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 Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.

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CME


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MessageSujet: Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.   15.05.15 1:14


Une Question de Pouvoirs.
{Fe Roxanne}.





Une petite bulle d’eau enfermait un monstre brutal, que je retenais au gré de mes envies, sous le regard avisé d’un étudiant de l’Académie. Cette situation, pour tout ce qu’elle avait d’étonnante, n’était que le fruit d’un adage si bien connu « rien ne vaut mieux que la pratique. ». Certes, je venais de l’inventer, mais dans le cas présent, si je me coltinais un petit gringalet à mes côtés pour une simple patrouille indigne de mes fonctions, c’était bien au-delà de ma volonté, et je l’espérais, de sa volonté. Les rêves, pour ce qu’ils ont de légitimes, n’ont jamais été interdits, mais j’avais personnellement terminé ma formation, et je n’avais pas pour vocation d’être un formateur. Je rendais service à la communauté, peut-être, mais c’était avec le strict minimum. Toujours, le strict minimum. N’y avait-il pas des dangers plus importants à combattre sur cette terre que s’occuper des enfants, nay ?

« C’est une question de pouvoirs. Et le pouvoir, c’est nous qui le détenons. » Commençai-je par dire à l’endroit de Roxanne.

Fondamentalement, cela n’avait pas l’air d’être un mauvais gars. Il paraissait… oui, il avait un physique charmant à mes yeux, indéniablement. Un petit charme des gens de son âge, mais est-ce qu’il avait vraiment envie de participer à cette sortie ?
Tout comme moi, je suppose, cela devait peut-être le faire chier. Mais à ce qu’on m’avait dit, il ambitionnait de devenir C.M.E. Et la route risquait d’être longue. Elle l’avait été, longue, pour moi. Je préférais les petits raccourcis, mais j’avais dû prendre une autoroute. Une autoroute particulièrement désagréable.
Peu importe ! Je devais bien me rendre à l’évidence, tant qu’à faire, plutôt que perdre du temps, autant lui apporter quelque chose.

J’étais responsable de lui. Responsable d’un adolescent. Bon, certes, il avait vingt ans. Mais j’ai toujours considéré les choses en-dessous de moi comme des adolescents, à partir du moment où j’ai mis longtemps à me considérer adulte. J’avais pris la décision, peut-être polémique, de le sortir quelque peu de sa zone de confort, et de l’emmener dans la zone ouest. À des fins pédagogiques, bien entendu, mais il devait d’ores et déjà se préparer à ce qui l’attendait dans le monde extérieur, loin du Q.G. des Elto un peu privilégiés dans notre monde.

« Regarde cette pauvre chose se débattre pitoyablement dans sa prison d’eau glacée… N’est-il pas mignon, quelque part, dans sa faiblesse ? »

À l’intérieur d’une bulle d’eau se trouvait un canin particulièrement velu. Il s’agissait d’un monstre bestial et brutal, dont la seule ambition n’était que de tuer, encore et encore. Pourtant, de ce point de vue, cette bête assoiffée de sang ne faisait pas peur à grand monde. Tout le moins, elle rugissait comme une folle en tentant de se débattre, de sortir de cette prison glacée dans laquelle elle était emprisonnée, suffoquant peu à peu à tout ce qui l’entourait, perdant la raison dans des râles indescriptibles de souffrances.

« Ces monstres passent leur temps à faire peur. Ils sont les sources de légendes plus tragiques et plus effrayantes les unes que les autres. Trouves-tu vraiment qu’il fasse peur, là, maintenant, cette petite horreur gémissante ? ~ » Je regardais Roxanne avec un sourire ancré sur ma bouche.

Cet endroit changeait beaucoup de ce qu’on pouvait fréquenter quand on était un elto. Et cela, je le savais bien, pour en avoir été un. Tout cela avait changé beaucoup de choses dans ma vie. Sans même regarder cette chose, je fis voler en éclat ma prison d’eau. Le canidé tomba à terre, désorienté et essoufflé.

« Tu es un aspirant C.M.E. Tu veux bien me montrer de quoi tu es capable ? Cette bête est parfaitement dans tes cordes, non ? »

Que la fête commence.
Ne t’inquiètes pas, Roxanne. Je ne te ferais courir aucun danger. Mais es-tu bel et bien taillé pour le métier que tu revendiques ? Quand tu seras seul, face à l’ennemi ?  
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MessageSujet: Re: Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.   15.05.15 13:12

alexandre ft. roxanne
to kill ; to live
Comme t'as la flemme, on va dire ça brièvement ; un prof t'avais recommandé à un CME pour le plus grand bien de ton égo - et celui de ton frère décédé également. C'est donc pour cette raison précise que t'es là, face à ce type aux apparences banal, notons tout de même des traits soigné et un regard émeraude intéressant. Tu t'en fiches un peu dans l'absolu, mais observer c'est un tic chez toi, du coup voilà quoi. T'avais plutôt hâte de te retrouver ici, l'aspect professionnel du métier t'avais toujours intéressé, puis si ça augmentait tes chances de rentrer chez les CME, pourquoi pas ? Au fond t'aurais voulu qu'Oz ramène sa sale gueule, t'étais plus efficace en magie à ses côtés - pour des raisons putain d'inconnues - t'aurais eu une meilleure image. Mais seul tu te démerdes bien aussi. Au pire tu paries qu'il s'en fout de toi. Il est juste la pour la forme, toi aussi un peu dans le fond.


