilités que j'ai dans cet accident à côté de moi, pour ne pas oublier mes erreurs et les commettre à nouveau. »


Je fis une petite pause, m'étirant un peu et croisant les bras derrière ma nuque, le regard toujours posé sur la grande rousse. Ma façon de faire pouvait sembler totalement dénuée d'intérêt, ou bien avec trop de négatif par rapport au positif, mais elle n'en était pas moins sensée. Mais pour le comprendre, il fallait une certaine expérience que je ne souhaitais pas à Siskah. Perdre un ami, c'est quelque chose. Perdre de vrais amis, c'est encore pire. Et être responsable de la disparition de trois de ses vrais amis, c'est franchement terrible. Traumatisant. Et c'est impossible de s'en défaire totalement. On ne peut pas vivre comme si de rien n'était. J'ai choisi de me résigner face à ça, et c'est la solution qui me convient le mieux.


« Je ne m'attends pas à ce que tu comprennes mon choix. Beaucoup s'y sont cassé les dents. Quoi qu'il en soit, cette option me convient parfaitement, alors il n'y a aucun problème avec ça. Maintenant que ta curiosité est rassasiée, revenons-en à nos moutons. Pourquoi tu sembles aussi hésitante en ce moment, vis-à-vis de tes relations sociales ? D'habitude, tu fais avec, mais cette fois ça semble vraiment te perturber. »




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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   09.06.15 13:33

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Les mots d'Athena provoquèrent une réaction immédiate : Tu te dressas sur tes 1m93 et la designas d'un doigt accusateur, la mine vexée, comme si tu étais celle qu'on venait d'insulter.

« Ce n'est pas un emmerdeur ! »

Parfois, il l'était, certes, mais ce n'était pas une raison, pour toi, de le qualifier de cette façon. Tu ne connaissais pas les grands principes de l'amitié, mais tu avais la certitude d'avoir à le défendre.

Les secondes qui suivirent te parurent une éternité : Le visage confus, tu observas Athena toucher son bandeau du bout du doigt. Tu avais toi aussi des manières similaires, parfois, quand tu fixais d'un œil triste ta main infirme, ne parvenant toujours pas à la faire bouger. Était-ce une habitude que tu avais prise à la femme ?

Son soupir mélancolique eut de quoi te faire baisser les yeux : Tu avais presque honte de lui avoir posé la question. Tout était dans le presque. Parce que si toi, tu n'étais même pas foutue de le faire, alors personne n'en serait capable. C'était la ta certitude. N'étais-tu pas un génie ? N'étais-tu pas celle qui poussait à les autres à se secouer, même si cela devait t'attirer leur colère ?

Sans la quitter des yeux, tu écoutas les paroles d'Athéna, un air malheureux sur le visage. Perdre un proche, c'était quelque chose. Tous les deuils étaient différents - Toi, par exemple, t'étais hâtée de faire le tien - mais la tristesse était commune, universelle. L'ambiance auparavant légère venait de s'alourdir soudainement. Tu étais venue à Ameefeld pour y passer tes vacances et voilà que toutes tes responsabilités de l'académie te revenaient dans la figure.

« Perdre Aaron et Drake me ferait certainement mal. Mais ça ne m'empêcherait pas d'avancer. Progresser, ce n'est pas oublier, Athéna. »

Tu sortis une cigarette de ton paquet, placé dans l'une des poches de ton gilet et te hâtas de l'allumer. Ça te détendrait, ça, au moins. Entre deux souffles, tu te rassis au sol, entourée de neige, au côté de Monsieur Carotte qui se tenait aussi fièrement que toi.

« Est-ce que cette option convient à tes proches ? À ceux qui t'apprécient ? »

Encore une chose que, des années en arrière, tu n'aurais jamais imaginé dire.

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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   10.06.15 23:22

Siskah/Athena
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Sa réaction suite à mes mots qualifiant Arthur était si sublime et spontanée qu'elle me fit rire quelques instants. Un rire un tiers moqueur, un autre par marque de bonne surprise et enfin de satisfaction. Répondre aussi instinctivement à ce genre d'attaque comme elle venait de faire était lourd de sens. Elle le défendait parce qu'au fond, elle s'attachait à lui, et la connaissant c'est plutôt inconsciemment que cela se passe.


« Désolée, mais pour moi, c'en est un. Un vrai petit con. Mais si tu t'entends avec lui, tant mieux pour toi. Tu choisis tes amis, les autres n'ont rien à en dire. C'est pour ça que si t'as envie de t'en faire un ami, même si je ne l'aime absolument pas, je ne vais pas t'empêcher de le voir. T'es assez grande pour savoir ce que tu veux. Et cette réaction était très mignonne venant de toi. Ca prouve qu'au fond, tu es capable de t'attacher à quelqu'un. C'est donc ça qui te pose problème ? Tu sais pas trop ce que tu ressens exactement ? »


Pour quelqu'un qui n'a plus vraiment l'habitude de se lier réellement aux autres, il était normal d'être perturbé, surtout que de ce que j'avais pu entendre, ils ne se connaissaient que depuis très peu de temps. Et si elle s'était acoquinée de ce petit coq ? Eh bien, personnellement, ça m'ennuierait pas mal mais c'est sa vie après tout. Si c'est son genre d'ami, voire plus, eh bien tant mieux pour elle. De toute façon, s'il n'était pas sérieux, que ce soit en amitié ou davantage, il risque de se retrouver à faire l'autruche après un bon coup dans le bide et un autre derrière la nuque.


Après la légèreté, on passe évidemment à la gravité. Je sentais qu'avoir posé cette question sur mon passé l'avait affectée assez négativement. Elle agissait comme je le faisais avec certains. Se faire blâmer pour faire avancer les choses. C'est ce que je faisais pour remuer certains des plus récalcitrants. Je me fichais que les élèves m'aiment ou me détestent, tout ce que je voulais pour eux, c'était de les faire vivre le plus longtemps possible. Ce n'est pas comme si j'allais être derrière eux toute leur vie de toute façon, ni comme s'ils me côtoyaient souvent. Quelques heures par jour tout au plus. C'est drôle de voir que même malgré la distance qui nous a séparé pendant plusieurs années, nous avons évolué à peu près de la même manière. Ah, l'ironie.



« Je n'ai jamais dit que pour avancer, il fallait oublier. Il faut plutôt se pardonner ou pardonner les autres. Cela dit, être responsable de la mort de quelqu'un, et c'est mon avis, mais cela ne mérite pas le pardon. Qu'importe ce que les autres en pensent. »


Cette dernière phrase la visait notamment. Mon regard s'était d'ailleurs posé sur elle, lourd de sens. Qu'elle pense comme moi ou différemment, ça la regardait. Elle n'était pas concernée, elle n'avait pas ce poids sur les épaules, elle ne pouvait donc pas savoir quels dégâts cela créait. Et je ne lui souhaitais absolument pas de le savoir. Je l'observais, un air désapprobateur sur le visage avant de soupirer. Le vent n'allait pas me renvoyer la fumée de sa cigarette dans la tête, c'est le principal. C'est quelque chose qui m'agace très rapidement, et à chaque fois que ça se produit, j'avais tendance à asperger d'eau pressurisée le visage du responsable. Mais ici et maintenant, Siskah risquait d'être malade. Le froid ne lui a jamais réussi, bien qu'elle soit originaire de cette ville.


« Si cela ne leur convenait pas, ils ne seraient pas autour de moi. C'est tout ce qu'il y a à dire. »


Un ton plus neutre. Elle commençait à fouiller là où elle n'était pas autorisée, et ça ne me plaisait pas. C'était plus de la curiosité mal placée qu'autre chose à mes yeux.


« Tu devrais t'arrêter ici, Siskah. Parler de ça, ça ne fait qu'alourdir l'atmosphère. La situation me va très bien comme ça, et ceux qui m'entourent sont ceux qui l'acceptent. »


Je soupire et balance ma tête vers l'arrière. Un blanc s'était installé avant que je ne reprenne la parole, une fois qu'elle put terminer sa cigarette, en me décalant un peu du banc.