C’est une question de pouvoirs. Et le pouvoir, c’est nous qui le détenons. Tu hoches attentivement la tête, portant ton attention sur le monstre enfermé dans une bulle d'eau ; un brutal si tu fais bien confiance à tes connaissances. Regarde cette pauvre chose se débattre pitoyablement dans sa prison d’eau glacée… N’est-il pas mignon, quelque part, dans sa faiblesse ? Tu restes perplexes un moment. Est-ce que ce type - tu veux dire, monsieur LEROY, venait de qualifier ce monstre de mignon ? Bordel. D'un air innocent, tu cils avant de feinter un sourire amusé au Chasseur de Monstre. Ne pas le juger, Roxanne, ne pas le juger, pense à ton avenir. Tu fixes de nouveau la bête qui montrait les crocs, tentant de bouger dans sa prison aquatique. Si tu t'aurais trouvé dans un cadre hors de l'académie, elle t'aurait fait pitié.


Ces monstres passent leur temps à faire peur. Ils sont les sources de légendes plus tragiques et plus effrayantes les unes que les autres. Trouves-tu vraiment qu’il fasse peur, là, maintenant, cette petite horreur gémissante ? Pensée rapide pour ton frère décédé, tu te mords la lèvre, te souvenant te la lettre, des pleurs et de ... Tu souviens pas trop, oh puis merde, écoute ce qu'il dit. Tu te rends compte alors que LEROY te fixes, un sourire aux lèvres que tu te dépêches de rendre, toujours silencieux.

La bulle s'effondre dans un SPLASH, le monstre s'écrasa sur le sol, trempé et le souffle presque coupé, légèrement assommé. Tu es un aspirant C.M.E. Tu veux bien me montrer de quoi tu es capable ? Cette bête est parfaitement dans tes cordes, non ? Tu souris ;


« Il ne devrait pas être un problème pour moi. »

Tu avances alors, d'un pas certes confiant mais également prudent. Tu observe rapidement le monstre, ta stratégie se met rapidement en place. Flash ; une lumière aveugle directement la bête. Son ; tu profites de sa cécité temporaire pour réduire au silence le bruit de tes pas, tu te places derrière elle. Air ; tu formes une rafale tranchante d'air et la propulse - toujours en silence pour être sûr que le monstre reçoit le coup. Le spectacle est dégueulasse, la bête se prend la rafale de plein fouet, la tranchant en deux, le sang pisse sur le sol et elle couine de douleur, tu étouffes aussitôt le bruit, cela pourrait en attirer d'autre. D'un coup définitif dans le crâne tu l'achèves. Tu souffles.

« Voilà. »

Pause. Tu te tournes vers le chasseur.

« Je sais pas si c'était bien ; je - j'aurais peut être pas dû faire aussi compliqué pour un monstre de ce gabarie. »

Tu laisses un léger rire s'échapper, pour la forme.
question de pouvoirs
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MessageSujet: Re: Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.   15.05.15 13:40


Une Question de Pouvoirs.
{Fe Roxanne}.





Je devais bien admettre que ce jeune homme se distinguait par un comportement audacieux et courageux, nul doute qu’il avait bien suivi les cours de l’Académie. Mais c’en était peut-être un peu trop formel ; du moins, je n’ai jamais trop aimé les méthodes, et si cela témoignait d’une maîtrise avancée de ses pouvoirs, est-ce que c’était bien ce que les professeurs attendaient ?
Peu importe, je n’étais pas prof’, et cette leçon de recommandation n’était qu’un agrément pour laquelle je ne ressentais pas forcément d’implication outre l’honneur de mon grade.
J’étais resté en retrait durant tout le temps où Roxanne s’en était pris à ce monstre. Il n’avait pas fait long-feu. En même temps, il était déjà bien amoché et cela aurait été particulièrement… pathétique qu’il n’arrive même pas à s’en défaire.

Il y a du sang partout. Peu importe, j’aime le sang. Je croisai les bras, je le regardais avec circonspection. Ce jeune homme semblait avoir une haute opinion de lui-même. Le petit rire, son assurance. C’était bien ce qu’on attendait d’un chasseur, et cela me fit prendre une mine condescendante. Je n’aime pas les enfants. Je n’aime pas les adolescents. Je n’aime pas jouer au professeur.