« Au lieu de rester assise par-terre dans la neige et avoir les fesses trempées d'ici cinq minutes, tu devrais t'asseoir ici. Tu vas encore tomber malade, et ça serait chiant puisque tu es censée être en vacances. Et puis tu risques de rater les cours, et tu sais que ça pourrait te porter préjudice. Bref … Mis à part ça, il y a autre chose dont tu veux discuter ? Du genre, pourquoi Monsieur Carrotte alors qu'il a un nez en pierre ? »




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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   15.06.15 15:39

You knew who I was with
every step that I ran to you,
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in any stranger I choose

Le rire d'Athéna manqua de te faire grincer des dents. Le sujet actuel te tenait terriblement à cœur, et tu n'avais certainement pas l'habitude d'en parler si ouvertement. Dès que les états d'âmes, les sentiments, étaient concernés, chez toi, tu te refermais. Tu retournais la question, la fuyais, comme c'était le cas maintenant avec Athéna. Mais l'ancienne CME avait probablement l'habitude de tes caprices, et ne lâchait pas l'affaire. Elle parvenait même à te rassurer. Tu choisis tes amis, les autres n'ont rien à dire. Voilà quelque chose que tu avais besoin d'entendre.

Tes rougissements trahirent ton embarras quant à cette histoire de réaction mignonne. Très mignonne. Tu n'étais pas mignonne, tu étais très adulte. Mature, si il fallait en arriver là. Et voilà qu'on se remettait à parler de ton ressenti. Tu ne savais effectivement pas trop te positionner par rapport à Arthur - Étais-tu une amie ? Une connaissance ? Peut être te détestait-il ? - mais tu n'avais pas non plus envie d'en discuter. Pas avec Athéna, en tous cas.

Pour reprendre des mots que tu avais déjà entendu des milliers de fois dans ton enfance, par sa bouche : « J'vais te botter le cul si fort que t'iras embrasser la face cachée de la lune ! ». Siskah Vay, tu ne souhaitais même pas à ton pire ennemi qu'il subisse la colère d'Athéna.

« Je n'ai jamais dit que pour avancer, il fallait oublier. Il faut plutôt se pardonner ou pardonner les autres. Cela dit, être responsable de la mort de quelqu'un, et c'est mon avis, mais cela ne mérite pas le pardon. Qu'importe ce que les autres en pensent.
Alors on est toutes les deux dans le même cas. »

Entourée par la neige, tu expires la fumée de ta cigarette. Tu regardes ta main inerte du coin de l’œil, la preuve de ton incompétence. Après la mort de ton frère, tu as blâmé beaucoup de monde. D'abord, tu l'as blâmé lui : Quelle idée de t'emmener en dehors des murs d'Ameefeld ! Tu as ensuite blâmé ton père, qui aurait dû vous arrêter. Les monstres, qui n'aurait pas dû exister. Le CME qui t'a sauvé la vie, qui aurait dû arriver plus tôt. Mais la seule vraie responsable, c'était toi.

« J'aimerais partir, vraiment, mais même moi, je ne sais pas lâcher prise. »

Tu te masses la tempe, les yeux concernés, inquiets. Elle t'avertit ensuite, te prévient que tu vas trop loin. Mais tu t'en moques. Tu continues, le visage mauvais, avec un sourire presque narquois sur les lèvres.

« Je désapprouve tellement l'attitude de mon père. » Tes yeux se durcissent. « Mais je reste à ses côtés, parce que sans moi, il craquerait. Et si tu n'avais personne sur qui veiller, tu craquerais aussi. »

Tu ne réagis pas à sa remarque sur le nez sublime de monsieur Carotte. C'est de la jalousie envers ton talent de sculptrice enneigée, voilà tout. Ce bonhomme de neige avait plus de grâce à cet instant que tous les bonhommes de neige d'Athéna en toute une vie.

Pour t'assurer qu'elle se secoue, tu le regardes dans les yeux, et, te servant de l'affection qu'elle a pour toi, tu lui dis :

« Tu penses que je ne mérite pas le pardon, Athéna ? »

Après cela, tu te dis que tu es désolée. Tu le regardes avec des yeux défiants, dures et sérieux, mais en vérité, tu as envie de lui présenter tes excuses. Ce que tu fais là, cet ultimatum, c'est mal. Mais toi, Siskah Vay, que tu te dis, tu n'est certainement pas quelqu'un de bien.

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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   22.06.15 22:57

Siskah/Athena
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Il semblerait que Siskah pense la même chose que moi, à propos de la récupération d'une âme responsable de la mort de quelqu'un. Et je pense que j'étais en mesure de deviner où cela allait mener son raisonnement. Un sujet sensible, que j'avais déjà abordé avec elle. Elle connaissait mon opinion sur la mort de son frère. Qu'elle l'accepte ou non, ça la regardait. Mais irrémédiablement, ce sujet revenait sur le tapis. Tout comme je sentais qu'il allait revenir aujourd'hui, d'ici quelques minutes tout au plus. Comme si au final, tout notre échange n'avait de but que le retour de ce fait. Comme elle venait de le dire, elle ne savait pas lâcher prise. C'était à la fois une de ses meilleures qualités et un de ses plus gros défauts. Elle s'acharnait sur les choses qui dérangent, les points sensibles des autres pour leur faire cracher le morceau, vider leur sac une bonne fois pour toutes, quitte à se faire détester. Elle me ressemble. J'aurais peut-être pu la mettre au monde si ça se trouve.


Mon avertissement semblait futile, puisque visiblement Siskah avait envie de continuer sur sa lancée. Liberté d'expression, tout ça tout ça … Je t'en foutrais moi de la liberté d'expression … Je m'impatientais. Surtout qu'elle le faisait exprès. Ca s'entendait. Ca se voyait. Efface ce sourire de ton visage, la montagne, y'a rien de drôle. Vraiment rien du tout. Je l'écoute tout de même calmement, rassemblant le peu de patience qu'il me restait. Mais son attaque me fit sacrément tiquer. A un tel point d'ailleurs que ma réplique fusa, d'un ton sec et cassant, instinctivement.



« Et pourtant, j'ai bien survécu pendant six mois sans avoir personne sur qui veiller. J'en suis pas morte. J'aurais pu continuer comme ça, aveuglément, sans en mesure les conséquences. Sans vouloir les reconnaître. Et pourtant, j'ai préféré arrêter de mettre en danger les autres à cause de mon attitude. J'ai plus de ressources que ce qu'apparemment tu as l'air de penser. »


Un long soupir, main sur le bandeau qui masquait mon œil manquant, et son affreuse cicatrice. Si seulement Siskah savait s'arrêter avant de regretter … Voilà pourquoi c'est un défaut. Elle pense que c'est son rôle de se sacrifier, de poser les questions qui dérangent, mais rien ne l'y oblige. Et quand elle va trop loin, comme en ce moment, elle regrette. Elle se blesse. Ce n'est pas ses mots qui m'atteignent, mais c'est ce simple fait. Car, il fallait l'avouer, elle avait beau dire ce qu'elle voulait sur ma façon de vivre, c'était son opinion, non partagée avec la mienne. Je n'arrivais pas vraiment à comprendre pourquoi elle s'empalait volontairement sur les pics qui m'entouraient. Elle savait que j'avais ma façon de vivre, et que je ne la changerais pas. Pour qui que ce soit. Même pas pour elle. Alors à quoi bon ? La dernière phrase qu'elle me lança était juste abominable. Et je savais très bien qu'elle en avait conscience, et qu'à peine les mots sortis de sa bouche, elle regrettait. Son petit regard noir et dur qu'elle m'avait lancé à l'instant n'étaient que des yeux doux d'un chaton comparé à celui que je lui lançais à cet instant.


« Tu veux savoir si mérites le pardon ? Vraiment ? Ton frère t'a emmené dehors. Tu ne savais même pas quel était ton élément ascendant. C'était dangereux, et pourtant, il t'y a emmené. Pas de chance, des monstres ont attaqué. C'est comme ça. C'était une invitation qui n'avait pas lieu d'être, compte tenu du danger. Tu cherches une rédemption qui n'existe même pas, Siskah. Au lieu de vouloir te faire pardonner pour une faute que t'as même pas commise, essaie plutôt d'obtenir le pardon des gens que tu blesses alors qu'il n'y a pas lieu d'être. Tu crois que c'est à toi de toujours endosser le mauvais rôle, mais parfois, y'en a pas. Y'a pas toujours ce rôle du méchant qui appuie sur la plaie, mais pour éviter que le sang s'écoule. Il existe des cas où il n'y en a que des neutres, ou des amicaux. Faire réfléchir les gens ne passe pas systématiquement par l'agression, l'humiliation en public ou l'intrusion et la critique de la vie privée d'autrui. »


C'était sec, cassant, aigri, mais teinté de bienveillance mine de rien. Oui, j'étais en colère contre la rouquine. Oui, je lui en voulais de jouer avec mes sentiments, parce que c'était l'une des pires choses qu'un être humain pouvait faire à un autre, mais surtout parce que ce n'était pas elle. Siskah n'est pas quelqu'un de méchant, au contraire. Mais le fait qu'elle endosse ce masque est vraiment insupportable. Pour elle, comme pour moi. Elle n'avait pas besoin de faire ça, et pourtant, elle l'avait fait. Maintenant, on ne pouvait plus revenir en arrière je suppose. Je me levais et fit quelque pas, avant de me retourner, un peu plus calme.