« C’est toi qui vois. Tu es le seul maître à bord quand tu combats un monstre. Comment tu vas mobiliser tes forces, quelles techniques tu vas utiliser… J’ai envie de te dire que ça dépend de toi et uniquement de toi. Ce n’est pas ça que je me permets de juger – je ne suis même pas professeur, et tu n’en penses pas moins, pas vrai ? »

Qu’est-ce que je pouvais bien en avoir à foutre que cela fût trop compliqué ou non ? Le résultat était le même. Cette chose venait de mourir. En revanche…

« De toute manière, nos lois sont bien faites. Il y a très peu de chances que tu sois amené à combattre seul un jour. Au cas où cela devait arriver, tu dois toujours te demander si tu as de réelles chances de gagner. Ne va pas jouer au casse-cou… Ou alors, fais-le sans que cela ne porte préjudice à qui… »

J’entendis soudain un cri de désespoir émanant non loin de moi. Une femme, plutôt enrobée, qui courait dans des haillons déchiquetés par le temps. Une pauvre, me fis-je dans ma tête. Sur le coup, je n’eus aucune réaction, pas même quand elle alla s’accrocher à mon bras, les larmes coulant le long de ses joues. On aurait dit qu’elle fût en proie à la démence, tant elle gémissait, tant elle gloussait, tant elle haletait comme un animal… Sur le coup, j’aurais même pu croire qu’il s’agissait d’un monstre. Mais non. C’était bel et bien une femme. Une étrange femme, par-dessus le marché, dont le comportement – hélas – ne m’était pas inconnu. Je pris un air plus sombre, parce que je savais ce qui allait se passer. Non pas que je l’eus prémédité, mais… C’était certain. Et c’était véritablement sur cela que je voulais tester la résistance de Roxanne.

« Pourquoi... ce Monstre. Il. Mon fils. Mort… Pourquoi vous êtes pas venus plus tôt ?! Pourquoi avoir attendu qu’il… Vous n’en avez rien à foutre de nous de toute façon… Il pouvait être sauvé… Vous auriez pu… Des semaines que je le signale ! et personne, personne n’a voulu venir ! »

Il était impossible de distinguer le vrai du faux dans ces circonstances. Sans doute qu’elle mentait, parce qu’elle était une femme en colère, mais n’ayant aucun lien avec la divison pyrrh, n’était pas sur Dandelion la plupart du temps, je gardai un certain silence. Je lançai un regard à Roxanne tandis que cette femme du monde pressait mon bras avec une indélicatesse outrageante.

« Je suis un C.M.E, très honorable lady. Je suis ici en formation avec un élève de l’Académie. Je ne m’occupe pas du quartier ouest. Je pense qu’il serait plus à même de vous répondre, de vous dire ce qu’il faut… Mais. Je vous présente mes plus plates et totales condoléances. »

Légèrement, sans la brusquer, je dégageai mon bras de son visage, et je lançai un regard à Roxanne. Un regard à la fois ferme et dur, qui en disait long sur ce qu’il devait faire : gère-la. Montre-moi comment tu te confrontes à la misère humaine, parce que c’est tout ce que tu connaitras quand tu atteindras ton but.
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MessageSujet: Re: Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.   16.05.15 12:52

alexandre ft. roxanne
scream & silence
L'odeur du sang froid se répand dans la nuit. Dégueulasse, tu penses. C’est toi qui vois. Tu es le seul maître à bord quand tu combats un monstre. Comment tu vas mobiliser tes forces, quelles techniques tu vas utiliser… J’ai envie de te dire que ça dépend de toi et uniquement de toi. Ce n’est pas ça que je me permets de juger – je ne suis même pas professeur, et tu n’en penses pas moins, pas vrai ? Et ça servait à quoi au juste cette "sortie pédagogique" ou je ne sais pas comment appeler cette connerie. Tu acquiesce silencieusement mais tu ne peux t'empêcher de jurer dans ta tête un "ouais c'est ça ta mère" typique de toi, Roxanne. De toute manière, nos lois sont bien faites. Il y a très peu de chances que tu sois amené à combattre seul un jour. Au cas où cela devait arriver, tu dois toujours te demander si tu as de réelles chances de gagner. Ne va pas jouer au casse-cou… Ou alors, fais-le sans que cela ne porte préjudice à qui… Ok, c'est cool, t'écoute d'une oreille, un peu vexer parce que tu attendais une réponse plus claire, plus précise. Qui te servirait plus tard. Un cri le coupe de ses dires et toi tu sursautes, comme une gamine apeurée.

A quelques mètres de vous, une femme de forte corpulence se tenait, courant vers Alexandre. Perplexe, tu restes figé sur la place, qu'elle est laide bordel. Tu juges, tu juges, tu juges. Et puis, qu'est qui lui prenait de courir de la sorte ? De plus, le CME ne semblait pas avoir prévu ça. Pourquoi... ce Monstre. Il. Mon fils. Mort… Pourquoi vous êtes pas venus plus tôt ?! Pourquoi avoir attendu qu’il… Vous n’en avez rien à foutre de nous de toute façon… Il pouvait être sauvé… Vous auriez pu… Des semaines que je le signale ! et personne, personne n’a voulu venir ! Légèrement, tu te crispes, la regardant, voulant compatir mais la méprisant. D'où cette truie se permettait se plaindre de la sorte ? Affligé, d'ancien souvenir refont surface furtivement dans ton esprit. Tes parents qui pleurent, les lettres, le garçon qui pleure, toi qui t'enfuis. Tu sers les mains, prenant une grande inspiration, reprend-toi Roxanne, tout va bien, LEROY est là pour s'en charger, enfin c'est ce que tu crois.

Je suis un C.M.E, très honorable lady. Je suis ici en formation avec un élève de l’Académie. Je ne m’occupe pas du quartier ouest. Je pense qu’il serait plus à même de vous répondre, de vous dire ce qu’il faut… Mais. Je vous présente mes plus plates et totales condoléances. Attendez quoi ? Qu'est-ce qu'il racontait ? Tu clignes des yeux. Bordel de merde ... Concrètement. Tu déglutis, respire, te frotte les mains contre ton pantalon avant de t'avancer vers la grosse dame, une gêne soudaine te faisant presque rougir. T'avais peur de t'étouffer dans ses bourrelets ou quoi ?

« Bonsoir euh - madame, je suis élève en dernière année à Dandelion. »

Pause. La dame te dévisage un instant, s'autorisant tout de même un signe de tête - encore heureux bordel, tu ouvres la bouche pour continuer mais elle te coupe la parole ;

« Je me fiche de savoir qui vous êtes ! Mon fils est mort alors que ... Vous vous- »  

Fébrile, tu lèves les mains au niveau de ta poitrine, essayant de la calmer. Inutile, elle jure, elle pousse parfois des cris. Qu'elle est laide. Alexandre ne semblant pas vouloir faire quoique ce soit pour intervenir, tu décides de t'imposer un peu plus.

« MADAME ! »


Elle se tait.


« Je suis terriblement désolé pour la mort de votre fils, l'école n'aurait pas laissé un tel drame se produire, croyez-moi. Mais s'acharner de la sorte ne vous apportera rien, de plus qu'en tant normal je ne me charge pas de ce type de monstre. C'était un exercice, si vous avez des plaintes à porter, faites les directement à l'administration, ils vous dédommagerons certainement avec de l'argent et chercheront la raison pour laquelle personne ne s'en est chargé plus tôt. »

Tu trembles, faut dire que parler de ce genre de chose te rappelle toujours de mauvais souvenir. Les lettres, sur la table ;retrouvé décédé. Ton frère, ton frère, toujours ton frère.

« Ça ne sert à rien ! Il est mort de toute façon ! »


Hurle-t-elle de nouveau de sa voix cassée. Ne pense pas à ton frère, ne pense pas à ton frère, ne pense pas à ton - tu craques.

« Dans ce cas pourquoi tu viens te plaindre, sale truie. »

Le ton est grave, froid, remplis d'un mépris sans limite. C'est court, éphémère, tu te rends compte ce que tu viens de dire, te tournes rapidement vers Alexandre, non, surtout pas, tu regardes de nouveau la dame.

« Excusez-moi je- »

Ça sert plus à rien. Tu t'enfonces.
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MessageSujet: Re: Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.   16.05.15 14:24


Une Question de Pouvoirs.
{Fe Roxanne}.





Je restais en retrait. Je ne faisais absolument rien, si ce ne fut regarder le petit aer se dépêtrer d’une situation où les cours, la maîtrise, tout ce qu’on apprenait à l’Académie, ne servait plus à rien. Je le regardais, puis je regardais la femme. Cette femme brisée que la vie n’épargnait pas, dans son obésité morbide, dans sa pauvreté pitoyable. Un de ces déchets que la société portait en son sein, et qui pouvait faire de gros dégâts, parce qu’il n’existe pas pire ennemi que soi-même. Toute sa colère transparaissait dans l’ambiance de la ruelle, alors que tous les volets étaient fermés. Peut-être que des gens regardaient. Peut-être que des gens ne regardaient pas, mais en cet instant, il n’y avait plus qu’une mère éplorée face à un futur C.M.E, censé trouver les mots juste pour calmer sa détresse inquisitrice et injustifiée.

Pour le moment, tout se passait bien. Il gérait les choses convenablement, quand bien même il cherchait trop à y mettre des formes officielles. Il ne semblait pas très à l’aise. Oui, c’était un fait, quand bien même il s’en donnait l’apparence, il ne l’était pas. Faute à moi. Je savais. Je connaissais, l’expérience qu’il avait vécue. Son professeur me l’avait dit, et cette idée avait germé en moi : celle de le mettre en face de son plus grand ennemi et de sa plus grande peur, de sa plus grande souffrance en même temps que son traumatisme le plus destructeur. Ce n’était pas éthique ? Peu importe. Il n’y a rien d’éthique dans la profession que je fais. Je marche, j’avance, je tue, je détruis.  Peut-on porter du crédit à mon métier, sachant qu’il ne repose que sur la mort et que sur mon rôle d’exécuteur ? Je ne vaux pas mieux qu’un bourreau, mais je n’ai jamais prétendu être quelqu’un de bien.