« Jouer la méchante, ça ne te va pas du tout. Tu devrais vraiment arrêter ce rôle, avant que tu ne te blesses fatalement, toi et les gens que tu apprécies autour de toi. Y'a d'autres façon de toucher leur cœur et de les faire réfléchir. Je sais que si tu essaies vraiment, tu peux le faire. T'es pas une mauvaise personne, au contraire. La preuve, je sais très bien que tu regrettes d'avoir posé cette dernière question. Et pas besoin de direl e contraire, tu ne ferais que t'enfoncer davantage, et je crois que c'est bon pour aujourd'hui, on a eu notre compte. T'es pas non plus stupide, t'es juste bornée. A chaque personne une façon différente d'agir le plus efficacement. C'est le principe de base de la diversité. »


Je n'allais pas lui faire un cours là-dessus, mais de temps en temps, une piqûre de rappel des bases est nécessaire. J'espère que cette fois au moins ça sera un minimum rentré dans sa tête et que ça l'aura fait réfléchir.




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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   25.06.15 21:52

In the madness and soil
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Venant d'Athéna, tu t'attendais à cette réaction. Puisque tu lui ressemblais, et qu'elle te ressemblait, il te suffisait de te demander ce que tu ferais, à sa place, pour prédire ses réponses à elle. Le ton qu'elle employait maintenant pour te parler était sec, froid, et cassant. Ce que les choses avaient changé, depuis le début de votre conversation.

Quand elle se met à insulter les décisions de ton frère, tu manques d'exploser. Pourtant, tu te tais. Peut être est-ce son regard glacial qui te dissuade, ou simplement le respect que tu as pour elle, qui t'empêche de la couper dans ses mots. Des mots qui sont durs, mais tu les encaisse sans difficulté. Votre dialogue est devenu plus que cela : C'est désormais un combat que tu n'as pas envie de mener. Tandis qu'elle parle, tu te détournes d'elle, retournant à ta construction de Monsieur Carotte, sans savoir exactement ce que tu essayais de lui cacher. Tu ne pleurais pas, pourtant. Ton visage était neutre. Tu n'avais pas honte. Mais tu peinais maintenant à la regarder dans les yeux.

Est-ce que ses mots te blessent ? Tu ne sais même pas le dire. Tu ne penses pas non plus avoir le droit d'être blessée. Tu avais pris l'initiative de faire ce que tu avais fais, et tes balles avaient simplement ricoché sur sa carapace de platine. C'était l'ordre logique des choses.

Une fois son discours terminé, tes mains cessèrent de glisser sur la surface neigeuse de Monsieur Carotte. La pointe de ton index toucha le rocher qui lui servait de nez, et, assise dans la neige, tes bras finirent par tomber le long de ton corps. Puis tu te relevas. Tu secouas la neige dans tes cheveux rapidement, et t'avanças d'un pas décidé vers Athéna.

« Tu viens de copier mon attitude. Parler durement aux gens pour les faire réagir. »

Ton regard, auparavant neutre, se mua en quelque chose de plus troublée et mélancolique. ❝ Y'a d'autres façon de toucher leur cœur et de les faire réfléchir ❞. Ces autres façons, tu ne le connaissais pas. Ce n'était absolument pas ton domaine, et cet instant, tu étais complètement perdue. Parce que tes yeux devenaient humides, tu te sentais obligée de faire quelque chose pour arranger la situation, résoudre le problème. C'était ce que tu faisais, après tout. Tu résolvais les problèmes.

« Si je te disais que je tiens à toi et que je m'inquiète, est-ce que ça te ferait vraiment réfléchir...? », que tu lui dis, la voix presque éteinte, emprunte de doutes.

Parce qu'au contraire de la méchanceté et de la moquerie, l'affection ne faisait réfléchir que si elle était réciproque. Et tu avais toujours douté qu'Athéna t'ait vraiment pardonné, toi et tes mots blessants, il y a de cela des années.

« Je suis désolée. Je n'aurais pas dû te dire des choses pareilles. »

Tu terminas tes mots par une étreinte, puisque tu ne savais vraiment t'exprimer que par des faits et des gestes.

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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   27.06.15 6:37

Siskah/Athena
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Je m'attendais à une réaction assez explosive et tranchante venant de la rouquine. Après tout, dès que l'on commençait à critiquer les choix faits par sa famille, et surtout son frère, elle devenait vraiment mauvaise, acerbe et méchante. Encore une fois, rappelez-vous des animaux blessés. Ils deviennent agressifs et mordent. Cela s'appliquait aussi à Siskah dans ce cas précis. Mais étonnamment, elle n'en fit rien. Je m'étais préparée à être coupée dès les premiers mots qui visent là où ça fait mal, mais non. Pas de pique, pas de répartie, rien. Probablement à cause de l'air tyrannique qui m'entourait. De toute façon, si elle ouvrait la bouche pendant que je lui répondais sur cette foutue question de merde qui m'avait complètement mise hors de moi, elle risquait fortement de s'en prendre une. Elle savait très bien de toute façon que j'en étais capable, et qu'elles avaient une sale réputation, ainsi que ma célèbre technique de l'autruche.


En revanche, elle s'était détournée de moi, comme pour ne pas faire face à ma colère. Je m'en fichais bien, puisque ses oreilles étaient grandes ouvertes. Et elle écoutait, j'en étais sûre. Elle encaissait. Je la connais. Même si elle donne l'impression de fuir le conflit, elle reste alerte. En revanche, ce que je ne savais pas vraiment, c'est comment elle prenait mes mots. Chacun que je prononçais lui assénait des coups de marteau sur le crâne, c'était une certitude. Mais la douleur, la ressentait-elle ? Pas sûr. Elle était capable de s'interdire d'en souffrir. Encore un choix plus ou mins douteux de sa part, selon les points de vue. Une fois ma réponse crachée, elle se décida enfin à me faire face à nouveau. Elle me dit que j'ai copié son attitude. C'est vrai.



« Parce que pour ce cas précis, je sais très bien qu'avec toi il n'y a que ça qui aurait marché. J'ai essayé de te parler calmement. J'ai tenté l'humour. J'ai tenté le sérieux et calme. Rien n'a marché. Alors puisque visiblement tu as décidé de jouer sur les plates-bandes de l'agression, j'ai répondu en conséquence. Et tu sais quoi ? Je suis sûre et certaine que ça a marché. »


Rien que le fait qu'elle n'ait pas répliqué en disait long. Mon discours assassin et pourtant sincère l'avait fait réfléchir un minimum, et continuait toujours à la faire penser alors que nous échangions ces mots qui venaient à peine de sortir de sa bouche et de la mienne. Son regard changea mélancoliquement. Elle était perdue. Elle ne savait pas. Pour moi qui a vécu quasiment toute ma vie près d'elle, je connais sa façon de penser et son langage corporel. Et j'étais prête à parier que ce qui la perturbait, c'était qu'elle ne savait absolument pas quelles étaient les autres façons pour toucher le cœur de quelqu'un. Elle me faisait de la peine. Beaucoup de peine. Elle n'a jamais demandé tout ça. Comme beaucoup d'autres, elle a subi. Et ça l'a marqué au fer rouge. Voilà pourquoi elle en est ici aujourd'hui. Si ça continuait, elle allait finir seule, perdue au milieu de l'océan humain, n'étant elle-même plus qu'une ombre dont la seule raison de vivre est de trucider du monstre afin de réparer les torts du passé. Rétablir sa propre justice. Mais c'était une sorte de suicide, et tant que je vivrais, tant qu'il me restera un souffle dans les poumons, tant que mon cœur battra, je ne la laisserais pas emprunter cette funeste voie. Elle parla d'une voix presque inaudible, pour la simple et bonne raison qu'elle doutait, et qu'elle retenait ses larmes. Elle doutait sur sa façon de procéder. Elle voulait à tout prix m'atteindre. Et ses efforts payèrent. Elle s'excusa sincèrement, chose assez rare pour être signalé, et m'entoura de ses bras. Je soupirais, la voix tout à fait adoucie. Personne n'aurait pu deviner qu'il y a à peine une trentaine de secondes, j'étais une furie noire. Répondant à son étreinte en la serrant fortement contre moi, la berçant un peu comme quand elle était plus jeune, je lui répondis calmement.