Son laïus me satisfait. Sauf qu’il ne sert à rien. Les femmes comme ça n’ont pas besoin de discours. Elles ont besoin de promesses, elles ont besoin qu’on leur mente, qu’on les regarde droit dans les yeux, et qu’on les pénètre d’un coup acéré jusque dans leur âme. Ce n’était pas ce qu’il faisait. Il prenait le rôle d’un psychologue, là où le C.M.E ne gère pas du tout cet aspect post-traumatique. Nous sommes des gens de passage, pas des héros du quotidien. On s’en fout de leur bien-être, et je savais que tu t’en foutais autant que moi. C’est bien, d’être beau-parleur, c’est mieux de savoir le rester.

Parce que je sentais que ça allait déraper. Je le voyais venir. De plus en plus, face à l’attitude butée de cette truie. La morue continuait de japper, hurlant et gloussant comme un petit animal effrayé, et cela réveillait en toi les cicatrices auxquelles je voulais te confronter. Je sentis mon cœur se contracter.
Puis j’entends. J’entendis cette phrase aussi froide franchir le pas de ses lèvres. Une inhumanité que personne n’aurait pu soupçonner sous le visage angélique de ce beau jeune homme. Sous son apparente assurance, sous cette carapace orgueilleuse et égocentrique venait de se dévoiler une facette que j’avais cherchée à faire ressortir par la méthode la plus abjecte qui soit.

Soudain, je ne lui adressais plus le moindre regard. Je ne fis même pas attention à ses explications. Et je m’étais avancé, sans que personne ne le remarque, au même rang que l’étudiant. La femme resta interdite, choquée, sans savoir quoi faire. Mais c’était le calme avant la tempête. Je me fichais de ses justifications. Ce qu’il venait de faire était un manquement très grave aux règles les plus élémentaires des C.M.E, et il venait de démontrer qu’il était encore loin de pouvoir atteindre le but qu’il s’était fixé.
La grosse vache releva soudain son bras comme si elle voulut le frapper. Je m’interposai. Je me pris le coup. Il ne faisait pas bien mal. Je ne disais plus rien, je ne faisais même pas attention au gamin qui se trouvait derrière moi.
« Madame, je pense que vous devriez rentrer chez vous maintenant. Tout a été dit. Cet élève est en cours de formation, je prends moi-même la responsabilité de ce qu’il vous a dit. Certaines circonstances peuvent atténuer la gravité de son propos, parce que croyez-moi, la souffrance n’est inconnue à personne, et la mort d’un proche, encore moins. ».

Je lui jetai une bourse remplie d’une centaine de pièces à l’intérieur. Je pouvais me le permettre, ma famille étant parmi les cent plus riches familles de ce monde. Elle la rattrapa, la serra comme si ce n’était pas assez. Elle avait voulu dire quelque chose, mais je l’avais désamorcé immédiatement : « Auriez-vous préféré que le fils de votre voisine meurt parce que nous sommes intervenus aujourd’hui ? ».

Elle ne dit rien. Elle s’enfuit à bout portant.

Une fois qu’elle fut partie, je restai silencieux, je ne regardai toujours pas le petit étudiant d’Aer, qui devait peut-être – je l’espérais, du moins – se pisser dessus.
Je laissais passer une petite minute. Il y avait des nuages dans le ciel.

« Pathétique. Pitoyable. Indigne de ton uniforme. Indigne de tes rêves. » Je me retournai, soudain, le visage aussi froid qu’un cadavre. « Avoir des bonnes notes à l’école n’excuse en rien l’attitude que tu viens d’avoir. Ce n’est pas parce que tu fais partie des meilleurs et que tu vises l’élite que tu en fais partie. Ce sont deux choses fondamentalement différentes. Et le décès de ton frère est encore moins une circonstance atténuante comme j’ai bien voulue le laisser entendre. Ahah, c’est ça qui te motive, Roxanne d’Alverny, la vengeance, l’égo’ ? Tu penses ça, au fond de toi, sur les gens que tu fréquentes ? Qu’il me fait chier, la grosse truie, le pédé à la voix fluette… ? ».

J’eus un petit rire. Puis une voix tranchante. Très tranchante.

« Tu ne seras jamais C.M.E si tu n’affrontes pas ton propre passé. Et tu peux me détester ou me trouver abject de te dire ça, parce que la vérité c’est que ça m’est complètement égal. Tu pensais que j’allais te faire faire une sortie pédagogique ennuyante où je te demanderais de recracher ton cours par cœur comme une vache dont on va traire le lait ? Ce qui m’intéresse, ce sont tes faiblesses. Et je crois avoir mis le doigt sur celle qui te posera un énorme souci plus tard. »

Ça c’est dit, c’est fait.  
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MessageSujet: Re: Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.   16.05.15 18:58

alexandre ft. roxanne
scream & silence
baddump, baddump, baddump.