« Tu vois, exprimer ses sentiments sincèrement, sans en avoir honte marche très bien avec certaines personnes … Ca fait longtemps que je t'ai pardonné, Siskah. Je t'en ai peut-être voulu sur le coup, lors de notre dernière dispute. Mais le lendemain, c'était déjà derrière moi. Tout comme je te pardonne aujourd'hui pour ces attaques. L'intention était tout de même noble, à l'opposé des outils que tu as utilisés pour la transmettre. »


Je fermais les yeux quelques instants. Ce qu'elle venait de faire était la preuve qu'elle pouvait s'ouvrir aux autres, et arrêter de jouer la méchante en toute circonstance. Elle savait sûrement que mes mots avaient un sens caché, tout comme la question qu'elle m'avait posée juste avant de me présenter ses excuses. La véritable question, à mon sens, qui se cachait entre ses lignes, c'était « est-ce que te dévoiler mes sentiments est une bonne méthode pour atteindre ton cœur ? » Eh bien oui Siskah.


« Le fait que tu t'inquiètes pour moi me touche. Vraiment. Et je te promets d'y réfléchir. Et … profite bien de ce que je vais te dire, parce que ça sera pas tous les jours que tu l'entendras venant de moi. Je t'aime Siskah. Vraiment beaucoup. Et ça me tue de voir ma petite montagne préférée se faire autant de mal parce qu'elle reste aussi fermée qu'une huître avec les autres. Tu me promets d'essayer de t'ouvrir un peu ? Tu viens de me prouver que tu en étais capable. J'ai foi en toi depuis toujours, tu le sais. »


Je caressais doucement ses cheveux, malgré notre différence de taille. En cet instant, c'était comme si nous étions revenues une éternité dans le passé, et que je n'avais qu'une jeune enfant rousse accrochée à moi. Je lui souris affectueusement, essuyant du pouce les quelques larmes qui commençaient à se voir.


« Si tu pleures, tu vas finir par avoir des stalactites au menton. Remarque, ça pourrait te faire une chouette barbichette ! »




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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   29.06.15 17:33

In the madness and soil
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Elle répondit à ton étreinte en t'enfermant à son tour dans ses bras, et cela te rassura. Tu avais le sentiment d'être retrournée des années en arrière, quand tu étais encore une petite fille effrayée par les disputes incessantes de ton frère et de ton père, qui trouvait refuge chez Athéna. Tu buvais ses paroles, les yeux fermées, sans répondre, les inscrivant dans ta mémoire.

Tu restais un peu triste. Tu avais initié cette discussion pour permettre à Athéna de grandir, de réflechir et finalement, tout s'était axé une nouvelle fois sur toi. Tu étais égoïste. Tu étais mauvaise. Tu étais un poison.

L'étais-tu vraiment ?

Si Athéna se voyait grandir dans les autres, alors qu'il en soit ainsi. Tu poursuivrais ta route, en surveillant du coin de l'oeil la sienne et, au besoin, tu dévierais. Tu veillerais sur elle de la même façon qu'elle veillait sur toi, à l'avenir. Tu sentais avoir acquis la maturité et la bienveillance pour le faire sans blesser quiconque inutilement.

Je t'aime Siskah. Vraiment beaucoup. Tu ouvris les yeux, lentement, avec douceur. Tu avais déjà entendu ces mots un paquet de fois, mais jamais n'avaient-ils sonné aussi sincère en toi. Tu sentais vraiment les larmes te monter aux yeux, cette fois.

« Si tu pleures, tu vas finir par avoir des stalactites au menton. Remarque, ça pourrait te faire une chouette barbichette ! »

Sa remarque stupide te fit pouffer, laissant définitivement couler des larmes sur tes joues, que tu t'empressas d'essuyer. L'habilité avec laquelle Athéna savait détendre l'atmosphère te surprenait toujours. Tu posas ta main valide sur la sienne, un sourire amusé au visage.

« Je ne ressemble à rien, avec toutes ces larmes. »

Tu regrettais déjà de t'être maquillée, au matin.

Tu décidas qu'une fois tes invités rentrés chez eux, tu confronterais ton père. Pas aggressivement, avec peine et rage, comme tu l'avais toujours fait.

Non.

Tu tacherais de rester calme et ouverte à son opinion. De la même façon qu'Athéna et toi ne vous étiez jamais vraiment reconciliées, le jour de son départ, lui et toi n'avait jamais mis un terme au conflit qui vous séparait. C'était pour le mieux. Tu le sentais. Les plaies n'étaient pas faites pour rester ouvertes et il était temps que tu refermes celle-ci.

« Merci, Théna. Je t'aime aussi. »

Tu l'enserras dans tes bras une nouvelle fois, et fis quelques pas en arrière.

« Je pense rentrer, maintenant. » Tu n'avais certainement pas envie de voir tes septs petits cousins débarquer en courant et hurlant dans la neige. Eux aussi risquer d'attraper quelque chose. « Tu devrais passer à la maison, tu sais, si tu t'ennuies. »

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MessageSujet: Re: ❝ Stupid and contagious ❞ feat Athena [100%]   29.06.15 23:36

Siskah/Athena
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Homeland
Snow, Past and Her

Je savais au fond pourquoi Siskah était allée aussi loin. Le seul problème pour elle, c'est que j'avais plus d'expérience de la vie qu'elle. J'avais plus de protections, vu plus de choses qu'elle, je me suis heurtée à davantage d'obstacles. C'est pour cela que son unique méthode jusqu'à présent n'avait pas du tout fonctionné comme elle l'aurait voulu. J'ai arrêté ses propres balles pour les lui renvoyer. Et visiblement, avec suffisamment de force pour éclater sa bulle. Elle avait enfin compris ce que j'avais essayé de lui apprendre depuis que nous nous étions revues. S'ouvrir aux autres était la base des véritables relations humaines, celles qui nous aident à avancer, à se relever. Celles qui réparent le cœur et qui permet de se créer des souvenirs heureux. Je tapotais doucement le haut du crâne de la rouquine, malgré le fait qu'elle soit plus grande que moi maintenant. J'étais fière d'elle. Elle avait enfin avancé. Elle avait grandi. Et même si je n'étais qu'une figure maternelle de remplacement, si je l'avais mise au monde, je crois que ce serait le même genre de fierté que je ressentirais pour elle que maintenant. Il était temps de détendre l'atmosphère, chose que je savais très bien faire. Après tout, c'était une spécialité de la maison.


« C'est pas faux, on dirait une chanteuse de black metal nordique qui s'est trempé les cheveux dans le sang de ses ennemis. Allez tiens, prends-ça, va. »


Le maquillage qui coulait, ses cheveux qui semblaient plus rouges qu'ils ne l'étaient, probablement à cause du temps et de la luminosité, sa taille … Ca faisait une belle accumulation. Je sortis de ma poche un paquet de mouchoir que je lui glissais dans la main. On n'était jamais à l'abri d'un rhume, ou d'un nez qui coule quand il fait froid. Je prenais toujours un paquet au cas où ce genre de désagrément se produirait, mais il servirait davantage à Siskah qu'à moi pour le coup. Je souris à ses mots qui faisaient écho aux miens. C'est fou comme un « je t'aime » pouvait faire du bien. Et puis, qu'elle me le dise avec autant de facilité était très encourageant pour la suite. Je venais de lui apprendre à voler, maintenant, ce serait son premier saut sans moi. Mais je resterais en bas, au cas où elle s'écrase au sol pour la réceptionner. Elle se recula après une dernière étreinte que je lui rendis et m'informa qu'elle allait rentrer. J’acquiesçais d'un hochement de tête tout en souriant. Je fis quelques pas, me tenant à sa droite, et posais ma main sur son épaule.


« J'y penserais. Je me doute de ce que tu comptes faire, alors je te souhaite bon courage. Tu sais que je serais là si tu en as besoin, à moins d'une centaine de mètres. Mais y'a pas de raison pour que tu n'y arrives pas. Tu as fait de grands progrès, Siskah, et j'en suis fière. Tu peux l'être, aussi. Sur ce, je vais rentrer aussi. J'espère que tu me raconteras comment ça s'est passé. »


Je retirais ma main, et m'avançais vers la sortie, levant la main en l'air, pouce levé. Je ne pouvais rien faire de plus pour elle. Les clés lui appartenaient désormais. Elle en fera bon usage, je le sens.


Siskah, bonne chance.





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