Le cœur bat, cogne, se serre dans ta poitrine ; la respiration, erratique, chaude, irrégulière élève anormalement ta cage thoracique et tes iris d'un noir ardoise, incertaines fixe Alexandre réclamant de l'aide. L'obèse de femme te fixe avec ses orbites gonflées, la bouche entre-ouverte elle semble choquée par tes propos. Qu'elle aille se faire foutre cordialement. Tu reportes ton regard sur elle, entendant les bruits de pas du chasseur se rapprocher, il avance jusqu'à ta longueur. Soudain, trop brusquement pour moi, la femme lève son bras dans le but - tu l'ignores en fait - de te frapper. Paniqué, tu demeures immobile, mais la silhouette de LEROY vient se placer juste en face de toi, recevant le coup à la place.


Tu ne comprends pas.
Ah si.
C'est pour la forme.
Silence.

T'entends pas trop ce qu'il dit, pour tout dire t'étais trop occupé à vouloir te calmer. D'un œil absent, tu regardes Alexandre parler à la dame avec assurance et professionnalisme. L'expérience acquit au cours des années, rien de très comparable avec ta performance. Et tu penses, tu penses aux lettres, tu penses à ton frère, sa disparition, son décès. Alors tu trembles, comme une adolescente peureuse, comme un enfant perdu, comme la proie chassée. Fébrile, fragile, tu agrippes d'une main le haut de ton uniforme. Respire, Roxanne, Respire. Tu lèves la tête, la dame n'était plus là, ça t'étonne qu'elle est pu aller si loin avec le tas de graisses qu'elle doit traîner. Ton regard se pose alors sur Alexandre.

Pendant une minute.

Pathétique. Pitoyable. Indigne de ton uniforme. Indigne de tes rêves.

T'écarquilles les yeux, surpris, il se tourne.

Avoir des bonnes notes à l’école n’excuse en rien l’attitude que tu viens d’avoir. Ce n’est pas parce que tu fais partie des meilleurs et que tu vises l’élite que tu en fais partie. Ce sont deux choses fondamentalement différentes. Et le décès de ton frère est encore moins une circonstance atténuante comme j’ai bien voulue le laisser entendre. Ahah, c’est ça qui te motive, Roxanne d’Alverny, la vengeance, l’égo’ ? Tu penses ça, au fond de toi, sur les gens que tu fréquentes ? Qu’il me fait chier, la grosse truie, le pédé à la voix fluette… ? Qui il insultait de pédé ? T'aurais dû te dire en temps normal. Mais il n'y avait rien de normal dans ses propos, tu laisses tomber ton bras le long de ton corps. Le fixant, tremblant presque comme une feuille, la bouche entrouverte laissant parfois échapper des bribes de mots, les yeux brillants ne lâchant pas une seconde Alexandre.

La rage.
La confusion.
La honte.
Le regret.

Tu veux hurler et il rigole.
C'est ça, vas'y moque-toi de lui.
Fait le descendre de son petit trône, fais toi plaisir.

Tu ne seras jamais C.M.E si tu n’affrontes pas ton propre passé. Et tu peux me détester ou me trouver abject de te dire ça, parce que la vérité c’est que ça m’est complètement égal. Tu pensais que j’allais te faire faire une sortie pédagogique ennuyante où je te demanderais de recracher ton cours par cœur comme une vache dont on va traire le lait ? Ce qui m’intéresse, ce sont tes faiblesses. Et je crois avoir mis le doigt sur celle qui te posera un énorme souci plus tard. Tu baisses la tête, le souffle saccadé, tu la relèves, la rage, la rage, la rage.


« Qu'est-ce que t'en sais hein ? Tu vois dans le futur ? T'as des visions c'est ça ? »

Tu t'approches, un peu, deux pas, levant la tête, défiant son regard.

« Ouais, je l'ai insulté de truie et alors ? C'est pas ça qui va m'empêcher de faire ce que je veux. Puis, elle l'a cherché, elle l'a cherché putain de merde. »

La voix, ton corps, tout tremble sous la colère, certes tu ne fais pas forcément très peur du haut de tes cent soixante-cinq centimètre, mais la rage est-là, au moins elle n'est pas hypocrite.

« Et parle pas de mon frère comme si tu savais tout, tu crois quoi ? C'est bon t'as lu trois quatre mots sur une feuille, tu sais tout de ma personne ?Me fait pas rire, me fait pas rire putain .... »

Une question se pose dans tes pensées. Venue de nulle part, elle brise tout : ton frère aurait réagis comme toi actuellement.Bordel, inspiration, expiration. Les genoux qui tremblent et qui s'effondre. Pardon, pardon, pardonpardonpardon, pardon à ton frère et à ce gamin que t'as abandonné, tu veux demander pardon à cette dame sans nom et sans importance, tu veux demander pardon au chasseur, sans succès. T'as le souffle quasiment coupé et presque soudainement tu te mets à chialer, comme t'as chialé y'a plus de dix ans quand t'as vu la lettre. Calme, respire, respire, respire.


Plic, ploc. C'est un début de pluie ou bien tes larmes qui tombent sur le sol ?

Tu sais pas, mais t'as l'air grave fragile en tout cas. Byebye, ta crédibilité et tes rêves. Faudra que tu t'excuses auprès d'Oz pour ça tiens ... Puis merde.

Il doit bien se foutre de ta gueule, hein ? Qu'il aille se faire foutre.
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MessageSujet: Re: Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.   17.05.15 13:46


Une Question de Pouvoirs.
{Fe Roxanne}.





Je ne pus m’empêcher d’éprouver de la pitié pour ce garçon éploré face à moi, qui faisait passer toute sa rage et toute sa haine ; sa propre haine, tournée vers lui-même, à l’endroit de la seule personne qui se trouvait face à lui. Je le fixais droit dans les yeux, je le considérais, je l’observais, la mine fermée, sourire absent, regard sévère, à la fois ferme, le moins compatissant du monde. Il me dégoûtait. Un autre morveux incapable de maîtriser ses nerfs. Un autre morveux qui voulait souiller le grade qu’il prétendait avoir. Cela me révulsait, et j’en éprouvais qu’un vide émotionnel témoin de mon manque d’empathie à l’égard d’autrui. Parce que tandis qu’il s’effondrait lui-même sans que je prenne la peine de répondre, tandis qu’il faisait les questions et les réponses, qu’il s’agitait tel un roquet, je restais immobile et sans rien dire. Le regard plongé dans le sien.

Pathétique.
Pitoyable.
Indigne de son uniforme.
Indigne de ses rêves.

Cela me paraissait évident. Mon flegme était tel – je venais de me prendre un coup à sa place – que je conservais cette attitude digne et haute propre à tous les grands hommes. Puis j’entendis sa voix se briser dans un accordéon. Il s’effondre à ses pieds. Il fuit mon regard. Et moi, je le poursuivis des yeux. Je baissai mes pupilles pour le voir pleurant non loin de mes tibias. J’eus envie de lui donner un coup de pied, mais je devais tout de même réprimer mes accès de violence. Au lieu de cela, je le laissai pleurer. Après tout, il y avait bien des choses qu’il devait évacuer. Il ne pleuvait pas encore, du moins, à très fine goutte. Cela ne me perturbait pas. Et j’étais là, moi, C.M.E, à m’occuper d’un gamin.

« Qu’est-ce que je disais… » Fis-je avec le moins d’empathie du monde, avec une voix presque méprisante.

Je plis mes jambes, sans pour autant poser mes genoux à terre. J’étais à quelques mètres de lui. J’approchai ma main de son menton, et je lui relevai la tête, tout doucement, comme si je maniais un vase extrêmement précieux.

« Tu cries ta souffrance et tu hurles ta douleur au monde, mais personne ne t’écoute. Tout le monde s’en fout. ». Ma voix resta calme et monotone. J'aurais pu lui demander le temps avec la même intonation.

Je plantai mes orbites dans les siennes, je relâchai la pression de ma main sur son visage et je me relevai, avec toujours la même condescendance, toujours le même dédain supérieur face à un être que je considérais comme inférieur. Je passai une main dans mes cheveux. Je venais de faire preuve d’une cruauté exemplaire, et cela pouvait m’attirer des ennuis. Il me fallait tempérer mon propos, lui faire admettre une toute autre vérité sans prendre le risque de le froisser. Je ne devais pas ; oui, je ne devais pas m’attirer son courroux sans raisons particulières. Je devais lui apprendre ce que j’ai toujours appris : la violence, la solitude, la mort. Ce sont les tributs du C.M.E.

« Tu détiens les clefs de la vie et de la mort. Si je t’ai mis hors d’état de nuire en quelques minutes, comment vas-tu faire face aux montres ? »

Je me mis à tourner autour de lui. Je l’encerclai, de manière pesante, tournant autour de cette petite victime de l’Académie Dandelion. « Tu veux parler de courage, Roxanne d’Alverny ? Parce que hurler sa douleur au monde entier et chialer sur les godasses d’un Chasseur d’Élite, c’est donné à tout le monde.  Le vrai courage, c’est fermer sa gueule, endurer la souffrance quand les enjeux sont si grands, et tu en es foutrement incapable. Tu continues d’entretenir un culte morbide avec ton frère, tu n’as toujours pas accepté sa mort… » Je m’arrêtai. Je m’approchai. « Alors… »

Je le pris par l’arrière de son col et je le poussai par terre à l’aide de mes bras. Je ne l’avais pas frappé, je m’étais contenté de lui faire perdre l’équilibre pour mettre de la distance entre-nous. Pour qu’il se relève. Je faisais quelque chose de très risqué. Soit j’allais le traumatiser définitivement, soit il allait se plaindre, soit j’allais l’aider. Au fond, je m’en foutais, et je le ferais passer pour un gamin délirant, mais j’espérais vraiment qu’il saisirait la chance que je m’apprêtais à lui offrir.

« Allez. Relève-toi. Frappe-moi. Fais sortir ta colère. Ton frère n’était qu’un fils de pute de toute façon. ».

Roxanne d’Alverny, c’est maintenant qu’on va savoir si tu as vraiment l’étoffe d’un C.M.E, et si tu veux vraiment apprendre.
La véritable leçon a commencé. Et j’espère qu’elle t’apportera quelque chose, parce que j’aurais aimé qu’on me parle comme ça à l’époque.

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MessageSujet: Re: Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.   17.05.15 16:16

alexandre ft. roxanne
to cry ; to die
baddump, baddump, baddump.

Inspiration, expiration, inspiration, expiration. Tu te donnes en spectacle de manière follement incroyable. Tu fais peine à voir, à chialer sur le sol, mais ton esprit est trop embrumé pour penser quoique ce soit. Ton frère, ton frère, ton frère, le gamin qui pleure, ton frère, ton frère, les lettres, ton frère, ton frère, ton frère. Que ce capharnaüm s'arrête. Qu’est-ce que je disais… Ta mère, ta gueule, va niquer autre part, tu voulais crier. Rien ne sort à part quelques toussotement étouffé. Ton regard reste fixé au sol, trouvant quelque chose d'intéressant au goudron - t'as un sérieux problème avec le goudron je crois.

Tu l'entends alors se baisser, tu bouges toujours pas, alors tu sens une main se poser sous ton menton. Tu frisonnes sous la surprise. Quelques secondes plus tard - ça t'a parut étrangement long - tu te retrouves face à lui, ne pouvant pas fuir son regard, tu le fixes droit dans les yeux. Tu cries ta souffrance et tu hurles ta douleur au monde, mais personne ne t’écoute. Tout le monde s’en fout. Choc. Ton cœur et tes dents se serrent, dans un geste nerveux tu frottes tes poings aux sols, ça fait mal, tu t'en fiches. LEROY reste calme, calme, trop calme putain de bordel de merde. Mais au fond, tu l'avoues, il avait raison. Tout le monde s'en fout de toi, de toute façon, tu n'as pas vraiment d'ami, hein. Qu'est-ce que tu t'en fous, de base, tu penses dans un rire inaudible. Sa main se retire, ton visage retombe dans un mouvement dépourvu de vie, tes pupilles noires croisent de nouveau le sol.

Tu détiens les clefs de la vie et de la mort. Si je t’ai mis hors d’état de nuire en quelques minutes, comment vas-tu faire face aux montres ? Parce que les monstres seront au courant que ton frère est mort au combat. Ah d'accord. Tu comprends pas, pour pas changer. Il tourne autour de toi, ça te stresse. Tu veux parler de courage, Roxanne d’Alverny ? Parce que hurler sa douleur au monde entier et chialer sur les godasses d’un Chasseur d’Élite, c’est donné à tout le monde. Le vrai courage, c’est fermer sa gueule, endurer la souffrance quand les enjeux sont si grands, et tu en es foutrement incapable. Tu continues d’entretenir un culte morbide avec ton frère, tu n’as toujours pas accepté sa mort… Ta gueule, pitié qu'il arrête, tu penses pas à rendre tout ce qui t'entoure silencieux, t'es trop secoué par ses propos pour ça. Tout se bouscule, tu sens que ta conscience s'engouffre dans tout cet amas dégueulasse de rage, rancœur et de regrets. Alors… Alors quoi ? Alors tu tombes par terre. Il t'a tiré par derrière le col le con, ton crâne rencontre le sol. Je crie au déjà-vu.

Allez. Relève-toi. Frappe-moi. Fais sortir ta colère. Ton frère n’était qu’un fils de pute de toute façon. Pardon ? Tu crois avoir mal entendu là. Fébrile, tu te relèves. Roxanne n'est plus là, il est remplacé par une rage ridicule, tu fonces sur lui, le poussant - le renversant - le souffle erratique, tu lui assènes un coup de poing à la mâchoire. Et tu t'arrêtes. Anormalement essoufflé, toujours entrain de pleurer, tu fais peine à voir, toi, là, assit sur son ventre.


« Ta gueule, ta gueule, ta gueule ! »

Silence. Inspiration, expiration, inspiration, expiration.

« Peut-être qu'il était un fils de pute, mais toi, dans ce domaine, t'es le pire que j'ai pû voir. »

Parce que ouais, il était limite pire qu'Oz là. Tu lui redonnes un coup, ils ne devaient pas faire bien mal vu ton gabarit - en plus d'être petit t'es pas bien musclé. Tu te relèves, reculant, hésitant, calme, calme, calme, calme. Tu souffles, calme, calme, calme. Tu veux le frapper, tu veux le frapper, mais quelque chose t'empêche, quoi ? Qu'est-ce que je sais, t'as les larmes qui coulent t'as l'air d'un gosse, un gosse qui est censé avoir vingt ans.

« Ta gueule, ta gueule, ta gueule ! »

Vas'y, c'est ça, pleure, chiale, laisse allé ta colère comme il le dit. Sauf que ta colère ne voulait pas le frapper apparemment.

« Je gagne quedal à faire ça de toute façon. »

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Une Question de Pouvoirs. {Fe Roxanne}.

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